‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 41 sur 150 · AO · texte numérisé non relu

AO

Pig. aog. —- Amidon de blé. A. Grossissement : 3oo fois. — B. Grossissement : 800 fois. — a. Gros ^ains lenticulaires; a' Après traitement à Facide chromique mettant en évidence les différentes couches ; 6. Petits grains. — B. Grains composés.

que dans le cas de la fécule de pomme de terre et se laissent difficilement écraser entre les doigts (fig. 209).

Pulvérisé l'amidon de blé pur se présente sous forme d'une poudre douce d'un blanc mat, tandis que les sortes moins pures présentent une teinte g'rise due au gluten ; les amidons commerciaux sont rarement colorés par Toutremer, le bleu de Berlin, etc.

Les grains de cet amidon sont en général simples ; l'albumen contient néanmoins des groupements formés de 2 à 25 grains ; ces groupements se détruisent généralement pendant la fabrication. Les grains simples sont de différentes grosseurs. Les gros grains ont presque toujours la forme

Fig. 310. — Amidon d^orge. Grossissement : 3oo fois.

d'une lentille ; le hile est au centre et les couches sont disposées concentriquement. Généralement le hile et les couches ne sont pas visibles dans les conditions ordinaires mais elles le deviennent après un traitement à l'acide chromique ; les couches apparaissent alors traversées de stries radiales. Les petits grains sont ordinairement sphériques et on reconnaît souvent leur aplatissement ; les couches ne sont pas visibles même après traitement à l'acide chromique, mais cependant un fort grossissement permet de distinguer le hile. Les dimensions des gros grains varient entre o mm. 011 à o mm. o4i et ils ont généralement o mm. 0282 ; les

petits graias varient entre o mm. ooaa à o mm. 0082, avec une movenne de o mm. 0022.

y) A midon de seigle et amidon d'orge. — Leurs i^rains sont tellement semblables k ceux de l'amidoD de blè que leur dlstinctioD est extrémemeot difficile (fi^. aïo).

D'aprts ScHŒN elle n'est possible que par de nombreuses mesures microscopiques car les valeurs limites et les dimeosions couraotes sont peu difTérentcs :

Fig. 3M. -

Amidon d'aminé. GrossÎEEcmcnt

Blé .

( jfros grains .

omm

011 à omm o4i

moyenne

omm.oaSa

/petits grains.

omm

O0B2 à omm. 008a

0 mm. 0023

Seiçlo

Uros grains, (petits grains.

omm

.oiA à omm.oii 0022 à omm. 0097

omm.o36 omm. 0063

Orge

( gros grains .

omm

010 à omm. o33

0 mm. 030

1 petits grains.

omm

0016 à omm. 0064

0 mm. oo46

S) Amidon d'avoine. — La farine d'avoine se compose exclusivement de groupements ellipsoïdaux formés généralement de 30 à 70 grains. Ces grains sont polyédriques, généralement irréguliers ayant de trois à six cAtés. Les grains simples n'ont jamais une forme polyédriques. Ils sont en forme de tonneau (tig. an et 212).

Dans la séparation de ramidon les groupements se divisent en grains et sont difficiles à distinguer des amidons de blé, de seigle et d'orge dans les mélanges. Le diamètre des grains d'amidon d'avoine varie de o mm. oo3 à 0 mm. 01 et il a généralement o mm. ooS.

AMIDON, DEXTRINB, GLUCOSE 431

f) Amidon de riz, — Il se présente dans le commerce sous forme de poudre, de morceaux et ressemble beaucoup aux amidons de blé les plus fins (fig*. 21 3). Sous le microscope Tamidon de riz ne se compose que de petits g-rains simples tandis que dans le tissu des cellules du grain de riz on trouve à côté des§prains simples des groupements de a à loo K^prains. Les petits g'rains simples ont une forme polyédrique (généralement pentag'onale ou hexag'onale, rarement triang'ulaire ou quadrangulaire) et un diamètre de o mm. oo3 à o mm. 007, en moyenne o mm. oo5; si on les observe directement on n'aperçoit pas de stratifications et celles-ci n'appa-

Pig. 2i3. — Amidon de riz. Grossissement : 3oo fois.

raissent que par traitement à Tacide chromique dilué; à la place du hile on trouve une cavité ronde ou polyédrique, souvent en forme de croix. Les g'roupements d'amidon sont ovoïdes et ont un diamètre de o mm. 018 à o mm. o36, généralement o mm. 022.

t) Amidon de mats. — On le trouve dans le commerce sous forme de poudre ou de frajsi^ments . Il n'est pas toujours d'un blanc pur et présente fréquemment une teinte jaune. Les g'rains d'amidon sont déjà visibles à l'aide d'une forte loupe, leurs dimensions varient beaucoup à cause de l'utilisation de différentes variétés de maïs (fifj. 2i4).

