‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 23 sur 150 · PS · texte numérisé non relu

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248 CHAPITHE XXII

111. Méthode d'inversion. — Par Tinversion le saccharose se dédouble en dextrose et lévulose avec fixation d'une molécule d'eau ; ce mélang'o de dextrose et de lévulose porte le nom de sucre inverti.

dextrose lévulose.

Au point de vue chimique le sucre inverti présente toutes les propriétés de ses deux constituants, notamment celle de réduire la solution alcaline de cuivre.

Au point de vue optique la rotation g'auche très élevée du lévulose ne compense pas seulement la rotation droite beaucoup plus faible du dextrose mais elle domine dans les conditions habituelles et le mélangée est lévogyre. La valeur de la rotation n'est pas constante (cela est dâ au lévulose); elle augmente avec la concentration et diminue avec la température. La présence d'alcool ou d*acétate de plomb fait varier considérablement le pouvoir rotatoire des solutions aqueuses du sucre inverti. Il faudra donc éviter Taddition de ces deux substances dans les solutions que l'on aura à examiner.

Pour doser le sucre inverti on utilisera, suivant les circonstances, son pouvoir rotatoire ou son action réductrice sur la liqueur alcaline de cuivre, et il est facile de comprendre que Ton peut doser le saccharose par ces deux méthodes en le soumettant d'abord à l'inversion et en déduisant des résultats trouvés optiquement ou chimiquement le sucre non inverti d'après la formule de la décomposition. Par suite, suivant le choix du procédé, on distingue :

A. La méthode d'inversion pour doser le saccharose optiquement.

B. La méthode d'inversion pour doser le saccharose par voie chimique*

Dans les deux méthodes l'inversion est eifectuée de la même manière en suivant exactement les prescriptions suivantes : '

On pèse une quantité de substance égale au demi-poids normal (soit i3 gr.) et on l'introduit dans une fiole jaugée de loo cm' avec 76 cmM'eau préparés dans une petite éprouvette graduée. On agite soigneusement jusqu'à dissolution complète, puisa l'aide d'une pipette ou ajoute 5cm* d'acide chlorhjdrique de densité 1,188, on agite et on chauffe en plaçant dans un bain-marie à 70^ jusqu'à ce qu'un thermomètre placé dans le ballon jaugé indique 67<' à 700 G. On maintiendra encore à cette températifre pendant ^ minutes en agitant fréquemment. Comme le chauffage à 670-700 nécessite environ de 2 minutes et demie à 5 minutes, l'inversion durera au total de 7 minutes et demie à 10 minutes. On emploie un bainmarie à double fond ; le ballon immergé jusqu'au col est fî.xé au moyen de l'ouverture circulaire du couvercle.

Au bout de 10 minutes le liquide inverti est refroidi rapidement à + 20*

1 Herzfbld, ZeiUchriflt 1888, p. 699, et mélhodc de dosage da sucre de la loi douanière allemande du 37 mai 1896, chap. B.

SUCRB DE BETTERAVE 249

en le plongeaDt dans l'eau froide, on enlève le thermomètre en le rinçant soigneusement, on remplit le ballon jusqu*au irait loo avec de Teau distillée, on mélange et on filtre. On ne doit pas clarifier au sous- acétate de plomb, car, ainsi qu'on l'a dit, ce corps influe considérablement sur le pouvoir rotatoire du sucre inverti, et peut en précipiter une quantité plus ou moins grande ; s'il est nécessaire on décolore la solution avec du noir animal purifié.

La solution de sucre ainsi obtenue sert pour Tune ou l'autre des deux méthodes indiquées.

A. — Méthode d'inversion pour doser optiquement le saccharose. — Cette méthode indiquée d*abord par Clerget* sert principalement pour lanalvse de matières sucrées qui, à côté du saccharose, contiennent encore d*autres corps actifs dont le pouvoir rotatoire augmente ou diminue celui du sucre. On compte parmi ces matières sucrées les mélanges de saccharose et de dextrose (sucre d'amidon), de saccharose et de grandes quantités de sucre inverti, ou encore des produits contenant du raffinosc fortement dextrogyre tels que ceux provenant du traitement des mélasses en vue de l'extraction du sucre. Le procédé n'est d'ailleurs applicable que si, à côté du saccharose, il n'existe qu'un seul autre corps actif.

