‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 49 sur 150 · Albumine. — Méthode de Kjbldhai · texte numérisé non relu

Albumine. — Méthode de Kjbldhai

On divise très finement ao à Sogr. d'orge, et on en mélange 1 à a gr. dans un balloa avec ao cm' d'acide sulfurique coocenlré (ou d'acide phosphosulfurique : aoo gr. P'O^ dissous dans un litre SO'H' conceotré). On ajoute alors une pincèi- d'oxyde de cuivre, quelques gouttes de solution de chlorure de platine et on chauffe jusqu'à décoloration complète sar une petite ''S- "^- — P'rinoiomes flamme de gaz. Récemment on a recommandé d'emploTcr i gr. de mercure et i5 gr. de sslfate ie potassium pour obtenir nne transformation rapide. Après refroidissement on ajoute de l'eau avec précaurioa pour faire eavtron aoo à 3oo cm*. Cette solution

Pig. 316. — Pariaoloinc de Grobecker.

diluée est additionnée de 80 à 100 cm* de lessive de soude 'àllao 0/0, de quelques graias de zinc, de quelques fragments de pierre ponce (pour éviter tes soubresauts du liquide) ei distillée. L'ammoniaque dégagée est recueillie dans 10 cm' d'acide sulfurique normal, ou mieux dans la

' Zeittekr.f. angem. Cktm., itigi, p. 303. ' ZtitKhr.J. d. ge*. Brauwtten, i{|05, p. tS3.

508 CHAPITRE xxv

quantité correspondante d'acide sulfurique i /a ou i/5 normal . La quantité d'ammoniaque esl déterminée par titrage de l'acide sulfurique au moyen de soude décinormale. Comme indicateur, il est préférable d'employer l'acide rosolique, le tournesol ou la teinture de cochenille de préférence à la phtaléiae. L'ammoniaque est transformée en azote par le calcul. L'azote est exprimé lui-même en albumine en le multipliant par 6,95.

{Méthode à la chaux sodée de Will et Warentrai-p. — Cette méthode donne des résultats très concordants et dans un espace de temps relativement trt's court; on peut effectuer le dosage en une demi-heure. Le tube en fer de Houzeau chaulfé suit à la g:rille â gaz, soit à la grille au cliarbon, constitue l'appareil le plus commode.

Le principe de la méthode consiste dans la transformation de la matière organique en azote ammoniaciil en présence du la chau.x sodée à chaud.

l-'ig. «7. — Gcrmoir d'Aiiliry.

Le tube est rempli au moyen d'un entonnoir muni d'une douille larRO et courte comme il est indiqué dans le schéma ' ci-joint (fig. 329). On introduit dans le tube à boules locm' d'acide sulfurique normal, légèrement coloré par de l'héliantine, on raccorde les deux tubes et chauffe progressivement de G vers A de telle sorte que le dégagement de gaz ne soit pas trop rapide. Lorsqu'il est terminé on enlève le réfrigérant R et on continue le chautTage pendant quelques instants pour volatiliser les pro-

I [Pour délerminer racllerncnt fa lonRueur des difForenles couches de mili^rKS introduites dans le liibe. i\ sufiil d'avoir une baguette sur laqueJle on marque Us longueurs en qutsiion à la suite l'une de l'autre; on l'introduil à différentes repri-

BIBBB 509

(luiU qui auraieot pu se comjenser vers l'cxtrémilé B du tubu. Ou ealèvo le tulie à boules, ou traosvase le liquide dans une fiole et od tilrc^avec de la soude décinormale.

Les analyses précédentes, soit par la mMhode de Kjbldahl, soit par la méthode de WiLL et Warentrapp, donDeoI l'azote total dont on déduit l'albumine par calcul. Il est bon néanmoins de distinj^urr les matières azotées insolubles et les matières azotées solubles, parmi eus dernières on peut encore rechercher les proportions de matières azotées solubles coagulables et de matières azotées solubles non coa^uleblos.

Matière» azotées solubles totales. — Au moyun d'uo agitateur mécanique, ailler pendant six heures dans une Hole quelconque aô gr. d'orge

très finement moulue avec i5o cm' d'eau et quelques gouttes de chloroforme. Au bout de ce temps, filtrer, Uver et compléter le filtrat à aSo cm' ; OD en prélève 100 cm' sur lesquels 011 dose l'azote.

