‹ Traité complet d'analyse chimique appliquée aux essais industrielsChapitre 75 sur 150 · Dosage de la glycérine · texte numérisé non relu

Dosage de la glycérine

Méthode officielle allemande,

(( à) Vins contenant moins de 2 gr. de sucre par 100 cm*. On évapore 100 cm' de vin à environ 10 cm* dans une capsule de porcelaine au bain-mariç ; on mélange le résidu avec environ 1 gr. de sable quartzeux et une quantité suffisante de lait de chaux (k 4o 0/0 d'hydrate) pour qu'il y ait 1,5 à 2 cm* de lait par gramme d'extrait. Le mélange est évaporé jusqu'à sec et on ajoute au résidu humide environ 5 cm* d'alcool à 96^ volumélriques.On détache avec une spatule, la masse adhérent aux parois de la capsule et on réduit le tout en bouillie fine au moyen d'un petit pilon, en ajoutant de petites quantités d'alcool à 96*. On rince la spatule et le pilon avec de l'alcool de môme concentration. On chauffe la capsule au bain-marie en agitant continuellement jusqu'à ce que l'ébullition commence et on verse le liquide alcoolique trouble dans une fiole de 100 cm' au moyen d'un petit entonnoir. Le résidu pulvérulent restant dans la capsule est agité de nouveau à chaud avec 10 à 12 cm* d'alcool à 96* et le liquide obtenu versé dans le ballon de 100 cm*; cette opération est répétée jusqu'à ce que la quantité de liquide atteigne environ 95 cm* et le résidu insoluble reste dans la capsule. On rince alors le petit entonnoir placé sur la fiole, on refroidit celle-ci à iS^G. et on complète à 100 cm* avec de l'alcool à 96®. Après avoir bien mélangé, on filtre l'alcool sur un filtre à plis placé au-dessus d'une éprouvette graduée. On en

prélève 90cm' que Ton évapore an baio^marie, dans une capsule de porcelaine, en évitant une vive ébullition de l'alcool. Le résidu est repris par de petites quantités d'alcool absolu, la solution est versée dans une éprouvette g^raduée, bouchée et la capsule lavée avec de petites quantités d'alcool absolu, jusqu*à ce que la solution alcoolique mesure exactement i5 cm'. On lui ajoute à trois reprises 7,0 cm' d'éther absolu et on secoue énergiquement après chaque addition. On laisse alors reposer Téprouvette bouchée jusqu'à ce que la solution éthéro«alcoolique soit devenue complètement claire, et on la transvase dans un flacon à pesée bouché à Témeri. Après avoir lavé Tèprouvette avec environ 5 cm' d'un mélang'e de i volume d'alcool absolu pour i vol. i/a d'éther absolu et avoir joint ce liquide à celui déjà contenu dans le flacon à pesée, on évapore le liquide éthéro-alcoolique sur un bain-marie chaud mais non bouillant en évitant une ébullition tumultueuse. Lorsque le résidu est devenu sirupeux, on place le flacon dans une étuve à eau bouillante pen* dant une heure, on laisse refroidir dans le dessiccateur et on pèse.

« Calcul. — Si on a pesé a grammes de glycérine, 100 cm' en contenaient :

j? = 1,111 X a grammes.

c b) Vins contenant ^ gr. ou plus de sucre par 100 cm'. On chaufFe au bain-marie 5o cm' de vin dans un ballon spacieux, on ajoute i gr. de sable quartzeux,puis du lait de chaux en petites quantités jusqu'à ce que le mélange devenu d'abord foncé forme une couleur plus claire et pré* sente une odeur alcaline. On chauffe alors le mélange au bain-marie en agitant continuellement. Après refroidissement on ajoute 100 cm' d'alcool à g6^, on laisse le précipité qui s'est formé se déposer, on filtre la solution alcoolique et on lave le résidu avec de l'alcool à 96'. Le filtrat est évaporé et le résidu traité ensuite comme il est indiqué au no 9 a,

a Calcul. — Si on a pesé a grammes de glycérine, 100 cm' devin en contenaient :

X == a, 222 X ^ grammes

Remarque. — Lorsque les résultats du dosage du sucre ne sont pas indiqués, il faut toujours dire si le dosage de la glycérine a été effectué suivant 9 a ou 9 6. t

On a reconnu d'une façon unanime que, par cette méthode, on n'obtient pas de la glycérine pure à peser et qu'on ne peut éviter complètement les pertes (volatilisation pendant l'évaporation, entraînement de glycérine dans le précipité donné par l'éther '). La méthode toute entière est donc conventionnelle et il est absolument nécessaire de suivre très exactement les prescriptions indiquées pour obtenir des résultats comparables. La méthode devient particulièrement difficile et peu sûre dans le cas des vins doux. Toutefois le dosage de la glycérine a, sous cette forme, une grande importance même à côté des méthodes nouvelles et peut-être plus exactes,