[La présente observation est exacte lorsqu'il y a par exemple du raffinosc à côté du saccharose, raffino.se qui est lui-même modifié par l'action de l'acide chlorhydrique ; au moyen d'une formule spéciale donnée plus loin on peut d'ailleurs calculer à la fois le saccharose et le raffinosc.

Mais à côté du saccharose il peut y avoir diverses substances dextrogyres ou lévogyres sans qu'elles puissent gêner le dosage du saccharose par inversion si toutefois ces matières ne sont pas modifiées par l'action de l'acide chlorhydrique dans les conditions de l'inversion.

(Exemple : mélange de saccharose, dextrose, lévulose, dextrine, pectiques)].

a) Dosage du saccharose en présence de dextrose ou de quantités notables de sucre inverti, — On détermine tout d'abord suivant le procédé ordinaire le pouvoir rotatoire de la substance puis celui du liquide inverti, l'inversion ayant été faite en suivant les prescriptions indiquées plus haut. Ces deux déterminations sont efl^ectuées à -|- ao^C. et la dernière dans un tube à circulation d'eau. On obtient dans ce cas une rotation à gauche dont la valeur sera doublée lors du calcul, car pour l'inversion on n'a dissous que la quantité demi -normale de substance pour faire loo cm* de solution. D'après les résultats obtenus et en se servant des formules de Clerget on peut calculer la teneur en saccharose car l'inversion ne modifie en rien les propriétés optiques du dextrose ou du sucre inverti primitivement contenu dans la substance.

Une solution de saccharose pur (à 26 gr. o 0/0 cm^ de solution) déter-

* Ensuite par Tuchschmid, Reichhahdt et Bittmann» Zulkowski, Mkissl et Herzfeld iZeiUchrift des Vereins der deatschen Zaker industrie i88a, p. 764 et 1890, p. i63. — -Otsterreich'Vngar Zeilschrift Jur Zuckerindustrie i883, pp. 466 et 475).

J. PosT. — Analyse chimique, a» ëdit. fr. t. II. 17

250 CHAPITRE XXtl

minant dans le tube de aoo mm. du polari mètre à échelle de Vbntskb une rotation de -^ loo^, donne après inversion complète et ào^G. — 4^*66, soit une diminution totale de i4!i*66 '. Or à une température plus élevée on trouve que la rotation diminue de o^S par degré centigrade. Si Ton polarisait à + 20*C. (température par laquelle lappareil et les vases sont réglés) au lieu de o*G., la rotation diminuerait de o,5 Xao = lo* et serait de — 32^66 d'où une diminution totale de 1 32^66. En se basant sur ce nombre et en effectuant la polarisation à -f- 20'G. avajit et après inversion on aura la formule de Glbrget suivante :

^= o Ar =Q>7538 X S,

dans laquelle Z représente la teneur réelle cherchée en saccharose de la solution primitive et S la diminution totale du pouvoir rotatoire.

[Si on ne peut employer la température de 20" la formule à appliquer est la suivante :

dans laquelle A et A' sont les polarisateurs avant et après inversion (sans tenir compte des sig'nes) et T la température à laquelle on examine le liquide inverti. Dans tous les cas on doit faire attention à ce que la température de polarisation du liquide soit la même avant et après inver-

sion *.

Voici d'après Hkrzfbld les différentes constantes auxquelles on arrive quand on pratique Tin version allemande sur des solutions sucrées pures de concentration différente.

Sucre 0/0 cm*

Constantes

142,66 (constante allemande)

1)) Dosage du saccharose en présence du ra/finose. — On opère exactement comme en a) mais le calcul est différent car l'inversion diminue aussi notablement la déviation à droite donnée par le raffinose. Une solution de 26 gr. o de raffinose anhydre pour 100 cm' de solution donne au tube de 200 mm. à -\- 20*C. et avec les appareils allemands une rotation de -f- i85'2 ; après inversion celte rotation n'est plus que de 94*9 dans les mêmes conditions.