Fig. a 14. — Amidon de mais. Grossissement : 3oo fois. aa. Grains contenus dans les parties internes blanches; bb. Grains contenus dans les parties externes cornées de Talbumen.

Les grains d'amidon provenant de l'endosperme corné sont simples, ils ont une forme polyédrique ou ronde. Dans les parties farineuses internes du g'rain se trouvent des grains simples et des g'roupements de a à 1 1 g'rains ayant des formes polyédriques ou arrondies.

Le diamètre des grains d'amidon de maïs varie entre o mm. 0072 et o mm. o325, les g'rains les plus fréquents ont de o mm.oi5 à o mm. 020. Les grains d'amidon frais présentent un hile net très visible, mais qui dans les grains secs est remplacé par une cavité pleine d'air d'où partent des fissures radiales. On ne voit généralement pas de stratification» mais

SOUS Taction de l'acide chromique il apparaît anecoache circulaire (rarement 2 ou 3).

Les autres sortes d'amidon ont aussi peu d'intérêt au point de vue technique que les amidons coloniaux dont beaucoup ont cependant un ^rain caractéristique mais qui g'énéralement ne sont employés que pour l'alimentation (certains jouissent de la réputation tout à fait imméritée d'être très nutritifs et d'une dig'estiou facile) de sorte que pour la recherche des falsifications on ne peut que renvoyer aux livres spéciaux concernaot les produits alimentaires (Kœnig, etc.).

Résidus, — Les résidus de la fabrication de la fécule ou de Tamidon sont de deux sortes : les résidus proprement dits, qui constituent une matière très précieuse pour la nourriture du bétail, et les eaux de lavage, qui, lorsque la fabrication a lieu dans une exploitation agricole peuvent être employées pour la fertilisation des prairies, mais qui le plus souvent sont évacuées sans être utilisées.

Les eaux de lavage qui, outre les éléments solubles des matières premières employées, contiennent de l'amidon entraîné mécaniquement, ne sont pas généralement essayées ; cependant si Ton veut déterminer approximativement leur teneur en matière amylacée, qui offre seule quelque intérêt on emploie la ^méthode consistant k transformer l'amidon au moyen de l'extrait de malt (page 4iO-

Les résidus utilisables de la fabrication varient beaucoup de composition suivant la matière première employée ou la méthode suivie pour l'extraction. La drèche (résidu de la fabrication de la fécule de pomme de terre) contient environ 880/0 d'eau, o,5 à 0,60/0 de cellulose, 0,7 à 1,3 0/0 de matières albuminoïdes, 7 à 10 0/0 de fécule et o,4 à 0,8 0/0 de cendres. Les résidus de la fabrication de l'amidon de blé se composent de gluten, d'amidon, et des enveloppes du grain. Dans les fabriques qui peuvent les utiliser directement pour l'agriculture on ne fait pas d'analyses régulières; une détermination de l'amidon ne peut offrir de l'intérêt que dans quelques cas isolés, et elle n'est facile à exécuter que par l'un des procédés indiqués précédemment.

Analyse de la pulpe et de la drèche. — La pulpe et la drèche sont fréquemment soumis à l'analyse car pour le rendement d'une amidonnerie il est important d'en extraire l'amidon ou la fécule qu'ils contiennent. Le lavage aussi bien que la finesse du broyage jouent un grand rôle dans cette extraction, et la détermination de l'amidon ou delà fécule enlevée par lavage et celle de l'amidon ou de la fécule retenus permettent de se rendre compte de la valeur des appareils de lavage et de broyage.

Détermination de la fécale pouvant être enlevée par lavage *. — On prend i.ooo gr. de drèche très humide ou 5oo gr. de drèche desséchée et on les lave d'abord sur un tamis de crin grossier en plongeant ce tamis dans une capsule remplie à moitié d'eau, de façon k ce que la toile plonge dans le liquide. On prend alors une poignée de la drèche pesée on

* Saare, Fabrikation der Kartoffelstœrhe, Berlin 1897, p. 5 16.

AMIDON, OBXTniNE, GLUCOSE 433

l'agite soig'Qeusemeot sous l'eau au-dessus du tamis ; on sort ce dernier, on le laisse égpoutter, on l'imnierg'e à nouveau, on agite sous l'eau, on presse sur le tamis la drèche restante et on la rassemble. Si la drêche est très riche en fécule extractible ou si l'on a de la pulpe à laver, il faut recommencer le lavage du produit de la même façon dans de Teau pure.

Toutes les eaux de lavage sont réunies et passées à travers un tamis de soie n* i5, le résidu est lavé puis joint à celui qui était resté sous le gros tamis.

