R2 + R'2) (S* + S'2) — (RS 4- R'S')2 = (RS' — R'S
Donc
P = R2 -t- R'2 Q = RS + R'S'.
Le calcul de la fraction continuelle complète est ainsi ramené à
celui de sa première moitié. On est d'ailleurs averti qu'on est ar-
■p rivé à la réduite g par l'égalité R^ 4- R'* = P.
'1) Ster», J. /•. a. Ai., t. 53 (1857).
FRACTIONS COISTIIHUELLES
Remarque. — Ceci prouve que tout diviseur P d'un entier de la forme Q^ -+- i est une somme de deux carrés premiers entre eux et donne le moyen de calculer ces deux carrés (i).
Exemple. — Soit Q=i2a et P=ii45 qui est diviseur de
(i2iY -H I. Si on réduit — ^ en fraction continuelle voici le com-
mencement de l'opération avec les réduites correspondantes ii45
Comme (aS)^ + (19)2 = 1 1^5 on est arrivé au milieu du développement et l'on a
Supposons maintenant e := — i, c'est-à-dire que la fonction a un nombre impair d'éléments
Oo
Posons
am-i ~ S'
On a
et
a^+iRS + RS' -I- R'S
Les deux termes de cette expression sont premiers entre eux
(*) Tout entier n'est pas une somme de deux carrés. Il est évident, par exemple, que tout entier ^ 3 (mod. 4) n'est pas une somme de deux carrés. Voir le chapitre xiv.
parce qu'un facteur premier du dénominateur ne peut diviser ni l'un ni l'autre des deux facteurs R et a,„-|-iR -f- 2R' du numérateur. En effet, d'une part un facteur premier commun à R et à
a^+iRS -f RS' -h R'S
diviserait R'S, ce qui est impossible car R est premier à R' et à S ; d'autre part un facteur commun à
a,„+iR -+■ 2R' et a„+,RS -h RS' + R'S diviserait
(a^ + ,R 4- 2R')S — (a,„+.RS ■+- RS' 4- RS)
ou R'S — RS' c'est-à-dire ± 1 . Donc
P = R(a„.+,R -h aR')
Q = a„+,RS + RS'-f-R'S.
On est d'ailleurs averti qu'on est arrivé à l'élément a„j.i quand P = R(a„+.R + 2R').
94. Fractions continuelles généralisées. — Nous appellerons ainsi les expressions de la forme :
Oj
que nous écrirons
flo -+-
Une telle expression peut se ramener à une fraction continuelle non généralisée, car on peut écrire :
Oi
as -+-
Ma „
Mais on a quelquefois avantage à calculer sur la première forme.
FRACTIONS CONTINUELLES lyS
95. Réduites. — On appelle réduites de la fraction continuelle généralisée (3) les expressions
, bi b, \ b^
Oi a, -h I Og
mises sous forme du quotient de deux polynômes entiers par rapport aux a et aux 6. On trouve
Po
an = ff ^"^ posant Po = Oo Qo
En posant
Qo
6 P a^ -[- — = ~ en posant Pj = a^ai -h 6i Qi = oi.
Ol
on voit que les expressions P/. et Qa se calculent de proche en proche par les formules
,. , { Pfc+i == Ofc+jPfc -^ ^a+iPa-i
^^^ ( Qfc+i==aA+iPfc + 6,+,QA...
La démonstration est analogue à celle du n° 85. On peut d'ailleurs supposer deux réduites :
Ld-' et P-^-°.
P P Alors les formules (4) s'appliquent aussi à q-" et ^ en supposant
bo = i.
En posant
Pa = P(ao ', bi,ai; b^, a.2; ... 6^, a^) on a :
Qk = P(ai; 62. «2; ... bk,ak).
Généralisation du théorème du «"85. — On a :
P(ao; 61, Oi ; ... 6a, a*) = ^{ak\ b^, a^i; ...; 61, ao).