* Zeitscrhifl des Vereins der deutschen ZucliCr industrie, 1F88, pp. 699 et 74a.

* En France on prend i44 comme constanle.

8UCBB DB BETTERAVE 25{

Hbrzfeld en a calculé la formule suivante dite formule du raffinose^ .

dans laquelle Z représente la teneur cherchée en saccharose, P la polarisation avant inversion, J la polarisation doublée (par suite de Temploi d'un poids demi-normal) de la solution invertie.

B. Méthode d'inversion pour doser le saccharose par voie chimique. — Dans cette méthode, indiquée d*abord par Tbommer puis étudiée plus tard surtout par Fëhling, on emploie un liquide bleu foncé très alcalin obtenu en mélangeant de la lessive de potasse ou de soude avec des solutions aqueuses de sulfate de cuivre et de tartrate double de sodium et de potassium (sel de seignelte)^. Sous Taction du sucre inverti Foxyde de cuivre contenu dans le liquide subit une réduction lente à la température ordinaire et immédiate à chaud. Il en résulte un précipité rou|^e insoluble d'oxydule de cuivre et en même temps une décoloration partielle ou totale de la liqueur.

Le pouvoir réducteur du sucre inverti vis-à-vis de la liqueur alcaline de cuivre n'est pas constant, mais toutes circonstances égales d'ailleurs, il crott d'une façon continue avec la quantité de solution de cuivre en excès .

La composition de la liqueur de cuivre, la durée de Texpérience et le mode de chauffage influent également sur la réduction, de sorte que pour obtenir des résultats certains il est nécessaire de suivre très soigneusement les pre.scriptions indiquées pour ce dosage.

Dans les conditions ordinaires on n'emploiera le dosage du saccharose par voie chimique que lorsqu'il s'agira d'un produit contenant plus de 2 0/0 de sucre inverti. Dans ce cas on déterminera d'abord la quantité de sucre inverti puis la teneur totale en sucre dans la solution invertie suivant les prescriptions indiquées page 248.

On calculera les deux résultats en saccharose 3, on retranchera le premier du second et on obtiendra comme différence la teneur en saccharose du produit analysé

On effectue le dosage d'après les prescriptions suivantes que Ton emploie en général pour le dosage du sucre inverti (méthode Herzfbld).

1 Zeitsehrift de* Vereins der deutschen Zuckerindustrie, iSc^o, p. 195.

s La liqueur de Fehlino loule préparée s'allérant facilement, on prépare deux solutions séparées qu'on mélange en parties égales au moment de l'emploi.

Solution F I : dissoudre 34 gr. 63 de sulfate de cuivre pur cristallisé dans 5oo cm', d'eau.

Solution F II : dissoudre 173 gr. de sel de seignelle dans 4oo cm^ ajouter à la solution 5o gr. de soude caustique et après refroidissement compléter à 5oo cm' avec de l'eau.

' Comme 95 parties (en poids) de saccharose donnent après inversion 100 parties de sucre inverti (il y a fixation d'une molécule d'eau) on obtiendra la teneur en saccharose en multipliant la quantité de sucre inverti par o 90 ou en la diminuant du vingtième.

a) Méthode d inversion pondérale, — Oo inverti iSgr. o de substance comme il a été décrit page 248, on amène à 100 cm', on filtre, on, prélève 5ocm*du filtrat qu'on étend à loocm'.Dansung'obeletde verrede25ocm^ on introduit 25 cmMe ce liquide (correspondant à ogr. 1625 de substance). On ajoute, pour neutraliser Tacide encore contenu, 25cm' d*une solution diluée de carbonate de soude ', puis 5o cm' de liqueur de Fehling fraîchement préparée et on chauffe immédiatement et aussi rapidement que possible à rébuilition. On effectue ce chauffag'e sur un carton d'amiante présentant une couverture circulaire de 6 cm. 5 de diamètre et reposantsur une toile métallique ; on choisira le brilleur de façon à ce que Tébullition

Fig. 125. — Filtre à amiante de Soxhiet.