On exprime alors la pulpe dans un morceau de soie n^ i5 et on sèche. On laisse reposer le liquide qui avait passé à travers le tamis, on décante et la fécule déposée dans le fond est transvasée dans un vase plat où on la laisse déposer. On décante l'eau et on filtre le dépôt. La pulpe séchée h Tair, complètement lavée, est chauffée à io5® pour doser l'eau ; on dose ëg'alement Teau dans la fécule humide obtenue par le lavage en la séchant à 120** et d'après la quantité de substance sèche contenue dans la pulpe lavée et le poids de fécule sèche, on détermine la quantité de fécule sèche pouvant être extraite par lavage. Si la fécule contient encore beaucoup de fibres fines il faut les déduire après les avoir dosées par saccharification de la fécule et pesée du résidu séché.

Détermination de la Jécale retenue \ — On effectue sur 3 gr. de drèche complètement lavée et séchée à Tair un dosage de fécule par le procédé de Rbinkb ou la méthode diastasique deMifSRCKBR.

DEXTRINE

Dans les fabriques de dextrine où on fait généralement en même temps de la fécule ou de Famidon, la matière première et le produit manufacturé sont constamment soumis à l'analyse.

Lfa fabrication est réglée d'après les renseignements fournis par la pratique.

Généralités

Matières premières. — Les principales matières premières de la fabrication de la dextrine sont la fécule de pomme de terre et les amidons de blé et de maïs. Leur essai comporte la détermination de la nature (amidon de maïs, de blé, de fécule, etc.) de la qualité (i^f choix, 2» choix, etc.), de la pureté (détermination des résidus de cellules, des particules de gluten, etc ), de la teneur en cendres, en acides et en eau, et

« Saare, Fabrikation der Kastoffelitœrke.

éveotuellemeat la détermination du |i^oût et de Todeur. Les matières premières accessoires employées dans la fabrication de la dextrine sont des acides dilués : acides azotique, chlorhydrique, plus rarement sulfureux, sulfurique, oxalique, lactique, etc., dont la pureté est essayée qualitativement.

Fabrication, — Le contrôle doit s'étendre à toutes les phases de la fabrication : il faut notamment contrôler la dessiccation préable et Tacidification convenable de Tamidon ou fécule, suivre le cours de la transformation en dextrine et contrôler le refroidissement méthodique, le brojage et le tamisage du produit ; il faut de plus contrôler la consommation des matières premières accessoires et du combustible, la durée de grillade et la température, et enfin déterminer le rendement.

Produit. — Dans les fabriques, on essaie régulièrement le produit, afin de déterminer sa valeur commerciale, car les différentes dextrines du commerce ont une composition extrêmement variable. L'analyse proprement dite comprend les déterminations suivantes* :

Détermination de la teneur en eau, de Tacidité, des cendres, du sable, des quantités solubles et insolubles dans Teau froide, de la partie soluble et insoluble dans l'eau chaude, de la teneur en dextrine pure, de la teneur en amidon soluble et en sucre, réaction avec l'iode, détermination de la consistance et de la faculté de conservation de la solution épaisse, détermination de la viscosité.

En outre, dans des cas spéciaux, on détermine encore la teneur en chlore, en amidon non transformé, en gluten et on procède à la détermination de la valeur du produit par des essais d'impression.

Matières premières

Fécule^ amidon de blé, amidon de mais Pour les essais voir Amidon et Fécule.

Matières premières accessoires

Les acides étendus, comme les acides azotique, sulfuriquo, chlorhydriquc et oxalique, doivent être essayés qualitativement et quantitativement si leur valeur commerciale est en jeu (voir les chapitres où il est question de ces acides). Il ne faut pas oublier que les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique doivent être exempts d'arsenic et il faut rechercher le chlore libre dans les acides chlorhydrique et azotique.

1 Zeitschr. f. Spiritasindustrie, igoa, n<» 22 à ag (Lippma.nn, Die Bearieilung und Unlersuchang des Dextrines des /lande Is).

AMIDON, DEXTniNB, GLUCOSE

Fabrication

La dextrine est obtenue de deux façons différentes: par simple grillage de l'amidon sans aucune addition, ou par chauffage de Tamidon avec de faibles quantités d'acides.

Lorsque la dextrine est obtenue par grillage, il est important de contrôler la température de l'opération, température qui ne doit jamais dépasser 220® G.

Des indications sur la marche de la transformation seront données par la couleur du produit, par le degré de solubilité dans Teau et par la réaction fournie par l'iode (iode et iodure de potassium dissous dans une quantité d'eau telle que la solution offre une coloration brun clair). Tant qu'il se produit une coloration bleue, il y a encore de l'amidon non décomposé; une coloration rouge brunâtre claire indique que la transformation est suffisante. L'emploi de la réaction donnée par l'iode a été perfectionnée par Saare.