Généralisation des relations (/i). — On a :
Pa: = ^{<^k'f bk, Ok-lt ... 6/.— r4-2> aA r+l)Pfc-r +
bic-r+iP{<ik', b/c, aA i ; ... b;c f.+3> Oic r+i)^k-r-i
\']lx THÉORIE UES NOMBRES
«t la même relation où P;^, P^.^, P^-r-i sont remplacés par
Q*t Qfc-rt Qfe— r— !•
Généralisation des relations des n"" 86. — On a : P*Q;^-i - Pk-rQk = (- i)''-%b, ... 6, «t, plus généralement :
P^Qt-A — Pft-;iQA =
{—ly-'^bibz ... bk h+iP{ak', h,ak-i; -.-bk-h+Sfah-k+i)-
Généralisation des relations du n° 88. — On a :
Qa ' ^ fe.
\ik-i Oa—, -
b, ai
Nous laissons au lecteur le soin de trouver les démonstrations de toutes ces formules, analogues à celles données pour les fractions continuelles non généralisées.
96. Fractions continuelles ordinaires illimitées Développement des nombres irrationnels. — Soit un nombre irrationnel s. Le procédé du n" 84 s'y applique. On peut extraire le plus grand entier contenu dans ce nombre, soit ao, puis poser
« = ao H- - (si > i);
extraire le plus grand entier contenu dans Si, etc. Seulement, ici, cette suite de calculs ne s'arrêtera pas, car si elle s'arrêtait, s serait égal à la fraction obtenue définitivement, c'est-à-dire à un nombre rationnel.
Un nombre irrationnel ne donne naissance qu'à un seul développement en fraction continuelle ordinaire. — On le voit comme pour le nombre rationnel.
Remarque. — Dans tout ce qui va suivre il ne s'agira que de fractions continuelles ordinaires. Nous pourrons supprimer l'épithète (( ordinaire » sans inconvénient.
Théorème. — Supposons qu'en partant d'un nombre irrationnel
FRACTIONS CONTINUELLES
^ on obtienne par le procédé précédent le développement illimité
flî
Pn
La réduite 7^ de ce développement tend vers s lorsque n augmente
Vn
indéfiniment.
En effet on a
ai +
Pn^n-fl
OU
QnSn+1 -hQn-1
On en déduit
Pn PnS„+i + Pn-1 Pn (-Q"
* Q„ "" Qn«n+1 H- Qn-1 ^n QnCQnSn+l+Qn-l)
Or Q„, Q„i, *n+i sont positifs. De plus Q„ et Q„, croissent indé-
P Pn
finiment. Donc s — (^ tend vers zéro. Donc ç^ tend vers s. C'est €e que l'on exprime en écrivant :
s = Oo H-
ai H- I ûi -H P,
On
il«/rd expression de s — q^ . — On a :
Pn+lSn-t-2 ~>~ Pn
Qn+lSn+2 -+■ Qn
d'où
s Pn Pn+lSn4.2 + Pn Pn (— l)"gnf g
Qn Qn+lSn + 2-i- Qn Qn Qn(Qn+lSn+2 + Qn) "
Limites de l'erreur s —
Qn
On a trouvé
" ~ Qn ■" Qn(QnSn+l H" Qn i)
On voit d'abord qu'elle est du signe de ( — i)«. Ensuite à cause de
On+i < Sn-fl < «n+1 H" I
on a :
Qn[Qn(a„+t -h I) + Q„i] < I '" K Q„(Q„a„+i -f- Q„0
I'j6 THÉORIE DES NOMBRES
OU
Qn(Qn+l-hQn)^' "'^QnQn+l'
La seconde de ces inégalités nous servira souvent. Elle donne les deux suivantes : ^
hn l< Q2-
Le résultat (5) joint à ce fait que în est de signe de ( — i)" peut encore s'énoncer autrement. Il exprime en effet que s est compris entre
Q„ Qn ^ Qn(Q„ -+ Qn l)
Or l'on a
P" u (-0" P? PnQn-l - Pn-lQn ^ Pn + ]P„-i
On Q«(Q„ + Q«-.) " Qn Q.(Qn -+- Q„.) Q„-t-Qn-i Ainsi s esf compris entre
Qn Qn+Q«-,*
97. Réciproque des théorèmes précédents. — Donnonsnous maintenant une fraction continuelle illimitée
les éléments sont tous des entiers et, de plus, tous positifs à partir de ai.