Fig. laO. — Support pour la pesée du filirc.

se produise au bout de trois minutes et demie à quatre minutes au maximum. On diminue alors la flamme et on maintient Tébullition pendant deux minutes exactement, on enlève le brûleur et afin de refroidir on ajoute 100 cm' d*eau distillée froide préalablement bouillie. L'oxydule de cuivre précipité est filtré immédiatement, très bien lavé et après dessiccation réduit à Tétat métallique. L'opération se termine par la pesée de ce cuivre.

La filtration sVJfecluc soit à l'aide d'un filtre à amiante de Soxhlet, soit sur un bon filtre en papier si l'on n'a pas de trompe aspirante à sa disposition.

* I gr. 7 de carbonate de soude anhydre dissous dans i.ooo cm' d*eau.

SUCRB DE SBTTSRAVE 25^

La figure laS représeate le (îltre d'amîaatc. Il est construit en verre dinicilement fusible et porte comme on peut le voir un petit câoe de plaline percé de trous très fins sur lequel repose un tampon de Ion)^es liiures d'amiante. Par un lavaçe soigné du filtre ainsi préparé on élimine tes petites fibres folles, on sèche complètement et on détermine le poids du filtre en se servant du supporten ruolz iadiqué par la fig'ure 1 36 et que l'oD suspend au crochet d'un des plateaux de la balance.

A l'aide d'un aspirateur (la trompe KœnTiNr. adaptée sur une conduite

Fig. 157. — Trompe Kœrling.

d'eau marche très bien, fig;. 127) on filtre le liquide encore bleu foncé, on lave complètement le résidu d'oxydule restant sur l'amiante avec de l'eau chaude, on élimine l'eau par un peu d'alcool et d'élher et on sèche le filtre à l'éluve jusqu'à évaporation de ce dernier. On effectue aussitôt la réduction de l'oxydulc en cuivre métallique en se servant de l'appareil représenté par la figure ia8.

.\ est un générateur d'hydrogène rempli de grenaille de zinc et d'acide sulfurique dilué ; B un flacon laveur à eau ; C une éprouvette desséchante à chlorure de calcium; D le filtred'amiantecontenantl'oKydulede cuivre. Pendant le passage de rbj'drogènc on chauffe l'oxvdulo au rouge som-

2S4 CUAPITIIE XXII

bre ; la réduction est lermiaée lorsqu'on ne voit plus de buée daus le tube D et qu'on peut allumer l'hydrogèae eo Ë sans qu'il s'éteigne.

On éteint alors la flamme, on laisse refroidir dans le courant d'hydrog^èoe et OH pèse à nouveau '.

Si au lieu de cette méthode on emploie la filtration habituelle sur papier, on lave l'oivdule rassemblé sur le filtre avec de l'eau jusqu'à la disparition de la réaction alcaline, on plie le filtre encore humide avec le précipité et on l'incinère sans dessiccation préalable jusqu'à la destruction complète du papier et des matières organiques précipitées avecl'oxjdule. On peut se servir d'une capsule plate en platine (fig. 129) et du mourHe en platine servant à l'incinération du sucre.

Pour la réduction de l'oxvde formé pendant rincinération on se sert du creuset de Rose modifié dans ce but particulier par l'auteur [tig. i3o).

Fig. iiS. — Appareil pour la réductîoD de l'uxydulc de cuivre.

On couvre la capsule de platine avec un couvercle de platine s'appliquant bien, bombé au milieu et percé d'une ouverture à laquelle s'adapte le tube de porcelaine R relié à l'appareil à hvdrogéne de la figure 128 par le tube F Rxé â l'éprouvettc desséchante C.

Après s'être assuré de la pureté du gaz et de l'absence de gaz explosif on allume l'hvdrogéne en S, on chauffe la capsule au rouge et on baisse le tube A A l'aide de la vis Al jusqu'à ce qu'il vienne boucher l'ouverture du couvercle de platine.

sl'chb de dettebave

La transformation de l'ox3'de en cuivre métallique se fait en quelques minâtes 1 on retire alors le bec de gaz, on éteint la flamme d'hydrogène qui brûle tout antour du couvercle en pinçant pendant quelques instanls te tube F, on laisse refroidir en maintenant le courant d'bydrogéne et on pèse.