Comme la détermination de la fin de la transformation dans le cas du procédé par grillage est trop compliquée et trop longue pour les dextrines qui ne sont pas complètement solubles dans l'eau froide à cause de la détermination de la teneur en insolubles, Saare \ pour pouvoir contrôler la fin du grillage pendant l'opération elle-même, a imaginé la méthode suivante qui permet d'arriver facilement à ce résultat :

On pèse dans une main ogr. i du produit à essayer, puis on le verse dans un vase jaugé à loo cm', on ajoute environ 5 cm' d'eau, on dissout en faisant bouillir et on étend à loo cm' avec de l'eau froide. On fait alors tomber dans le vase une goutte de solution d'iode décinormale (lorsqu'on doit comparer une série d'échantillons on les transvase dans des éprouvettes) et on observe la coloration de la goutte qui tombe, puis on agite et on observe de même la coloration obtenue. Dans le cas d'échantillons qui, pendant le grillage, avaient été prélevés à des intervalles réguliers, on a obtenu les résultats suivants :

Matières solubles

Goutte tombante

Après ag^itation

sur loo p.

de dextrine

sèche

bleu

bleu

bleu clair

bleu-violet

violet

violet

violet-rouge

presque vio

let

rouge-brun

incolore

de dextrines les tons sont différents et le fabricant doit les déterminer pour chaque cas particulier et suivant son mode de travail.

Si l'on verse plusieurs gouttes de solution d'iode, les couleurs changent un peu et le n^ 6 est alors d'un rouge vineux. Pour différentes sortes

i ZeiUchr. f. Spirilaêindustrie, 1900, n* 7.

Dans la fabrication de la dextrine par les acides, il faut remarquer qu il suffit de quantités minimes d'acides pour transformer Tamidon ; pour 100 kgr. d'amidon ou de fécule séchés à Tair, on emploie lo litres d'eau et 200 cm' d'acide azotique concentré (densité i,36) ou 3oocm' d'acide chlorhvdrique (densité 1,17). En employant ces quantités d'acides, la formation de sucre (maltose, dextrose) n'est que de 2 à 5 0/0. L'amidon intimement mélangé à l'eau acidulée est chauffé à 5o<* C. pour le dessécher, puis chauffé au maximum à i4o^G. La température et la durée de l'opération dépend des propriétés que le produit doit avoir au point de vue solubilité et couleur.

Dextrine. — On rencontre, dans le commerce, des variétés de dextrines très différentes. Cette différence qui existe dans les dextrines commerciales provient de la nature des matières premières (fécule, amidon de blé, amidon de maïs, etc.) et de leur qualité (i®'* choix, etc.), et d'un autre côté, de la couleur du produit (blanc, blond, jaune, brun, etc.), de sa teneur en acide, de sa plus ou moins g*rande solubilité dans l'eau, de la consistance à Tétat de solution épaisse, etc.

Les principales dextrines du commerce sont :

Dextrine, dextringummi, starkegpummi^ krafthummi, gommeline, gomme factice, colle en poudre, gomme artificielle, gomme d'apprêt (pour les dextrines de fécule préparées par les acides).

Rœstgummi, leiogomme. leiocome, pyrodextrine, pjrogome (pour les dextrines de fécule préparées sans acide).

Amidine, amidon grillé, amidon brillé, gomme ceriale, adragantine, adrugantine, gomme d'Alsace (pour les dextrines fabriquées au moyen de l'amidon de blé).

British gum, American gum, Irish gum (pour les dextrines fabriquées au moyen de l'amidon de maïs).

On distingue dans le commerce la dextrine en poudre, en grains et la dextrine liquide. Les dextrines en poudre présentent la structure du graia d'amidon ou de fécule sans modification, les dextrines en grains ont une structure amorphe et sont généralement en fragments plus ou moins gros semblables à la gomme arabique qu'elles servent principalement à remplacer. Elles sont en général faiblement acides et sont obtenues soit en partant de dextrine en poudre, traitée d'une façon spéciale, soit aussi directement en partant de l'amidon. Les dextrines liquides sont généralement livrées dans le commerce à l'état de sirop épais, opaque ejt d*uQ blanc laiteux. Sa fabrication est analogue à celle du sirop d'amidon.

Les dextrines sont rarement pures, elles contiennent à côté de la dextrine (qui d'ailleurs n'est pas un composé unique mais un mélange de différentes dextrines : Achroodextrine, Erythrodextrine, etc.), de la fécule ou de l'amidon, des sucres, souvent aussi du sable, du plâtre, du sulfate de baryte, etc., ajoutés intentionnellement ainsi que des substances intro-

AMIDON, DBXTRINB, GLUCOSE 437

daites par le procédé de fabrication, telles que des acides minéraux et org'aniques. La proportion de ces diverses matières est extrêmement variable.