Le résultat obtenu multiplié par 10 donne l'azole total soluhle pour 100 ^r. d'orge; on peut en déduire la proportion de matières azotée».

Matières azotées solubles non coagiilables. - On prélève 100 cm' du filtrat précédent qu'on introduit dans un ballon surmonté d'un réfrigérant à reflux et on porte àrébullltlon pendant 3o minutes; on filtre, on lave et on dose l'azote sur le filtrat. Le résultat olilcnu multiplié par to donne l'azote soluble non coa/^ulable.

Matières azotées solubles coagulables. — Elles sont égales à la difTérence entre les deux résultats précédents].

8. Poids des balles. Méthode de Lupf ^ — Chauffer un poids connm de grains (environ 5o gr.) dans une solution ammoniacale faiblement diluée» pendant une heure à 80® G. au bain-marie. Les balles se détachent facilement des grains et peuvent être déterminées quantitativement après dessiccation à 100* C. A la teneur en balle ainsi trouvée il faut ajouter 1/12 pour les pertes de poids moyennes pendant le chauffage.

9. Teneur en amidon, — Ce dosage s'effectue de la façon suivante. On introduit avec de l'eau, dans un flacon de 100 cm' muni d'un couvercle et spécialement destiné à cet usage, 3 gr. d'un échantillon moyen très finement pulvérisé. Le vase est alors placé dans un autoclave (fig. aSo) pendant 3 heures à une pression d'environ 3 atmosphères et son contenu filtré bouillant sur du coton de verre est reçu dans un flacon ou un ballon. Le résidu restant sur le coton et dans le vase est soigneusement lavé

Eau 1

Fig. 229. — Schéma du dispositif de WiJI et Warcntrapp.

A, a cm oxalate de chaux.

B, 5 cm chaux sodée concassée.

C, i5 cm chaux sodée et matière à analyser (le tout finement pulvérisé).

D, 4 cm chaux sodée en poudre ayant servi au nettoyage (à sec) du mortier

dans lequel on a fait le mélanfçe précédent.

E, 10 cm chaux sodée en petits fragments.

F, 4 cm amiante ou laine de verre.

G, 10 cm.

à l'eau chaude jusqu'à ce que Ton ait 200 cm^. On ajoute alors 20 cm* d*acide chlorhydrique de densité 1,1 25 et on chauffe 3 heures au bainmarie dans un vase couvert. Après refroidissement, ajouter une quantité suffisante de lessive de soude pour que le liquide n'ait plus qu'une faible réaction acide. On complète à 5oo cm' et on emploie 25 cm' pour doser le dextrose fourni par la transformation de l'amidon. Le dextrose est dosé par la liqueur de Fehiing. Dans les tables de Wein* on trouvera la quantité d'amidon correspondant au dextrose trouvé et on la rapportera à la quantité d'orge employée.

[Il y a de nombreuses méthodes pour le dosage de lamidon dans les céréales; on en trouvera la description dans le chapitre XXIV (tome Ht fascicule II)].

* Zeitschr,/, d. ffes. Brauweseiij 1898, p. 485.

* Tabellen sur quantUativen Bestimmung der Zuckerarten-Waag , , Stuttgart, Zeits, f, d. ffes. Brauwesen, 1906, p. 96.

Bi&ai 511

10. Teneur en exlrail. — La méthode la plus rapide est celle de Ghaf '. On empâte a5 gr. d'orge fincmeat beoyé et a5 cm' d'iafusioo de malt (malt clair, ji^rossièreineat moulu, a^ilé avec 5 parties d'eau et filtré au bout de deux heures); ou laisse ce mélaage i-eposcr pendant i5 heures. Ensuite on chaulîe lentement jusqu'à l'ébullition que l'on maintient 5 à 10 minutes.

On refroidit alors à 5o° C. on ojoute de nouveau 73 cm* d'infusion de malt et on monte en 35 minutes à 75" C. A r«ttc température la saccharification se produit. On continue comme pour l'analyse du malt en déduisant l'extrait de rinfusioii de malt. Méthodes analogues de Reicbard et

Pig. 33o. — -iulocUve pour te dosage de l'aiDiilon.

PuRNCKEH '. La méthode de Wehz et Si'o^holz ' donne des valeurs un peu plus élevées.

