I. — Notions générales
1. C'est une question fort essentielle que celle du travail développé dans la transformation réciproque des composés de l'azote,
CllAP. V. — COMPOSÉS ORGANIQUES AZOTÉS. y l3
unis à un mémo radical, et du rapport qui existe entre ce travail et celui (le la transformation réciproque des comî)osés binaires de l'azote, les uns dans les autres. Pour nous borner à un seul exemple, les composés diazoïques résultent, en principe, de l'union de deux composés différents de l'azote, associés en une molécule unique, par exemple, l'acide azoteux et l'ammoniaque; cette réunion s'accomplit avec élimination d'eau. Mais la chaleur dégagée ne répond pas à la formation de l'eau par ses éléments et elle lui est généralement très inférieure ; môme en tenant compte de la première perte d'énergie, qui a eu lieu lors de l'union de rbydrogène avec l'azote et de l'oxygène avec ce même azote, envisagées séparément. De là résulte une accumulation d'énergie, qui rend explosifs l'azotite d'ammoniaque et généralement les composés diazoïques, dérivés à la fois de l'ammoniaque et de l'acide azoteux. J'ai développé cette théorie par de nombreuses expériences, dans mes recherches sur la force des composés explosifs : elle explique très bien les caractères du diazobenzol et de ses dérivés, et, d'une façon plus générale, l'instabilité qui caractérise les composés diazoïques : telle est précisément la raison thermique qui les rend si précieux dans les synthèses et transformations de toute nature. Mais, pour silivre la théorie dans le détail et rendre compte des séries particulières de métamorphoses, il faudrait posséder une multitude de données thermochimiques qui nous manquent. A défaut de ces données complètes dans les Tableaux du Tome II, on a transcrit les quelques chiffres, malheureusement isolés, que nous possédons, afin de fournir une première direction aux savants qui voudraient s'engager dans ces intéressantes et fructueuses investigations.
•2. Il conviendrait de retracer ici le Tableau des transformations réciproques des composés binaires de l'azote, soit par l'hydrogène, soit par l'oxygène, et de le comparer avec les transformations parallèles de leurs dérivés organiques. L'état de nos connaissances ne permettant pas d'écrire un semblable Tableau, même pour les composés binaires eux-mêmes, isolés de tout dissolvant, je me bornerai à en envisager certains termes, pour lesquels nous possédons les éléments d'une comparaison.