* Voir aassi : Kuliscu, Forschungs berichtefûr Lebensmittel, asw. i, a8o.

car on possède seulement pour cette ancienne méthode officielle de nombreuses déterminations pouvant servir de comparaison. Pendant Tévaporation du vin avec la chaux on évitera la formation de croûtes afin que toute la masse reste g'rumeleuse et humide (triturer le résidu avec un ag^îtateur en verre à la fin de Tévaporation). L'alcool employé pour traiter le résidu ne doit jamais entrer réellement en ébullition afin d*éviter les pertes par projections. Pour éviter l'évaporation de l'alcool on couvrira Tentonnoir pendant la filtration des loocm' d'extrait alcoolique. Quelquefois le filtrat peut ne pas atteindre tout à fait 90 cm' ; dans ce cas on le mesurera, on l'emploiera en entier et on tiendra compte de la différence dans

le calcul (par exemple x = — rrr si on a obtenu 86, 5 cm' de filtrat.

Lors de l'évaporation du filtrat l'alcool ne devra jamais bouillir (pertes de glycérine !). La solution de glycérine dans l'alcool éthéré ne se clarifie pas suffisamment d'elle-même dans le cas de certains vins ; il faudra alors la filtrer sur un petit filtre qui sera lavé ensuite avec de l'alcool éthéré. Pendant l'évaporation de la solution éthéroalcoolique il faut éviter une ébullition tumultueuse, pour cela il est bon de laisser s'évaporer d*abord la majeure partie de l'éther dans un endroit chaud.

[Les méthodes officielles françaises ne parlent pas du dosage de la glycérine dans les vins ; cependant ce dosage a une certaine importance car il permet de déceler certaines fraudes. En effet, d'après Pastbur, dans un vin naturel le rapport entre le degré alcuol et la teneur en glycérine est à peu près constant; Gautier * indique qu'il varie entre i/io et i/i4- Le dosage de la glycérine permettra donc dans une certaine limite de reconnaître le mouillage. Si le vin naturel a été additionné d'eau et de glycérine, on peut reconnaître l'addition de cette substance à l'excès de glycérine par rapport à l'alcool. D'autre part si le vin a été en même temps

alcool viné, mouillé et glycérine le rapport — ; — --: — peut rester normal, mais

•^ '^^ glycérine

la faiblesse de l'extrait par rapport à l'alcool et la quantité proportionnel lement élevée de glycérine dans l'extrait, peuvent permettre de déceler la fraude. Enfin on a proposé le dosage de la glycérine pour différencier les mistelles des vins de liqueur, en effet les mistelles contrairement aux vins de liqueur, ne doivent pas contenir de glycérine ce produit étant essentiellement dû à la fermentation.

D'après Ch. Girard la teneur en glycérine des vins naturels ne dépasse pas 8gr. par litre. Le vin en contient généralement de 4^6 gr.

La méthode de Pasteur * repose sur le traitement par un mélange d'alcool et d'éther.

Procédé Pasteur. — On décolore par le noir animal 260 cm* de vin» on les évapore doucement à 6oo-'yoo pour réduire à 100 cm* et l'on sature par quelques grammes de chaux éteinte. On termine ensuite l'évaporation

* Gautieb, Sophiêticaiion des vins, p. ai et 187.

* Annales de chimie et de physique, t. LVIII, p. 334 et ^33.

dans le vide sec, et on traite le résidu par nn mélangée de i partie d'alcool à 92* et 1,5 d'éther à &2^, Le liquide éthéré est filtré, évaporé doucement, desséché dans une capsule taré et finalement pesé. C*est de la g'ijcérine presque pure.

Les procédés les plus employés en France pour le dosag'e de la g'Iycérine sont ceux de Trillàt, de Bordas et Raczkowski, et deX. Rocqubs qui convient spécialement pour les liquides très sucrés comme les mistelles et les vins de liqueur.

Procédé de Tiullat. — Il est basé sur la solubilité de la glycérine dans l'éther acétique et donne une glycérine dont la teneur en cendres est beaucoup plus faible que celle de la glycérine extraite par le mélange d'alcool et d'éther. Il donne également de très bons résultats dans le cas des vins ayant été additionnés d'une forte proportion de glucose (jusqu'à 3o gr. par litre).

