‹ Traité complet de la peintureChapitre 35 sur 114 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ECOLE BOLONAISE OU LOMBARDE. - LOUIS CARRACCI, ANNIBAL CARRACCI, DOMÉNICHINO , GUIDO-RÉNI, ALBANI, CARRAVAGIO.

J je caractère de l'école bolonaise est assez facile à déterminer, si on la renferme dans le style et dans la manière des Carracci. Mais si, comme l'ont voulu presque tous les écrivains, on la fait commencer avec les premiers peintres de mérite qui naquirent à Bologne, et si on veut, outre cela, lui donner pour chef Correggio, qui naquit dans le Modenois, près d'un siècle et demi avant les Carracci, alors on ne s'entend plus; car, malgré les rapports qui

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peuvent se trouver entre les styles de Pellégrino-Tibaldi, de Correggio, de Louis et d'Annibal Garracci, on est obligé de convenir que ce dernier néanmoins fit voir un style qui lui est particulier et qui devint dominant non-seulement dans la Lombardie, mais dans toute l'Europe.

Il convenait donc de distinguer l'école de Correggio et l'école des Garracci. Au surplus, ces peintres ne sont pas précisément les inventeurs du style qu'on leur attribue, mais ils se le sont approprié, l'ont amélioré et fortifié. Avant eux et même avant Pellégrino-Tibaldi, d'autres avaient déjà donné l'idée d'une peinture grande d'aspect, large et ressentie dans les formes des objets, forte par un clair-obscur ferme, grand et déterminé. On cherchait à y réunir les beautés de Michel -Ange, celles de Venise, celles de Correggio et celles même de l'école de Raphaël. 11 est certain que ce sont les Garracci qui composèrent définitivement ce mélange dont l'effet étrange impose encore aujourd'hui, et qui servit comme d'aliment et de prototype à tous les peintres postérieurs de l'école d'Italie. Ainsi les Français, les Flamands mêmes allèrent de tout tems se familiariser avec ce langage nouvellement adopté, et jusqu'à Charles Maratti et même jusqu'à Charles Yanloo, ce goût de l'école des Garracci devint celui de toutes les académies, bien qu'il fût plus ou moins flétri et plus ou moins dégénéré en routine et en conventions de lazzis, lazzis qui semblent cependant reprendre faveur aujourd'hui chez tant de peintres paresseux et ignorans.

Ce fut au milieu du 16e siècle que naquirent les Garracci. On remarque plus particulièrement deux Garracci; mais quatre autres du même nom travaillèrent avec ces deux premiers. (V. la liste générale des peintres, i. ier.)

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