La quantité de cuivre obtenu de celle façon ou de l'autre correspond exactement à la quantité de sucre inverti contenu dansa gr. ifiaâ de substance après ioversioD. La transformation en saccharose ainsi que le calcul de la teneur cen> tésimale en saccharose s'obtiennent au movendelatableVI' qui donne directement

la teneur centésimale en saccharose corres- '^' "i^/,j]^n dTroïïduîc "*" pondantau poids de cuivre réduit obtenu.

Eu admettant par exemple qu'une mélasse contienne a, Ifo/o de sucre réducteur et que sa solution invertie ait fourni ogr. iga de cuivre, ce dernier chiffre correspondrait à 59,4a 0/0 de saccharose. Mais de celte valeur il faut retrancher a4 X 0'9^ ^ ^i^^ °/^ ^^ sorte que la teneur réelle de la mélasse en saccharose ne s'élève qu'à 57,170/0.

b) Méthode d'inversion oolamélrique. — La réaction qui se produit en chauflant un mélange de quantités équivalentes de solution de sucre

Crcuscl de Roie modifia par Frtlhling.

inverti e( de liqueur de Fbhi.ing provoque d'une part la décomposition totale du sucre et de l'autre la précipitation totale du cuivre sous forme d'oxydule.

Cette précipitation est naturellement accompagnée de la décoloration du liquide primitivement coloré en bleu foncé et qui annonce en même temps la fin de la réduction. La fin de celle réduction se reconnaît et se

détermine au moyen de la réaction au ferro-cyanure de potassium sur la solution de cuivre.

Le titre de la liqueur de Fehling que Ton prépare en mélang^eant des volumes égaux des deux solutions F I et F II (voir remarque n* a, p. 261} peu de temps avant l'emploi se détermine de la façon suivante à l'aide d'une solution de sucre inverti préparée à cet effet.

Dans une fiole de loocm' on ajoute à la solution aqueuse de 9 gv. 5o de saccharose chimiquement pur, 5ocm' d'acide chlorhydriqueet on invertit d'après les prescriptions données pag'e 24B. Le liquide refroidi est complété jusqu'au trait à 20^C. en ajoutant de l'eau, on mélangée et on ohtient ainsi un liquide contenant 10 g^r. o de sucre inverti '. On prélève 5occ. (soit Sg'r.o de sucre inverti) au moyen d'une pipette, on les introduit dans une fiole de i litre, on neutralise l'acide chlorhydrique avec la solution de carbonate de soude jusqu'à ce que le papier de tournesol se colore en bleu, on remplit avec de l'eau distillée jusqu'au trait et on mélan|i|;'e.

La solution contient ogv, oo5 de sucre inverti par centimètre cube ; on versera une partie de la solution dans une burette divisée en i/io de centimètres cubes et munie d'une pince.

On mélangée alors exactement 25 cm* de solution FJ avec une même quantité de solution F II dans une capsule de porcelaine. A ces 5o cm* de liqueur de Fehling on ajoute 5ocm* d'eau distillée, on porte l'ébullitioa sur la rondelle d'amiante, et on fait alors couler lentement la solution de sucre inverti en ag'itant avec une bag'uette de verre et on fait bouillir de nouveau ; on continue ainsi jusqu'à ce que l'on observe, après décantation du précipité, que la coloration bleue commence à disparaître.

On continue en suivant par un essai qualitatif la présence de cuivre dans le liquide. Pour cela on dépose sur un morceau de papier à filtre sec et blanc quelques g-outtes d'une solution de ferrocyanure de potassium saturée à froid, fraîchement préparée et fortement acidifiée par de l'acide acétique. A l'aide de l'agitateur on dépose à côté des taches de prussiate des g'outtes de solution de cuivre chaude. Si la ligne de séparation des deux gouttes reste incolore, c'est qu'il y a déjà un excès de solution de sucre inverti ; le liquide est à jeter et l'essai à recommencer en ajoutant un peu moins de solution de sucre. Si la ligne de séparation des deux gouttes se colore en brun (ferrocyanure de cuivre) il y a encore de la liqueur de Fehling non décomposée et il est nécessaire d'ajouter une nouvelle quantité de sucre inverti. Dans ce cas on en laissera encore couler goutte à goutte en chauffant le liquide à l'ébullition et cela jusqu'à ce que l'on atteigne le point limite tel que, par suite d'un excès aussi faible que possible de sucre inverti, la réaction du cuivre ne se produise plus. La quantité de sucre inverti employée sera vérifiée par une deuxième et une troisième opération.

