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III. — Fabrication et produits

On peut dire d'une façon générale que pour l'analyse des produits de sucrerie de cannes on emploie les mômes méthodes que pour les produits de la sucrerie de betteraves, et à cet effet nous renvoyons nos lecteurs aux différents paragraphes du chapitre XXIT.

Cependant nous devons faire quelques observations importantes et qui présentent un très grand intérêt.

Tous les produits de la sucrerie de cannes renferment une proportion plus ou moins grande de sucres réducteurs qui faussent les résultats directs de la polarisation.

Par conséquent, si l'on veut avoir une polarisation exacte des produits de la sucrerie de cannes il faut procéder au dosage du sucre cristallisable réel par la méthode Clbrgbt, aussi bien sur les jus que sur les solutions des produits divers de la fabrication : sirops, égouts, masses cuites, sucres et mélasses.

La polarisation directe est en général toujours inférieure à la polarisation correspondant au sucre cristallisable réel.

Cette influence des réducteurs peut atteindre 0,10, 0,20 et même 0,60 0/0 cm' dans les jus, et aller jusqu'à 2, 3 et 5 0/0 dans la mélasse suivant sa composition et la quantité de réducteur existant. Suivant les pays, l'époque et l'année, la canne peut contenir de i à 10 et 12 de réducteurs 0/0 de sucre, et dans la mélasse on en constate quelquefois jusqu'à 100 et 120 0/0 du poids du sucre cristallisable.

SUCRB DE CANNE 387

Pour le contrôle ordinaire de la fabrication du sucre de cannes on peut se contenter des analyses par détermination directe de la polarisation.

Mais chaque semaine, ou par décade, on doit connaître les relations existant entre l'analyse apparente et l'analyse réelle. Cette différence varie suivant les années, les endroits et l'époque de la fabrication.

L'analyse apparente s'établit par la détermination : 1^ Du brix de la solution à Taide d'un brix, d'un densimétre ou d'une balance spéciale dite de Mohr, de Wrtsphal, etc. ;

ao Du sucre par polarisation directe ;

30 Du sucre réducteur par la décoloration d'un certain volume de liqueur cuivrique suivant les indications de Violette. C'est le procédé le plus rapide.

On a ainsi la pureté apparente et le sucre réducteur apparent o/o de

L'analyse réelle s'exécute comme suit :

I o Dosage de la matière sèche au moyen de la pierre ponce (voir page 297);

ao Dosag'e du sucre réducteur par la pesée de l'oxyde de cuivre calciné, après réduction au bain-marie bouillant ;

3^^ Le sucre par la méthode Clbrget.

Pour l'analyse complète on détermine les cendres sulfatées soit directement pour les produits assez purs soit après addition de sucre pour les produits impurs.

On a ainsi les éléments nécessaires pour déduire la proportion de matières org'aniques. La différence entre l'analyse apparente et l'analyse réelle peut être très considérable en raison des variations dues à la qualité des cannes, ou au mode d'épuration des jus et on ne peut en donner une moyenne.

La mélasse de cannes par exemple est beaucoup plus variable dans sa composition que la mélasse de betteraves.

La mélasse de canne peut renfermer tout d'abord :

De i5 à 3o 0/0 d'eau réelle ;

De 5 à i5 0/0 de cendres;

De 5 à 3o 0/0 de réducteurs ;

De 25 à 45 0/0 de sucre cristallisable Clbrget ;

De 8 à 20 0/0 de matières org'aniques.

Voici cependant un exemple de cette différence entre les deux analyses :

Analyse Analyse

apparente réelle

Eau i3,o 20,0

Sucre 37,0 4o,o

Réducteurs ... 11,0 i3,o

Cendres .... 12,0 12,0

Matières organiques. 27,0 i5,o

Pureté 42,7 00,0

Salin 3,3 3,3

Matières organiques

0/0 de cendres. . 2*26 126,0

Composilioa des imparelés

Réducteurs 22,0 3o,2

Cendres 24*0 27,9

Matières org^aniques . 54, o 4it9

loOjO 100,0

On voit que les matières étrang'ères de la mélasse de canne et par conséquent de la canne influencent plus le brix que celles renfermées dans la betterave; c'est ce qui explique Técart entre les teneurs en matières sèches. De môme l'influence du sucre réducteur produit toujours une augmentation pour le sucre Clbrget. En résumé la pureté réelle est toujours bien supérieure à la pureté apparente dans les produits de la canne.

l^ar conséquent la comparaison des résultats obtenus dans différentes usines neprésente un véritable intérêt que si elle porte sur les analyses réelles.