1 1 . Cendres. — ]0u carbonise IciitemenI 3 à 4 l^r. d'orge moulue dans une petite capsule de platine, puis lorsque la carbonisation A l'aide d'une petite flamme est terminée on incinère au rouge sombre. On pèse les cendres blanches ainsi obtenus.

la. Acide phosphorique. — On le dose dans les cendres. Pour être silr d'obtenir les ortho phosphates désirés il est bon avant l'incinération d'imbiber l'orge moulue avec un peu d'eau de baryte (Raumek *), La cendre

* Zeiltchr. f. d. get. Beaaweiea, igoG, p. iG. ' Ztiltchr. J. d. gei. Drauu-mit, igoi, p. 346. ' Zeiltchr./. d. gei. Braawesen. 1904, p. G. ' Fret. ZeiUchr., 18B1, XX, p. 370.

5i2 CHAPITRE XXV

obtenue est dissoute dans de Tacide azotique, évaporée et chauffée pour séparer la silice; cette manipulation est répétée une seconde fois mais sans chauffer le résidu sec. On dissout alors dans de l'acide azotique et de l'eau, on sépare la silice par filtration, on lave à l'eau chaude et on précipite l'acide phosphorique par le molybdate d'ammoniaque: l'acide phosphorique est dosé à l'état de pyrophosphate de mag'nésie.

i3. Essai de maltage. — Suivant l'importance de l'échantillon dont on dispose on effectue cet essai sur i kg>. à 2 kg. 5 par mouillag^e et maltag'c suivant la pratique industrielle, en se servant de vases appropriés. Pour plus de détails à ce sujet voir Romheld * et Lupf *.

Pendant le maltage on suit la g'ermination au point de vue de sa rég'ularité et de la non-g-ermination de certains grains Cet essai de maltage ne pourra pas toujours être effectué car il exig'e un échantillon assez important et de plus ne peut pas être terminé en moins de 10 à 1 1 jours.

Généralement aussi, les résultats, en ce qui concerne la désagrégation de l'amande (friabilité du malt) et le rendement en extrait, sont plus élevés que ceux obtenus en pratique.

i4. Estimai ion de l'orge d'après les résultais de V analyse mécanique et de Vanalyse chimique. — Il est bon d'exécuter avant tout un examen minutieux des grains pour en tirer quelques données très importantes sur l'estimation de l'orge. Une bonne orge présente une couleur jaune paille franche. La finesse des glumes ou balles et l'aspect plus ou moins frisé des germes ou radicelles offrent également pour le praticien exercé une grande importance.

De Tavis de différents techniciens, la déterminution du poids des glumes ne permet pas toujours de dire qu'une orge dont la halle est épaisse est moins bonne qu'une orge dont la balle est fine.

L*orge ne doit pas sentir le moisi, son odeur doit être celle de la paille fraîche.

La germination, suite d'une moisson trop humide, se reconnaît à des restes desséchés de radicules ; fréquemment les grains germes sont d'une couleur plus foncée. Les grains abîmés par le battage, les céréales étrangères, comme l'avoine, le seigle, ainsi que l'ivraie, les lentilles, le seigle ergoté seront comptés lors de la détermination du poids de i.ooo grains, car tous ces corps étrangers diminuent la valeur de Porge lorsqu'ils existent en trop forte quantité.

Le poids de l'hectolitre, le poids de 1.000 grains, le triage, donnent des indications sur la densité et la grosseur de l'orge. Les avis sont très partagés pour savoir si les orges qui, à ce point de vue, donnent des chiffres très élevés, sont réellement les meilleures dans la pratique pour la brasserie. On envisage fréquemment des chiffres moyens comme les plus avantageux.

' Zeiischr. /. rf, ges, Brauioeten, 1897, p. 893. * Zeitschr. f. d. ges. Brauwesen, 1898, p. 6.

Dièns 513

Le poids de l'hectolitre est considéré comme élevé entre 70 et 74 kg*., mojen de 66 à 70 kg. et faible au-dessous de 66 k^.

Le poids de 1.000 grains est très variable, suivant la contrée et l'année, il varie entre 35 et 5o gr.

Pour les orges impériales il peut aller jusqu'à 55 et 56 gr. Au sujet du triage on doit, d après Haase, obtenir pour une orge de brasserie moj'enne, 80 à 85 0/0 pour l'ensemble des lots I et II.