Comme i cm* de solution de sucre contient ogr. oo5 de sucre inverti,

^ * [M. Pbllet a indiqué l'emploi de o,5 jçr. d*acide salicyliquc pour un lilrc désolation titrée de sucre inverti, pour en assurer la conservation indéfinie].

SUCRB DB BETTERAVE

TABLE VI

pour le calcul de la teneur en saccharose d'après le poids en cuivre obtenu après 2 minutes d'èbullition en employant

0 gr. 1625 de substance

Saccha-

Saccha-

Saccha-

Saccha-

Cuivre

rose

rose

Cuivre

rose

Cuivre

rose

mmgr.

mm^r.

oimgr.

mmgr.

tzz

OS

rl5

lOâ

258 CHAPITBB XXII

si l*on a employé 48 cm' 6 de sucre, la décomposition totale de 5o cm" de liqueur de Fehling aura donc exigé o,oo5 X 48,6 = o gr. 243o de sucre inverti .

Le dosag'e du saccharose par cette méthode est analogue à la détermination même du titre. On invertit la substance à analyser (i 3 gr. dans 100 cm') exactement comme il a été dit page 248, ou même 5o cm' dans une fiole d'un litre, on neutralise avec la solution de carbonate de soude on dilue h loo cm' et on remplit la burette avec cette solution de sucre inverti.

Dans la capsule de porcelaine, on mot 25 cm' de chacune des solutions, F I et F II, soit 5o cm' de liqueur de Fehling et autant d'eau, on fait bouillir et on détermine la quantité de solution de sucre inverti à ajouter en exécutant Tessai au ferrocyanurc de potassium pour la fin de la réaction.

On effectue le calcul comme dans l'exemple suivant : i3 gr. o de sirop ont été invertis et étendus à loo cm* ; 5o cm' de ce liquide, (soit 6gr. 5 de sirop) ont été dilués à i litre. Par suite i cm' de ce liquide contient ogr.oo65 de sirop à analyser.

Les 5o cm' de liqueur de Fehling qui au titrage valaient o gr. 243o de sucre inverti ont nécessité actuellement une addition de 66 cm' 8 de solution de sucre pour ôtre décomposés complètement.

Ces 66 cm' 8 qui doivent contenir o gr. 243o de sucre inverti correspondent à

66,8 X o,oo65 = o gr. 4342 de sirop.

On a donc la proportion :

d'où :

X = 55,96 0/0 de sucre inverti ou :

55,96 X 0,95 = 53,16 0/0 de saccharose.

La teneur primitive du sirop en sucre réducteur est naturellement comprise dans ce chiffre et doit être déduite comme on Ta indiqué page 000.

[Dosage des réducteurs par la méthode de Violette. — On dose le réducteur total en employant 10 cm' de liqueur de Violette et on fait le titrage par décoloration.

L'opération se fait dans un tube de 20 à 22 mm. de diamètre et de 20 cm. de hauteur. Avec un peu d'habitude et en employant des liquides assez étendus et presque incolores on perçoit très bien la fin de l'opération. Mais nous ne recommandons pas l'emploi de réactifs quelconques destinés à vérifier la fin de Topération, surtout lorsque ceux-ci ont pour but de reconnaître s'il v a encore du cuivre en dissolution.

La décoloration complète peut avoir lieu eu efFet tout en laissant du cuivre en dissolution à l'état de cuivre au minimum. Or si par suite de diverses circonstances il reste des traces de ce dernier en solution, il s'oxyde à Tair par refroidissement et les réactifs tels que le ferrocyanure de potassium par exemple décèlent encore du cuivre alors que l'opération est terminée.

D'après le volume de solution employée on calcule le sucre réducteur.