Dosage de la dextrine, — Le procédé de Roussin est basé sur l'insolubilité de la dextrine pure dans Talcool concentré et sur sa solubilité dans Talcool étendu. La solution aqueuse d*une quantité pesée de dextrine commerciale est évaporée jusqu'à consistance sirupeuse, puis mélang'ée avec dix volumes d'alcool à go^ ; la dextrine précipitée est lavée avec de Talcool de môme concentration, puis desséchée et pesée. Du produit ainsi obtenu on dissout i gv. dans locm* d*eau et à cette solution on ajoute 3o cm' d'alcool à 56 o/o, 4 gouttes d'une solution de perchlorure de fer à 36 0/0 et quelques décigrammes de craie en poudre (afin de précipiter la g'omme qui peut se trouver présente et qui s'est combinée avec le sexquiox^de de fer hydraté). On agite le tout convenablement, on filtre et on lave le résidu sur le filtre avec de Talcool à 56 0/0. Dans le liquide filtré, on précipite de nouveau la dextrine avec de Talcool à 95 0/0. Au bout de vingt-quatre heures, on peut décanter Talcool, dissoudre le précipité dans uD peu d'eau et évaporer à siccité dans une petite capsule tarée. A l'aide des nombres trouvés, il est facile de calculer la teneur centésimale en dextrine du produit essayé.

Teneur en eau de la dextrine commerciale. — Pour cette détermination, on chauffe au bain d'huile 2 à 3 gr. de dextrine, placés dans un tube en U, jusqu'à poids constant. On accélère la dessiccation complète de la dextrine en faisant passer à travers le tube un courant d'air desséché sur de l'acide sulfurique. La perte de poids représente la teneur en eau.

Cette méthode n'est pas absolument irréprochable, car d'un côté la température de 1 10^ est telle qu'on ne peut éviter une coloration plus forte et une décomposition sensible de la dextrine et de l'autre côté on ne peut arriver à une dessiccation de la dextrine jusqu'à poids constant à cause des modifications subies par la dextrine pendant la dessiccation, celle-ci n'est pas autre chose en effet qu'une continuation du mode de fabrication ; de plus le passage d'un courant d'air sec est assez compliqué.

Saarr^ a indiqué un procédé plus simple qui donne des résultats absolument satisfaisants : on sèche 10 gr. de dextrine à io5oC. pendant quatre heures, la différence multipliée par 10 donne la teneur en eau.

D'après Hefelmann et Schhitz-Dumont* on pèse 2 gr. de dextrine dans une petite capsule de porcelaine garnie de sable calciné et d'une baguette de verre ; on dissout aloi's la dextrine dans un peu d'eau, on évapore à siccité au bainmarie et le résidu est séché à lod'^C. pendant quatre heures.

Détermination des éléments solubles et insolubles, — On dissout 5o gr. de dextrine séchée à l'air dans 5oocm' d'eau distillée, on filtre puis on dessèche à 1 10® une partie du liquide filtré dans un tube chauffé au bain-

« Kalenderfûr die landw. Gewerbe, Brennerei, Presshefe, Essig and Siferkefabrikaiion fur das Jahr 1905.

« Zeit$chr.f, œffeniL Chenue, 1898, n» XIII.

marie en faisant passer à travers le tube un courant d'air desséché sur de Tacide sulfurique. Le poids du résidu complètement sec donne la somme des substances qui se trouvaient en solution.

D'après Saare * on traite Sog'r. dedextrine par 3oo cm' d'eau à 17*5 en agitant jusqu'à disparition des gprumeaux, on filtre et après les avoir pesés, on dessèche 5 cm' du filtrat pendant quatre heures à io5o ; on pèse à nouveau et on en déduit la teneur en substance sèche contenue dans looji^r. de liquide.

Hefelmann et ScHMiTz-DuMONT * emploient la méthode suivante : On dissout 5g^r. de dextrine avec de Teau froide dans une fiole de aSocm* et on remplit jusqu'au trait; on en prélève 100 cm' avec une pipette et on les introduit dans une fiole de iiocm', on ajoute 7 cm' d'éther, on bouche la fiole et on agite bien. L*amidon se rassemble à Tétat de précipité floconneux tandis que toute la dextrine reste en solution. Après un court repos on filtre sur un filtre à plis couvert, on évapore 5o cm' de filtrat (correspondant à ogr. 94^ de dextrine) au bain-marie dans une capsule garnie de sable et on sèche le résidu pendant quatre heures à io5*C. L'augmentation de poids de la capsule donne les matières solubles.

