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CIIAP. VI. — CHALEUR ET MASSE CHIMIQUE DES ÉLÉMENTS

SOUS (SS'"'"). Eli d'autres termes, la contraction que l'on observe dans la formation d'un sel, au moyen de l'acide et de la base étendus, est plus gi'ande de 28"' environ, pour le sel ammoniacal dissous que pour le sel potassique correspondant. Or, la chaleur dégagée par la substitution de la potasse dissoute à l'ammoniaciue dissoute, dans un sel ammoniacal dissous, s'élève à + i^^^So environ.

La substitution théorique de la potasse à l'ammoniaque dans un sel dissous, opérée à température constante, i)roduit donc à la fois un dégagement de chaleur et une dilatation, c'est-à-dire deux effets physiques que l'on a coutume de regarder comme opposés l'un à l'autre.

Toutes ces circonstances se retrouvent, aux valeurs numériques près, dans la formation comparée des sels de soude et des sels d'ammoniaque.

Elles montrent comment on passe par des travaux successifs, soit dans l'état solide, soit dans l'état dissous, depuis l'état moléculaire du gaz ammoniac, AzIP, qui appartient à un type bien différent de celui de l'hydrate de potasse, KHO, jusqu'à l'état moléculaire du chlorhydrate, (AzIP) Cl, ou de l'azotate d'ammoniaque, AzO^(Azir'); ces derniers appartenant au contraire au même type ([ue le chlorure, KCI, ou l'azotate, AzO^K, de potassium.

6. La formation des composés explosifs donne lieu à la fois à des absorptions de chaleur et à des contractions très fortes à partir de leurs éléments, ou des produits de leur décomposition : ce qui est en contradiction formelle avec les énoncés de la page 264.

Ainsi, j'ai montré que le nitrate de méthyle liquide, dont la densité est égale à i , 182, se décompose, avec un très grand dégagement de chaleur, soit i43i'^'''i pour 1^% à la pression normale, ou -i-ioy^'^\y pour i molécule ; chiffre qui serait accru si les gaz étaient plus condensés. Or il donne par là naissance à de l'acide carbonique, de l'azote, de l'oxyde de carbone et de l'eau, corps dont la densité sous forme liquide (ou le covolume), même aux plus basses températures, demeure voisin de l'unité. Le volume des produits (77" environ), supposés ramenés à la densité i, est donc, en tous cas, supérieur à celui du nitrate de méthyle (65'^'^). La transformalion inverse répondrait dès lors à une forte contraction, acconq)agnée d'une absorption de chaleur considérable.

Soit maintenant l'eau oxygénée, se décomposant en eau et oxygène. La densité de l'eau oxygénée étant 1,452, celle de l'eau 1,0 et celle de l'oxygène liquide 0,9, d'après Wroblewsky. En admet-

tant le mémo chilTre pour l'hydrogène, le volume moléculaire des produits serait voisin de 38% celui du composé étant 23,4; c'està-dire que la décomposition donne lieu à la fois à un dégagement de chaleur {-[-21^^^, j pour une molécule environ, l'oxygène étant gazeux, à la pression normale, et dès lors davantage pour l'oxygène condensé) et à une dilatation de 62 centièmes du volume initiaidilatation qu'aucune pression réalisahle ne saurait compenser.

Soit encore le fulminate de mercure. Sa densité étant 4>43, son volume moléculaire égale io9"S7. Or le volume des produits de sa décomposition (mercure liquide, oxyde de carbone et azote, le covolume de ces derniers étant supposé répondre à la densité i) serait 1 13'=%3 : il y aurait donc dilatation de 3 centièmes. La chaleur dégagée par la décomposition d'une molécule est égale à 11/4^'', 5, sous la pression normale, et elle serait plus forte, si l'oxyde de carbone était plus condensé. C'est la grande densité du corps primitif et cette dilatation, jointes à la chaleur considérable dégagée et à la vitesse de détonation, qui expliquent le caractère brisant du fulminate de mercure, ainsi que la façon dont les gaz produits j)ar son explosion laissent sur les métaux les plus durs des empreintes, tracées comme au burin. J'ai insisté ailleurs sur ces points et montré comment ils rendent compte des propriétés de détonateur, si caractéristiques dans le fulminate de mercure ('). En tout cas, nous avons ici à la fois chaleur dégagée et contraction.

Soit enfin l'azotate d'ammoniaque. Sa densité étant 1,74, son volume moléculaire sera 46", 8. Or la décomposition d'une molécule en azote, oxygène et eau liquide dégage h-5o'^"'^i, sous la pression normale; chiffre qui serait accru si les gaz étaient ramenés au covolume qui répondrait à la densité i. Le volume des produits condensés étant environ 80, il y aurait dilatation de 71 centièmes, par le fait de l'explosion.

Les relations que je signale en ce moment sont d'autant plus intéressantes, je le répète, qu'elles s'appliquent à des composés explosifs; c'est-à-dire tels que leur régénération au moyen des produits de décomposition exigerait une absorption de chaleur considérable. Cependant une semblable formation donne lieu à des contractions de volume énormes, contractions non moins fortes que celles qui répondent aux combinaisons exothermiques les mieux caractérisées.

C'est là un résultat d'une grande importance et qui contredit la

( ' ) Sur la force des matières explosives, t. I, p. 92 ; t. II, p. 2Ô8 et passim.

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