Voici la préparation delà liqueur de Violette dont locm* correspondent à o g-r. o5 de sucre cristallisable ou à o gv. 0626 de sucre ou de réducteurs comptés à l'état de sucre inverti.

i® Sulfate de cuivre cristallisé pur .... 36 gr. 46 * Eau distillée i^o cm'

Faire dissoudre à une douce chaleur.

2° Sel de Seignette 200 gr.

Lessive de soude caustique à 24^ B. . . 5oo cm»

Faire dissoudre à une douce chaleur.

Mettre la solution n® 2, refroidie, dans un ballon de i litre, y verser la solution n® i également froide et compléter à i litre en rinçant tous les vases employés.

Pour le contrôle chimique en sucrerie de cannes, le dosag-e par décoloration suivant la méthode de Violette est suffisamment exact même lorsqu'il s'ag'it de produits colorés. En g-énéral ceux-ci, étant très charg-és de réducteurs, peuvent être dilués et défèques à l'acétate de plomb neutre.

Méthode de H. Pellet pour la précipitation et la pesée du cuivre, — On effectue la précipitation dans un vase de Bohême de 260 cm' environ dans lequel on met 26 cm' de la solution de sucre inverti, 26 cm' d'eau et 100 cm' de liqueur de Fehling. Le volume total est donc toujours aussi de 100 cm*. On place dans le verre un thermomètre et on met le vase dans un bain-marie à eau porté à l'ébullition et contenant une quantité d'eau telle que le niveau de celte dernière dépasse de 4 ou 5 millimètres le niveau du liquide du vase.

On continue à chauffer le bain-marie de façon à ce que le thermomètre marque 88^ au bout de 5 minutes environ ; on maintient pendant trois minutes vers 88, 89 pour achever la réduction. On enlève le vase et on y ajoute 100 cm' d'eau distillée froide. On filtre sur filtre sans cendre et on lave.

L'avantag-e de ce procédé est de pouvoir faire un g^rand nombre de réductions à la fois dans un même bain-marie ; d'autre part une solution de sucre cristallisable pur prise comme témoin ne donne aucun précipité d'oxydule de cuivre en la chauffant de cette façon avec la liqueur de Fehling.

* La liqueur de Fehlixg à 34 gr. 63 de sulfate de cuivre correspond à o gr. o5oo de sucre inverli.

Afin d'éviter Temploi de Thydrogène dans la réduction de loxyde de cuivre, on peut tout simplement calciner le filtre dans une capsule de platine placée dans un moufle à flamme oxydante (éviter par exemple un moufle à alcool ainsi que le chaufTa^e direct à la flamme).

La calcination est terminée quand le précipité devenu noirâtre ne présente plus de trace de roug-e. On pèse ainsi à Tétat d'oxyde cuivreux le poids/} (en g'rammes) d'oxyde cuivreux trouvé, diminué de o gr. oo5 (dû à Toxyde cuivreux correspondant à la liqueur de Fbhlixg retenue par le papier filtre) et multiplié par o, 4^3 donne le poids de réducteur contenu dans la prise d*essai .

Il est très facile de déterminer pratiquement ce coefficient par un essai exécuté exactement dans les mêmes conditions que le dosage, et de vérifier aussi le poids de matière minérale retenue par un filtre lavél.

Matières premières

I. Graines de betteraves. — Les gpraines (ou g^lomérules) de betteraves se composent de fruits plus ou moins g'ros renfermant dans leur cavité des g'raines proprement dites généralement au nombre de trois ou de deux mais rarement en nombre inférieur ou supérieur.

Les graines sont petites et dures, munies d*une écorce brune et si elles sont de bonne qualité, chacune doit donner un germe pouvant se transformer en betterave.

Les glomérules provenant d*unc récolte ancienne ne peuvent se développer; de même s'ils ont été récoltés à un état de maturité avancé ou s'ils ont été conservés dans un endroit trop sec ils ne contiennent plus en général de graines proprement dites et cela diminue le nombre de germes que l'on peut obtenir; les graines se trouvent donc ainsi dépréciées, car elles sont d'autant meilleures que, pour un même poids, elles donnent le maximum de germes.