Au sujet de la contexture farineuse, il faut remarquer qu'avant tout le le plus important est la régularité des grains. Il faudra préférer une orge dont tous les grains sont demi-vitreux à une orge dont la moitié des grains sont complètement vitreux et l'autre moitié complètement farineux, car ce dernier état de chose nuirait beaucoup à la régularité de la trempe Si Téchantillon moyen se compose de grains trempés, presque tous les grains doivent être farineux. Au sujet de l'énergie germinative et du pouvoir germinatif, il faut remarquer que seule l'énergie germinative déterminée après trois jours a une réelle valeur pratique.

La proportion de grains germes doit être de 94 à 95 0/0.

La condition essentielle est que le grain soit rentré dans de bonnes conditions de maturité et de siccité, de façon qu'il se conserve bien en magasin.

La teneur en eau varie entre 12 et 18 0/0.

Une trop grande quantité d'eau diminue naturellement la valeur de l'orge pour l'acheteur. Haasb a démontré dernièrement l'importance considérable de la teneur en albumine pour l'estimation de l'orge et cet auteur pense que les orges riches en albumine donnent des malts pauvres en extrait; c'est là une opinion dont la justesse ne peut être contestée. La teneur en albumine rapportée à la substance sèche varie entre 8 et i4 0/0. Haasb estime que les orges contenant plus de 10 0/0 d'albumine sont défavorables, car elles donnent un mauvais rendement en malt. Le travail des orges riches en albumine peut en outre présenter fréquemment des difficultés ; on doit donc les éviter.

Le dosage de l'amidon donne aussi des indications sur le rendement probable en malt. Les bonnes orges en contiennent entre 68 et 70 0/0, rarement plus. Au lieu du dosage compliqué de Tamidon on effectue fréquemment aujourd'hui la détermination de l'extrait des orges.

Les cendres et l'acide phosphorique n'ont qu'une importance secondaire pour l'estimation. Rapportées à la substance sèche, les premières varient entre 2,3 et 3,2 0/0, le second entre 0,7 et 1,2 0/0. Ils deviennent plus importants lorsqu'il s'agit d'estimer la fumure à laquelle l'orge a été soumise.

J. PosT. — Analyse chimique, a» édit. fr., t. II. 34

Ki4

CHAPITRB XXV

Table donnant le poids de rhectolitre d*orgd par remploi de la balance

normale allemande

Poids trouvé

Poids de rhectolitre d'orge

Poids trouvé

Poids de l'hectolitre d'orge

en grammes

en kgr.

en grammes

en kgr.

Houblon

Le houblon est la matière première dont le laboratoire s'occupe le moins au point de vue de Tanalyse, car son estimation repose plutôt sur d'autres bases que Tanalj'sc chimique et biologique ; elle comporte surtout la connaissance exacte des houblons, connaissance qui nécessite une longue expérience pratique. Dans ce qui suit, on ne peut indiquer que les caractères les plus importants d'une estimation basée sur les caractères extérieurs, et décrire les (quelques ^essais chimiques qui ont encore éventuellement de l'importance pour l'estimation du houblon, teneur en eau, dosage des cendres, dosage des résines, recherche relative au soufra;j;'e.

L'examen des caractères extérieurs du houblon comporte principalement les points suivants :

I Provenance du houblon, — Elle se reconnaît par la forme caractc-

BIBRB 515

risUque du cône ou cloche, par la constitution de l'axe ou rachis et de celle des folioles du cône. Les houblons fins se disting^uent par la forme régpulière des cônes qui sont de grosseur moyenne et par des rachis minces et courts avec bractées très rapprochées.

La détermination de la provenance nécessite beaucoup d'expérience et demande en général le conseil d'un spécialiste.

a. Couleur. — Elle doit être jaune verdâtre ; si le houblon est trop vert c'est que sa maturité est insuffisante.

3. La constitution des cônes dans les houblons de première qualité doit présenter les caractères suivants : les cônes doivent être aussi peu détériorés que possible et ne pas contenir de produits de fécondation (ou fruits) qui présentent l'aspect de graines.

On reconnaît que le houblon a été bien cueilli quand il n'est pas mélangé de tiges et de feuilles et que les pédoncules des cônes sont très courts.

4. La lupuline qui constitue le principe aromatique et odorant du houblon décide de la qualité de ce dernier. Elle doit posséder une couleur allant du jaune tendre au jaune verdâtre et elle doit être abondante dans les houblons de choix « L'odeur doit être finement aromatique. Cet arôme fin fait défaut dans les houblons de qualité inférieure et l'odeur peut devenir alliacée.

