CHAPITRE V
SUR QUELQUES FORiMULES GÉNÉRALES QUI EXPRIMENT LES RAPPORTS ENTRE LES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES CORPS ET LEUR COMPO- SITION CHIMIQUE.
En général, les variations d'une fonction tendent à devenir proportionnelles aux variations de la variaiile dont elle dépend, toutes les fois que ces variations sont très petites. Cet énoncé résulte du théorème de Taylor. En d'autres termes, si la valeur numérique d'une fonction quelconque de la variable t, par exemple, est exprimée par un développement en série
et si les variations de t sont petites, la variation de la fonction tend à se réduire à une expression du premier degré, qui est celle de sa dérivée
df — h dt.
Cette expression suffit entre des limites assez étendues, toutes les fois que l'une des variables exerce une influence prépondérante; même lorsque la fonction dépend, comme il arrive d'ordinaire dans les Sciences naturelles, de plusieurs variables.
Une multitude de lois physiques et chimiques approximatives ne sont autre chose que les traductions spécialisées de l'énoncé précédent. Si elles ne définissent pas la nature de la fonction fondamentale, elles rendent cependant de grands services dans la prévision des propriétés des corps et dans une multitude d'autres applications.
Telles sont notamment les lois concernant les propriétés qui dépendent des masses relatives des corps comparés, et qui expriment les changements et travaux accomplis dans l'acte de la combinaison, lorsque l'on compare une série de corps similaires. Ces lois se présentent particulièrement dans le cas où les transformations ^' ~ i3
IQ/i PREMIÈRE PARTIE. — CHIMIE GÉNÉRALE.
lépontlcnt à des quanlilés de chaleur, c'est-à-dire à des travaux moléculaires, peu considérables (*)•
Je citerai, par exemi)le, les cbangements de volume ; le volume moléculaire des composés, pris à l'état solide et même à l'état liquide, étant voisin de la somme de ses composants, lorsque la quantité de cbaleur dégagée est très faible. Dans ce cas, les variations du volume tendent souvent à demeurer p.roportionnelles a cette quantité de chaleur.
Les pouvoirs réfringents spécifiques des liquides obéissent a la
même relation.
Les changements de points d'ébuUilion croissent proportionnellement dans les corps homologues, formés les uns au moyen des autres avec des dégagements de chaleur peu considérables, et, en général, dans toute série de corps formés en vertu d'une môme équation collective.
Durant le cours du présent Ouvrage, nous rencontrerons un grand nombre de relations analogues, et il sera facile à chacun de Tes multiplier, en établissant des rapprochements nouveaux. Voilà pourquoi il a paru utile de signaler d'abord le principe général qui préside à toutes ces relations.
(«) Sur les propriétés physiques des corps conjugués {Ann. de Chim. et de Phjrs., .3" série, t. XLVIII, p. 822; i85G).