. D'après les règles établies dans le commerce des graines de betteraves, on étudie celles-ci au point de vue de leur faculté germinative, de leur énergie germinative (rapidité avec laquelle apparaissent les germes), de leur humidité et des impuretés (grains de terre, graines étrangères, débris de tige, etc.). Il est nécessaire de procéder à l'échantillonnage avec beaucoup de soins, éviter tout arbitraire dans le choix des différents glomérules et tâcher de les prélever au point de vue de la grosseur en mêmes proportions qu'ils existent dans le lot principal.

1 . Détermination de la /acuité germinative et de l'énergie germinative *. — On détermine sur loo glomérules placés sur un lit de germination approprié, le nombre d'entre eux qui produira des germes ainsi que la dui'ée de la germination. Les glomérules soumis à l'essai sont comptés, pesés et placés dans des capsules plates de porcelaine avec de l'eau distil-

* [On comprend sous le nom d'ënerçrie (germinative le nombre de g^ermes apparus dans les six premiers jours. La faculté germinative correspond aux germes apparus aux autres dates].

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lée pendant 5 heures (lemps qui sera compté dans la durée de la germination) ; on place alors, au moyen d'une pince, les graines sur le lit de germination. La façon la plus simple de constituer ce dernier est de prendre une assiette à soupe ordinaire assez profonde et d'y verser du sable quartzeux iin calciné jusqu'au bord supérieur de la cavité ; on y met ensuite suffisamment d'eau pour que par agitation le sable puisse se déplacer. Au moyen d'un tamis on ajoute alors du sable de façon à former une bouillie épaisse qui ne coule plus lorsqu'on incline l'assiette. Pour éviter les erreurs dans le dénombrement on partage la surface du sable en quatre carrés et chacun d'eux reçoit 20 glomérules qu'on enfonce légèrement dans le sable. On recouvre alors l'assiette d une mince plaque de verre et on place sur celle-ci une seconde assiette dont le bord arrive juste au niveau de la cavité de l'assiette. Par cette méthode l'humidité du sable ne varie presque pas pendant les quatorze jours de la germination.

La température du lit de germination doit être maintenue à 20^ C, mais il est cependant nécessaire de la porter pendant six heures par jour à 3o° C. ; enfin la germination doit s'effectuer dans l'obscurité. Après quelques jours, quand les germes ont atteint une longueur de i cm. à I cm. 5, on retire les germes au moyen d'une pince, on enlève les germes avec précaution en les comptant et on transporte les glomérules dont ils proviennent dans un second lit de germination préparé comme le premier ; les glomérules qui n'ont pas encore germé ou dont les germes sont trop petits pour être extirpés sont laissés en place.

Au bout de six jours, on détermine le nombre total des germes fournis par 100 glomérules, on continue graduellement l'extirpation des germes et le changement des glomérules jusqu'à ce qu'il ne reste plus sur la première assiette que ceux qui n'ont pas germé. La durée totale de l'essai de germination est de i^ jours, comptés à paitir du trempage des grains. Au bout de ce temps on compte le nombre total de germes obtenus et le nombre de glomérules qui n'ont pas germé. On fait l'essai en double ; la pesée première des 100 glomérules sert à calculer le nombre de glomérules contenus dans un kilogramme de graines.

2. Détermination de V humidité. — On sèche à l'étuve à loo», 10 gr. de glomérules jusqu'à poids constant. La perte de poids est considérée comme perte d'eau.

3. Détermination des impuretés, — On étale 100 gr. de graines sur une feuille de papier et on sépare soigneusement les impuretés (graines étrangères, terre, etc.) qui sont pesées.

Les résultats des essais doivent être conformes aux prescriptions des normes suivants :

A) Normes nouvelles ou revisées pour le commerce des graines de betteraves en Allemagne (Normes de Magdebourg). — Les graines de betteraves, lors de leur liviaison, doivent être saines, en bon état et répondre aux conditions suivantes : •

1 . I kg. de graines doit en i4 jours fournir au moins 70.000 germes ;

2. De ces 70.000 g'ermes, 46.000 au moios doivent avoir g'ermé en 6 jours ;

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