F. LipPMANN ' indique le procédé suivant qui ne doit être employé que lorsqu'on ne désire que des résultats approchés et convient aussi pour le contrôle de la fabrication : On dissout en agitant 20 gr. de dextrine dans aoocm' d'eau et on filtre sur un filtre sec. Le filtrat est essayé au saccharomètre de Balling. Le degré saccharométrique multiplié par dix donne la teneur centésimale approximative en matières solubles dans l'eau froide.

Les substances insolubles sont recueillies sur un filtre taré séché à loo** C, lavées avec de l'eau distillée jusqu'à ce qu'une goutte du liquide filtré et évaporé sur une lame de platine ne laisse plus de résidu ; on en détermine le poids après dessiccation à ioo<> C.

La détermination des éléments solubles et insolubles dans l'eau chaude est effectuée d'une façon analogue à celles des éléments solubles et insolubles dans l'eau froide, mais au lieu d'agiter la dextrine dans l'eau froide on la fait bouillir avec l'eau. L insoluble se compose de l'amidon et des éléments minéraux. Pour déterminer la quantité de ces derniers on peut incinérer une partie des substances insolubles et analyser les cendres d'après les méthodes analytiques ordinaires. Pour doser l'amidon il faudrait traiter les insolubles par l'acide sulfurique ou l'infusion de malt d'après Behrend, >f^RCKER cIMorgen et ensuite déterminer la quantité de sucre formé au moyen de la liqueur de Fehling (voir page 25 1). Dans la partie soluble on peut aussi doser le sucre qui comme on l'a mentionné plus haut se compose de maltose ou de dextose.

Le réactif de Barfoed permet de distinguer ces deux sucres, il se com-

• Kalenderfûr die landw. Getverbe, Brennerei, Preashe/e, Essig and Stserkejabrikation fur das Jahr 1906.

* Zeitschr.fûr œjfenll. Chemie, 1898, nOXIII.

' Zeilschr. /. Spiritindastrie, 1902, n« 22 bis 29.

AMIDON, DBXTRINB. GLUCOSE 439

pose d'une solatîon de i3 gr. 3 d*acétate de cuivre neutre et de 5 cm' d'acide acétique à 35o/o dans 200 cm' d'eau. Avec ce réactif les moindres quantités de dextrose donnent immédiatement à chaud, et au bout de peu de tempsà froid une précipitation de protoxjde rou^ede cuivre tandis que d'après M^ercker seules les solutions concentrées de maltose peuvent donner une réduction faible et lente de la liqueur de cuivre. Le dosag'c du maltose s'effectue au moyen de la liqueur de Fehling (voir glucose). A ce sujet il faut veiller à ce que la solution ne contienne pas plus de I 0/0 de maltose, à ce que la solution concentrée de Fehling soit en excès et à ce que le liquide (d'après Soxhlet) soit maintenu 4 minutes en pleine ébuUition ^ Le dextrose qui peut exister est dosé en même temps et calculé comme maltose.

La séparation du maltose, du dextrose et de la dextrine au moyen de l'alcool absolu n'est pas absolument sûre car les dextrines qui se rapprochent du maltose ne se dissolvent pas sensiblement dans l'alcool. Au sujet de la méthode de séparation recommandée par Lieben et Soxhlet nous renvoyons au travail orig'inal * .

Hefelmann et Schmitz-Dumont indiquent le procédé suivant pour le dosag^e du sucre dans la dextrine : 26 cm' de la solution aqueuse éthérée (voir le dosage des éléments solubles dans l'eau froide) sont traités d'après la méthode d'ALLiHN ; l'oxydule de cuivre précipité est rassemblé par filtration dans un creuset de Goocu et transformé par simple calcination sur le brûleur Téclu en oxyde de cuivre. On calcule ensuite en maltose.

[Méthode de H. Pbllet. — Dosage de la dextrine en présence d'amidon ou de principes réducteurs et de sucre cristallisable.

L'auteur a reconnu que la dextrine n'était pas sensiblement attaquée par l'acide chlorhydrique à 10 0/0 dans les conditions où se fait l'inversion dite Glerget.

Par conséquent si l'on a un mélange :

i^ D'amidon ;

2* De dextrine ;

3* De réducteurs divers ;

4® De sucre cristallisable, le dosage et la séparation de chacun de ces éléments est facile.

Voici comment l'on devra opérer :

1* Séparer l'amidon des produits solubles par un simple lavage à l'eau froide ;

2® Dans le liquide doser directement la matière réductrice totale préexistante ;

■ D'après les recherches deRuiiPF et HcinzBRLiNG il n'y a pas à craindre la transformation de quantités dosables de dextrine en sucre pendant les 4 minutes d'ébullition. L'auteur est é(^alement de cet avis, mais il ne partage pas ^l'opinion de Bo:vDON!TEAU et LAuann d'après laquelle une ébullition d'un quart d'heure même serait sans influence sur le résultat,^car les dextrines inférieures qui se rapprochent du maltose réduisent sensiblement la liqueur de Fehling.