[Cette odeur se rapproche beaucoup de l'acide valerianique, et il est courant d'entendre dire que des cônes de mauvaise qualité sentent la valériane].

Si la lupuline est brunâtre et a une odeur caséeuse, cela indique un vieux houblon qui, on le comprend aisément, a perdu plus ou moins de sa valeur.

Les essais chimiques sont les suivants :

1. Teneur en eau. — Comme à ioo<>C. il y a déjà un départ des matières volaliles du houblon et qu'il se produit des décompositions, il faut éviter le plus possible une détermination par simple dessiccation, à 100* C. et donner la préférence à la dessiccation dans le vide bien qu'elle soit beaucoup plus longue.

[Les cônes ne doivent être ni trop humides, ni trop secs ; dans le premier casThumidité peut déterminer, lors de l'emmagasinage, une fermentation qui altérerait la qualité du produit ; dans le second , la tige des cônes tendrait à se casser et une partie de la lupuline pourrait se détacher. La teneur optima en eau est de i5 0/0.

Si l'on presse les cônes entre le pouce et l'index ils doivent reprendre lentement leur forme primitive ; si cette action s'opère trop rapidement, c'est que le houblon ne contient pas suffisamment de résines et d'huile essentielle].

2. Le dosage des cendres a généralement pour but de déceler les falsifications faites par addition de substances minérales pour donner du poids ; ce dosage est effectué par le procédé habituel.

3. U acide tannique et V extrait sont difficiles à doser et d'ailleurs la

valeur de ces dosages ne correspond en aucune façon au temps demandé par leur exécution. Bibliographie : HayouckS Rbmy*, Barth'.

4. V essai relatif au soufrage est eflfeclué très fréquemment et la meilleure méthode est celle de Priori. On traite 10 gr. de houblon par 200 cm^ d*eau distillée et on agite fréquemment le tout pendant une demie heure. On filtre alors et à 5o cm' de filtrat on ajoute un petit fragment de zinc pur et 25 cm' d'acide sulfurique pur. L'hydrogène sulfuré qui se dégage dans ces conditions forme une tache brune ou noire avec l'acétate de plomb dont est imprégné un tampon d'ouate qui sert à fermer la fiole. Une réaction faible, qui se produit après 20 minutes ne permet pas de dire que le houblon était soufré. Il est à recommander de faire toujours en même temps un essai à blanc avec de l'eau distillée.

[Haberlandt > indique le procédé suivant, lorsqu'on veut apprécier la qualité du houblon et la proportion de ses éléments : on choisit avec soin un échantillon moyen de cent cônes, que Ton prend dans différents points du lot à essayer ; on note le poids de cet échantillon, qui généralement oscille entre 10 et 20 gr. On épluche ensuite les cônes sur un tamis, en se servant d*une petite pince, à l'aide de laquelle on détache les folioles une à une. On recueille à part, dans une capsule, la tige médiane et les fragments inertes des semences, préalablement débarrassés de la poussière jaune ou lupuline qui pourrait y adhérer. On mélange les folioles sur le tamis pendant 5 à 10 minutes, à l'aide d'un pinceau à poils mous, de façon à détacher entièrement la lupuline que l'on recueille sous le tamis, sur un papier glacé noir. On pèse ensemble les quantités de lupuline provenant de ces deux origines; on pèse d'autre part les tiges, les folioles et les semences.

La teneur en lupuline doit être aussi élevée que possible, et celle en semences aussi faibles que possible ; la lupuline doit être d'un beau jaune ; si elle est brune et grasse au toucher, le houblon est trop vieux.

Le procédé d'HABERLANOT n'est pas applicable lorsque le houblon est humide, parce que la lupuline s'attache au tamis et qu'en outre il est très difficile de dessécher le houblon exactement aU point où la lupuline se détache sans que les folioles donnent de la poussière.

Le tableau suivant donne les résultats d'expériences effectuées par Haberlandt, à l'aide de cette méthode sur des houblons de provenances diverses :

» Wochentchr. f, Braaerei, 1888, p. 987.

* Wocheruchr, f. Braaerei, 1898, p. 53o.

' Zeitschr, f. d. get. Brauwesen^ 1897, p. 167.

* Bayer. Brauerjournal, 1891, p. i6a.

* PosT el Neumann, I" édition française.

Provenance

Saaz t ville). . .

Saaz (environs)

Auscher (rouge) Auscher (vert) .

Steiermark. . .

