Soient cinq molécules condensées en deux
Tel est le gaz des marais : en fait il possède une chaleur spécifique moindre que ces valeurs théoriques, tant à pression constante (9, 5) qu'à volume constant (7, 5). Mais les chiffres relatifs au gaz des marais croîtraient, sans aucun doute, avec la température : ce qui donne lieu à des observations analogues à celles qui ont été faites plus haut, pour d'autres rapports de condensation.
Ajoutons même que l'accroissement de C avec la température a été constaté pour le chloroforme gazeux, composé dont la constitution est comparable à celle du gaz des marais, dont il dérive par substitution. Le chloroforme possède en outre une chaleur spécifique à pression constante supérieure au chiffre théorique. La variation de cette quantité est telle que sa valeur surpasse, à partir de 5o°, la somme (17,0) des chaleurs spécifiques théoriques des éléments. Ce n'est pas tout : le chloroforme possède une chaleur spécifique élémentaire double de celle du formône, dans les mêmes conditions de température, malgré l'analogie de constitution chimique des deux corps. Mais on pourrait invoquer ici la dislocation progressive de la molécule, le chloroforme se décomposant à des températures plus basses que le formène.
Les chaleurs spécifiques gazeuses des chlorures de silicium, d'étain, de titane, composés qui se rapportent au même ordre de condensation, surpassent également la somme théorique de celles de leurs éléments, supposés gazeux. Leur stabilité est d'ailleurs plus considérable que celle du chloroforme, et même du formène.
Observons ici que les composés chlorés ont quelque chose de particulier, sous le rapport des chaleurs spécifiques gazeuses: circonstance qui paraît liée à l'existence, parmi leurs éléments, du chlore, et à l'anomalie de sa chaleur spécifique.