* Zeilschr. d. Vereins,/. Rubensuckerindusirie, 34-837. — Stammer, Jakresber, /". Zttckerfabrikatùmt i884> ^45.

3* Polariser le liquide et sur 5o cm* de liquear faire l'inversion Clbbgbt. Polariser et calculer le sacre cristallisable. Vérifier ce dosage optique par le dosage chimique au moyen de la liqueur cuivrique. Du réducteur total trouvé déduire le réducteur préexistant ; la différence transformée en sucre cristallisable doit sensiblement concorder avec le chiffre obtenu par Tin version optique ;

4* A 5o cm* de liquide ajouter la valeur de 2 cm* 5 d'acide sulfuriqae, mettre au bain-marie bouillant durant 3 heures et doser le réducteur total, déduire le réducteur dosé après inversion optique, la différence représente la dextrine ;

5* Sur la matière même on peut doser les réducteurs totaux après inversion sulfurique totale et l'on a ainsi, par différence, l'amidon ou la fécule. On peut enfin doser l'amidon directement sur le résidu insoluble dans leau en utilisant les procédés ordinaires indiqués pour la solubilisation de Tamidon ou de la fécule en se servant du polarimétre.

Il est également recommandé de polariser tous les liquides après chaque inversion ce qui permet encore une vérification des résultats par la polarisation des produits formés.

Il est certain que dans un mélange ci-dessus la polarisation directe indique :

A droite : le sucre cristallisable ; la dextrine ; le dextrose du sucre inverti.

A gauche : le lévulose du sucre inverti.

Après rînversion optique Clbbgbt on a :

La polarisation droite de la dextrine ;

La polarisation droite du dextrose des réducteurs ;

La polarisation gauche du lévulose de tous les réducteurs.

Enfin près Tinversion sulfurique totale on a la polarisation droite de tous les dextroses des réducteurs et la polarisation gauche de tous les réducteurs.

On doit admettre pour les polarisations :

Le sucre cristallisable étant 4- loo ; 1^ Dextrose + 79» 3 ;

2^ Dextrine + 335].

Dosage de V amidon soluble. — La quantité d*amidon soluble peut être déterminée d'après la différence qui existe entre les éléments solublesdaas Teau froide et les éléments soiubles dans Teau chaude.

Si Tamidon soluble doit être dosé directement on transforme en sucre Tamidon soluble contenu dans le résidu insoluble dans l'eau froide ;oa dose le sucre obtenu et on le transforme en amidon en le multipliant par 0,9.

Acidité des dextrines commerciales. — On titre une solution à 5 ou 10 0/0 de 100 gr. de dextrine avec de la lessive de potasse normale. L'acidité est exprimée par le nombre de centimètres cubes employés; elle varie de 2 à 4 cm3 8 pour 100 gr. de dextrine et ne doit pas dépasser 5cm'.

AMIDON, DEXT RINB, GLUCOSB 441

Dosage des cendres et du sable. — On incinère lo gr. de dextrine dans une capsule de platine ; les dernières traces de carbone sont brûlées si c'est nécessaire en humectant avec du nitrate d'ammoniaque et en calcinant à nouveau. La teneur en sable est déterminée en faisant bouillir ïoogr, de dextrine avec de l'eau dans un gobelet de verre. Après dissolution complète de la dextrine on laisse reposer le liquide et le sable se dépose. La solution de dextrine est décantée avec précaution, le sable est lavé plusieurs fois à l'eau distillée et finalement introduit dans une capsule de platine, séché et calciné. Le sable peut être également obtenu en dissolvant les cendres dans Tacide chlorhydrique. Les dextrines de premier choix ne doivent pas contenir plus de o,5 o/o de cendres (sable compris) et la proportion de sable ne doit pas être supérieure à 0,2 0/0.

Détermination de la consistance et de la faculté de conservation de la solution épaisse, — D'après Lippmann^ pour identifier deux échantillons de dextrine il faut effectuer ces déterminations de la façon suivante :

On pèse 3o gr. de chacun des échantillons à comparer ou à identifier et on les fait bouillir avec 3o cm' d'eau dans une capsule de porcelaine chauffée à feu nu (sur le gaz ou l'alcool), en remuant continuellement jusqu'à ce que Ton ait obtenu une homogénéité complète. On laisse refroidir les solutions et on les compare au point de vue de leur consistance, de leur adhérence à une baguette de bois et de leurs autres propriétés physiques.

