CIIAP. V. — COMPOSÉS ORGANIQUES AZOTÉS. 7II
alcools déjà étudiés, soit — Sa*-'' en nioyeiiiie : mais il est inférieur à celui des alcools changés en aminés (—42 en moyenne).
2° Entre l'acide aspartique et son amide, l'asparagine, l'écart est — 26*-"',8; tandis que pour les amides des acides étudiés on a trouvé une valeur voisine de — 4o; pour l'acide oxamique, on a obtenu seulement — 34,o. L'écart relatif à l'acide aspartique et à l'asparagine est ici inverse du précédent, c'est-à-dire de l'écart entre l'acide mali(pie et l'acide aspartique : comme si la formation de l'aminé avait absorbé un i)eu plus de chaleur que son chiffre théorique normal, tandis que la formation consécutive de l'amide, par compensation, absorberait un peu moins de chaleur. On reviendi a tout à l'heure sur ce point.
3" Entre l'acide succinique et l'acide asi)artique, la différence, (' — Ai = H-2, 1, est de même signe que pour les acides amidoacétique et analogues, mais plus faible.
4" On n'a pas mesuré la chaleur de formation de l'aspartate d'ammoniaque : ce qui ne permet pas de la comparer à l'asparagine. Observons seulement que le changement du système initial
Acide maliquo sol. h- AzIP gaz,
dans le système final
Acide aspartique sol. -+- IPO gaz, dégagerait environ -1-8'"»'
chiffre un j)eu inférieur à celui des amines-acides monobasiques (-hi4 en moyenne).
D'autre part, la transformation du système initial
Acide aspartique sol. h- AzIP gaz,
dans le système final
Asparaginc sol. -i- IPO gaz, dégagerait -j-ig^»'
valeur sensiblement plus forte que celle relative à l'acide oxamique (-hii,8).
Cependant la somme des deux transformations, soit +2^^-^^ au lieu de 26^^"', demeure à peu près la môme.
5" Cette observation confirme une remarque déjà fiiite plus haut, à savoir que la coïncidence des deux fonctions acide et aminé, dans une môme molécule, tend à les atténuer toutes les deux.
C'est ce que vérifie encore l'étude des chaleurs de neutralisation de l'acide aspartique et de l'asparagine.
En elTel, Facide asj)arli(|ue, ljibasi(iLie et monoalcool, développe, à l'état dissous :
xVvec un premier NaOII.
Avec un (Icuxicnie NaOIl
valeurs bien plus faibles que les chaleurs de neutralisation des acides normaux. Par compensation, l'acide asparlique se combine aussi avec les acides; mais ces composés, peu stables, doivent être formés avec de faibles dégagements de chaleur : dégagements non mesurés d'ailleurs; mais on peut en avoir quelque idée par ce qui suit. En effet, l asparagine, aminé et acide monobasique, mise en présence de l'acide chlorhydrique, à l'état dissous, dégage seulement + iC'',8; ce qui concorde avec les indications précédentes.
Les dérivés des amines-acides sont très nombreux, en raison de la double fonction des générateurs. Elles forment, en effet : Des sels par l'union des acides;
Des sels par l'union des bases; il vient d'en être dit quelques mots ;
Des éthers dérivés de la fonction acide et de la fonction alcoolique;
Des éthers cblorhj'driques, notamment des chlorures acides;
Des amides secondaires et des aminés, dérivés de l'union des acides-amines avec l'ammoniaque (ou les autres aminés), selon que cette réaction porte sur la fonction acide ou sur la fonction aminé;
Des amides secondaires, dérivés de l'union des acides-amines, envisages comme aminés, avec d'autres acides, etc.
Il y a là un vaste champ ouvert aux recherches thermochimiques. Les seuls composés pour lesquels nous possédions quelques données thermiques sont un amide dérivé de l'acide henzoïque et de la glycolaminc, l'acide hippurique, deux acides-amines dérivés de l'union de l'acide glycollique avec la giycollamine, et les nitriles spéciaux qui en dérivent. Ces faits sont trop peu nombreux pour que l'on puisse essayer d'en tirer quelque loi générale.