Nous ajouterons également une remarque très importante à propos du sous-acétate de plomb employé dans l'analyse apparente ordinaire.

Ce réactif ne doit pas être employé en excès car il modifie le pouvoir rotatoire des solutions en précipitant une partie des réducteurs (principalement du lévulose), ce qui augmente la polarisation vers la droite.

C'est pour cette raison que, lorsqu'on veut avoir des essais comparatifs dans une même usine, on doit connaître, par des expériences préliminaires, les quantités du réactif plombique à employer pour les solutions des principaux produits, jus ,égouts masses cuites, mélasses, afin d'être certain d'en avoir mis assez et sans un excès nuisible.

En agissant autrement deux chimistes opérant sur la même dissolution peuvent trouver des écarts notables dans la polarisation directe. La température agit également et les solutions contenant des réducteurs polarisent d'autant plus à droite que la température est plus élevée, puisque dans ce cas les réducteurs polarisent moins vers la gauche.

On doit donc prendre de grandes précautions en sucrerie de cannes pour obtenir des résultats apparents comparatifs.

En outie nous rappelons que pour l'inversion Clergbt il est nécessaire, lorsqu'on veut exécuter des dosages très précis, de déterminer la constante à appliquer dans les conditions où Ton opère et avec les mêmes instruments, et de ne pas employer, simplement et sans vérification, l'une des constantes i4^)0 ou 142,6 suivant qu'on suit la méthode française ou la méthode allemande.

Avec les observations précédentes il sera facile, en se rapportant aux méthodes décrites pour les analyses des produits de la sucrerie de betteraves, de procéder, avec la même exactitude, à l'analyse des produits de la sucrerie de cannes.

SUCRB OB CANNE 389

ly. — 8ou8-Produit8

La plupart des sous-produits de la fabncation du sucre de canne sont analoi^cues à ceux de la sucrerie de betteraves et on trouvera dans le chapitre XXII tous les détails concernant leur analyse.

Le plus important des sous-produits spéciaux est constitué par le résidu même de la canne et appelé ordinairement « bag-asse)).On l'emploie comme combustible.

Bagasse. — i* Dosage du sucre, — Il s'effectue comme le dosag'e direct du sucre dans la canne (voir pag'e 38 1).

2* Dosage de F humidité.

a) Dosage ordinaire, — On dessèche loo g'r. de bagasse dans une étuve à loo-i lo* C. jusqu'à poids constant. La dessiccation est lente et ce procédé exigée quelques heures.

b) Dosage rapide. — Cette méthode permet de connaître immédiatement la teneur approximative de la basasse en eau. Elle est basée sur ce principe que dans un récipient r<3mpli toujours de la même façon avec de la bag'asse, le poids de mature sèche est sensiblement le même. Si donc la proportion d'eau augmente, le poids de la bagasse augmente aussi.

On utilise une boîte de i6 litres environ de capacité. On la pèse vide puis, sans tasser, on la remplit de bagasse. On pèse à nouveau. Sur deux ou trois échantillons du même vase on dose Teau sur loo gr. d'après le procédé a. On a ainsi l'eau o/o qui correspond à la différence de poids déterminée précédemment. On renouvelle cette expérience pour des bagasses contenant plus ou moins d'eau et on peut établir pour un récipient donné une table analogue à la suivante qui permettra par une simple pesée d'avoir immédiatement la teneur approximative de la bagasse en eau.

Poids

da récipient vide

Poids

Poids

du récipient

delà

plein

matiè

re humide

Eau 0/0

6 ^ff- ooo

5 5oo

I 4io

Comme Topération n'est pas longue, on la répète plusieurs fois, on prend la moyenne et l'approximation ainsi obtenue est suffisante dans la généralité des cas.

AMIDON. DEXTRINE, GLUCOSE

Par le D' E. Farow, Berlin (de l'Iostitot des industries de formeoUtion et de l'amidonDerie)

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