Pour comparer la faculté de conservation on abandonne les solutions obtenues pendant plusieurs jours à l'air, ce dernier étant aussi exempt que possible de germes. Tandis que beaucoup de dextrines sèchent rapidement en présentant des fissures à la surface et perdent déjà au bout de peu de temps leur élasticité et leur faculté de donner des filaments, d'autres restent plusieurs jours sans se modifier. Pour les apprêts on donnera la préférence aux dextrines dont une solution épaisse conserve le mieux son élasticité.

Détermination de la viscosité. — On détermine également la viscosité pour comparer ou identifier deux échantillons de dextrine et d'après LiPPMANN on opère de la façon suivante *. On délaie en agitant 10 gr. de dextrine avec 5o gr. d'eau jusqu'à dissolution des éléments solubles, on filtre sur un filtre sec et le filtrat ou une fraction du filtrat est essayé au viscosi mètre.

On opère d'une façon analogue pour déterminer la viscosité de la solution aqueuse chaude en opérant par ébullition jusqu'à dissolution complète pour remplacer l'agitation. Le viscosimètre d'ËNCLER généralement employé pour déterminer la viscosité des huiles de graissage peut être employé directement pour la détermination de la viscosité de la dextrine.

La détermination de la viscosité a une importance spéciale dans le cas

• ZeiUchrift fur SpiriiasindastrU, 1902, n»» aa à 39.

* ZeiUchrift Jàr Spirilusindastrie, 190a, n©» aa à 39.

J. PosT. — Analyse chimiqae, a» édit. fr., t. II. 39

des dextrines colorées qui dans la plupart des cas sont presque complètement solubles aussi bien dans Teau chaude que dans Teau froide; or la détermination de la solubilité qui est, indépendamment de la comparaison des caractères extérieurs, le mode de distinction le plus important, ne permet pas dans ce cas une différenciation suffisante, quoique les dextrines colorées présentent égcalement des difTérences notables dans la façon dont elles se comportent dans les emplois industriels. Dans le cas de dextrines colorées de même apparence la comparaison des viscosités pourra fournir de bonsrenseigpnements.

Recherche du chlore. — La présence de chlore libre ou diacides oxyg'énés du chlore rend la dextrine inutilisable dans certains cas. Il suffit d'une recherche qualitative qu*on effectue suivant les méthodes usuelles.

Dosage de r amidon non transformé , — Une dextrine ne doit pas contenir d'amidon non transformé. S'il en existe c'est qu'il a été ajouté intentionnellement ou qu'il est dû à une mauvaise marche de la fabrication.

Pour rechercher l'amidon non transformé on fait bouillir une certaine quantité du produit et l'empois qui se forme décèle la présence d'amidon non transformé. On peut encore traiter Téchantillon par une lessive de soude ou de potasse pas trop étendue ; tandis que la dextrine et l'amidon soluble se dissolvent en donnant une solution claire, l'amidon non transformé donne un empois visqueux. Les dextrines contenant de Tamidon donnent *avec l'iode une coloration allant du bleu au bleu noir.

Détermination de la teneur en gluten, — Les dextrines préparées à l'aide d'amidon de blé présentent une teneur notable en g'iuten lors* qu'elles ont été fabriquées avec des produits inférieurs de la fabrication de l'amidon de blé. Le gluten brûle pendant le grillagée, il devient dur et rend la dextrine inutilisable pour certains emplois. Brenner^ recommande le procédé suivant : On délaie une partie de dextrine avec une partie d'eau à Go^G et on mélangée la solution obtenue avec cinq parties d'eau à la môme température. On laisse reposer 24 heures pendant lesquelles le g-luten brûlé, sans se dissoudre et sans épaissir le liquide, g^onfle et se dépose.

Plus une dextrine contient de gfluten brûlé moins elle convient comme épaississant.

Dans la pratique on détermine souvent la qualité de la dextrine en effectuant simplement un essai d'impression.

LiPPMANN* indique le procédé ancien suivant :

I. Avec la couleur suivante passée au tamis de soie, on imprime un tissu tout en laine, on le vaporise et on le lave :

1 litre de décoction de cochenille ammoniacale (préparée avec 3o gr. de cochenille par litre d'eau) ; 24 gr. d'alun en poudre, 16 g'r. d'acide oxalique et 376 g-r. de dextrine en poudre.

* MuspHATT ; Die Chimie und ihre Anwendang, III. p. 332.

* Dingl. polylech, Journ., 1 46-368.

AMIDON, DBXTRINB, GLUCOSE

Si la couleur vaporisée est d'un beau rose tendre, sans aucun ton jaune la dextrine est bonne.

Eléments solublcs

Résidu

Désignation

dans l'eau froide

insoluble

'iS

des dextrines

Autres substanc organiques

Substance minérale

Sable et impuretés

TS

9 mm

Couleur

Page 1