Neufild ....

8chwetzingen .

Posen

Lupuline 0/0

Alsace,

Folioles 0/0

Tiges 0/0

Semences 0/0

Payen et Chevallier, analysant diiïcrentcs sortes de houblons, sont arrivés aux résultats suivants pour les proportions relatives de lupuline, de folioles et de matières étrang^ères :

Provenance

Poperinghe (Belgique). . .

Amérique (vieux houblon .

Bourges

Btan^ de Crécy

Bussignies

Vosges

Angleterre (vieux houblon)

Luhôville

Liège (Belgique)

Alost ( id. )

Spalt (Allemagne)

Toul

Lupuline

Folioles

Matières étrangères

La qualité du houblon du commerce étant, comme on le voit, extrêmement variable, il est de la plus haute importance que le brasseur s'assure de cette qualité avant d'acheter cette matière, toujours d'un prix élevé. Toutefois, la valeur du houblon n'est pas toujours en raison directe de sa teneur en lupuline, car pour certaines espèces de bières, le houblon d*Alost, par exemple est bien préférable à ceux de Poperin^^he et d'Amérique, qui renferment beaucoup plus de lupuline que le premier.]

518 CHAPirnB xxv

Fabrication

Malt et moût

Avaat de commencer la description des méthodes d'analyses décrivons brièvement l'instrument qui doit être considéré comme le plus important pour suivre la fabrication : le saccharomètre . La description de cet appareil et Tindication des règles sur lesquelles il est fondé sont d^autant mieux à leur place ici que ces règles ont uneimportance fondamentale pour une des déterminations les plus importantes : la détermination de l'extrait.

Le saccharomètre est un aréomère dont l'échelle indique combien le liquide étudié contient départies en poids d'extrait sec. L'échelle est basée sur la table d'extrait de Balling

Ce dernier a trouvé que le sucre de canne sec dissous dan^i Teau, donne un liquide qui possède le même poids spécifique que la même quantité d'extrait de bière ou de moût.

La table de Balling est basée sur cette propriété des dissolutions de sucre de canne, et donne le nombre de grammes d'extrait contenues dans 100 gr. de liquide. Le saccharomètre permet pour une température donnée (17^*5 C.)de lire directement le degré Balling. Il faut remarquer que la table de Balling n'est pas complètement exempte d'erreurs : mais comme dans la pratique on est habitué à cette table et à ce saccharomètre, on la conserve également pour les recherches de laboratoire, notamment parce qu'on obtient des chiffres comparatifs pour la fabrication . Par moment on s'est servi dans les laboratoires de la table de Schultze- Ostbrmann et de celle de VVindisch. mais en général on est revenu à la table de Balling plus courante dans la pratique. Le saccharomètre de Kaiser utilisé, ça et là, en Allemagne il v a une dizaine d'années a disparu presque complètement ce qui est d'autant plus justifié qu'il semblait reposer sur une échelle très arbitraire. En Angleterre, on emploie généralement le saccharomètre de Long dont l'échelle donne le nombre de livres anglaises que pèse un baril de bière ou de moût de plus qu'un baril d'eau à 5o* F, (lo® C.) (i baril = 36 gallons = i63,44 litres; i livre anglaise = 453 gr. 53).

La balance de Steinhbil est presque complètement hors d'usage 11 en est de môme pour la méthode d'analyse de Sghwarz '. Cependant il faut remarquer que pour des analyses exactes, notamment pour l'analyse du malt et du moût, on détermine le poids spécifique à laide du picnomètre et on en déduit la teneur en extrait correspondante à l'aide de la table de Balling. La détermination à l'aide de la balance de Wbstphal n'est effectuée qu'exceptionnellement.

^ Dinglen in polyt in Joan., a66 a3o.

Analyse du malt. — Tout ce qui a été dit au sujet de la prise d'échautilIoD de l'orge s'applique ici à TéchantillonDage du malt : réchaotillon prélevé doit peser au moins 5oo gv.

L'emballa§^e doit être tel qu'il empêche une variation de la teneur en eau et il doit être effectué dans des flacons de verre secs, des boîtes en fer blanc, etc., le tout parfaitement bouché.

L'analyse est effectuée d'après les conventions du Congrès international de chimie de Berlin igoS et dans l'intérêt de la concordance des analyses chimiques effectuées, les différents laboratoires sont instamment priés de suivre très strictement les prescriptions concernant les essais.

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