1° Les réduites successives de ce développement convergent vers une limites; i° si l'on applique à s le procédé du n° 96 on retrouve le développement dont on est parti.
i" Soit fY 1^ réduite d'ordre n. Ecrivons :
P=-Po4-/Pi Po\ . /P'i PA , , /P" P!?=i\
Qo QoQi QiQa " Qn-iQn
FRACTIONS CONTINUELLES I77
La série illimitée
Pn 1 I
Qo ^ QoQi QtQ. ^ -
est donc telle que la somme de ses /i H- i premiers termes est
égale à Ty", on l'appelle la série équivalente à la fraction continuelle.
La question revient à montrer que cette série est convergente. Or
les Q étant tous positifs c'est (à partir au moins du second terme
une série alternée. De plus les Q étant des entiers croissants, le
terme général décroît constamment et tend vers zéro. La série est
donc convergente. Appelons s sa somme.
L'erreur commise en prenant ^ pour valeur de s est du même
signe et plus petite en valeur absolue que le premier terme négligé qui est A. p. . On en déduit comme plus haut :
^ VnVn+l '
Qn
Qn(Q„-f-Q«-,)
et
p p I p On en déduit aussi que s est compris entre ^~ et p~ rr^'
Reste à démontrer la seconde partie du théorème, c'est ce que nous ferons tout à l'heure (n° 99).
98. Comparaison de deux nombres définis par des fractions continuelles, limités ou non. — Soit
Comparons les premiers éléments. Supposons d'abord Uo <. 0,0 • Alors
s < flo -h 1 < flo' < s' •
Donc
Caue». — Ihéorie des nombres, II. la
I'78 THÉORIB DES NOMBRES
De même si
ÛQ > Oo' on & s >• s'.
Supposons maintenant ao = ao. Comparons a, et a/. Supposons
oi < a/.
Alors
Si < Si'
et, par suite,
s = «0 -f- 7 > Oo -+- 77 > «'•
Si Si
Donc
et ainsi de suite. La règle est la suivante : Si l'on a
Oo = aj ùo = a/ ... a„i = a'„i et a„ < a/
on a
s <Cs' si n est pair « > «' si a est impair.
Exemples :
Cette règle ne s'applique pas si les développements ont leurs n premiers éléments communs, l'un d'eux étant limité à ces n éléments, l'autre en ayant plus de n ou étant illimité. On voit facilement que dans le cas le premier nombre est plus grand ou plus petit que le second suivant que n est impair ou pair. Pour pouvoir appliquer tout de même la règle dans ce cas, il suffit de supposer dans le premier développement un (n -h i)"™* élément que l'on pourra représenter par le signe 00 et que l*on supposera supérieur à tout nombre.
99. Théorîime. — Si un nombre s est compris entre deux nombres s' et s" et si les développements en fraction continuelle de
s' et s" ont leurs n + i premiers éléments communs, ces n ments appartiennent aussi au développement de s.
I élé-
FRACTIONS CONTINUELLES
En effet soit
an
s = bo -h
Si l'on avait on aurait si à est pair
k-i = Oa-i h > Oft (A < n)
>si
et
s > Si
si h est impair
s <; Si el s <C «2
ce qui est contraire à l'hypothèse. De même si 6/, •< a^. Théorème. — Soit une fraction continuelle ao
et
an nombre s compris entre p~ et p." ^"~- . Dans ces conditions
tes n -h 1 premiers éléments du développement de s en fraction continuelle sont a^, ai, ... On.
En effet
^=^ = Oo -h —
et
Pn H- Pn-i Qn -h Q„l
Ot -h
Donc, d'après le théorème précédent, les n + i premiers éléments du développement de s sont ao, ai, ... a„.
Application. — Démonstration de la seconde partie du théorème
du n° 97. On a vu à la suite de la démonstration de la première par-
P P -f- P tie de ce théorème que s est compris entre ^p et t^^ rr^- Donc
les n -\- I premiers éléments du développement de s sont ao, ai, ... an) et comme cela est vrai quel que soit n, le développement de s est bien
oo
Ol
»8o THÉORIE DES NOMBRES