On verse 5o cm' de vin dans une capsule en nickel ou en argent et on évapore au bain-marie à 70^ environ les 2/3 du liquide. On ajoute 5 gr. de noir animal, on mélange intimement et on évapore complètement à sec. Après refroidissement le résidu est broyé avec 5 gr. de chaux vive dans un mortier. La poudre ainsi obtenue est placé dans un flacon et agitée vivement pendant quelques minutes avec 3o cm* d'éther acétique desséché et débarrassé d'alcool. On filtre en décantant et en ayant soin de repasser les premières portions du liquide qui entraînent un peu de chaux au début et l'on recommence une seconde fois le môme traitement. On obtient ainsi un liquide complètement clair contenant en dissolution la totalité de la glycérine qu'il s'agit de séparer. Dans ce but on évapore en plusieurs fois l'éther acétique dans une capsule tarée semblable à celle employée pour les extraits de vin, d'abord au bain-marie puis à l'étuve à 600 jusqu'à poids constant (i h. 1/2 environ). Il reste à peser la capsule munie de son couvercle en prenant les précautions que nécessite la grande hygroscopicité de la glycérine.

Procédé Boudas et Rkczkowski. — Il repose sur la séparation de la glycérine par distillation dans le vide, entraînement par la vapeur d'eau, et titrage au moyen d'une solution de bichromate de potassium.

Dans un ballon de 3oocm' environ, plongeant jusqu'au bouchon dans un bain de sel, et disposé pour être traversé par un courant de vapeur d'eau, on introduit 26 cm' de vin préalablement neutralisé. On chauffe à no* et dans le vide jusqu'à complète distillation de l'eau et de l'alcool du vin ; dés que cette distillation cesse, on fait passer pendant 3 heures, toujours dans le vide, un courant de vapeur d'eau qui entraîne la totalité de la glycérine ; cette dernière est condensée dans deux flacons successifs. On arrête alors la vapeur et on fait passer un courant d'air pendant un quart d'heure environ pour refroidir l'appareil. On recueille les liquides des doux flacons, on les amène à 260 cm^ et on titre avec uneliqueurdebichromate de potassiumà24 gr. par litre dont i cm' correspond à o gr. 0026 de glycérine.

Pour eflectuer ce titrage, on verse dans une série de tubes : 5 cm^ de la

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solution de g-lycérine» 2 cm' d'acide solfurique concentré et pur, puis successivement dans chaque tube, i/io de centimètre cube de liqueur de bichromate jusqu'à ce que après ébuUition on ait obtenu une teinte verte, ni bleue, ni jaune ; en multipliant par 5 le nombre de centimètres cubes de bichromate versés, on obtient la quantité de glycérine contenue dans un litre de vin.

Procédé de X. Rogqubs. — On évapore au bain-marie, à consistance sirupeuse, 200 cm' de vin placé dans une capsule de porcelaine ; on laisse refroidir et on verse le contenu de la capsule dans un mortier d'environ 700 cm' de capacité ; on rince la capsule à trois reprises différentes, avec un peu d'eau distillée, et les liquides de lavage sont joints au contenu du mortier, dans lequel on ajoute peu à peu, et en ag-itant continuellement, une quantité de chaux vive finement pulvérisée égalée la quantité de sucre qui contiennent les 200 cm' devins employés.

Lorsque le mélange est parfaitement homogène, on le laisse en repos pendant une demi-heure, pour permettre ainsi la formation complète des sucrâtes de chaux. Au bout de ce temps, on ajoute peu à peu, en mélangeant i5o à 200 cm' d'alcool pur a 96^. On laisse reposer environ une demi heure, on filtre, en lavant le mortier et le filtre à Talcool pur.

La solution alcoolique obtenue est rendue légèrement acide par l'addition d'une petite quantité de solution alcoolique d'acide tartrique, puis distillée pour éliminer la majeure partie de l'alcool. Le résidu de la distillation (i5 à 20 cm') est versé après refroidissement dans un vase à évaporation à fond plat ; on y ajoute 3 à 5 gr. de chaux vive pulvérisée et 10 gr. de sable fin ; on mélange le tout à l'aide d'une baguette de verre et on évapore dans le vide ; l'évaporation est terminée en 12 heures environ. On broie le résidu au moyen d'une baguette aplatie à l'une de ses extrémités, puis on fait passer la poudre dans une fiole bien sèche d'environ 200 cm' de capacité, en ayant soin de nettoyer le vase à évaporation avec un peu de sable fin.

On ajoute dans la fiole le mélange suivant :

Ether acétique pur. . . 80 cm' Alcool pur 20 ))

On bouche, on agite deux heures, on laisse reposer et on filtre. On recueille une portion aliquote du liquide filtré, par exemple 75 cm' qu'on verse dans un vase à évaporation taré. Le vase est abandonné trois jours, dans le vide, en présence d'acide sulfurique. Le résidu est pe.sé, c'est de la glycérine presque incolore qu'on peut considérer comme pure.]

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