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ÉCOLE FLAMANDE. -RUBENS, VANDYCK, TENIERS

8 je système de classification par pays va nous arrêter encore, puisqu'on l'applique aussi à l'école flamande. Pmbens sera-t-il le chef de l'école flamande ? Mais Jean Yan- Eyck et le maréchal d'Anvers, qui sont venus bien avant lui et qui étaient justement célèbres, ont un tout autre style que Puibens. Indépendamment de cette difficulté, l'idée que l'on attache au caractère de l'école flamande est celle d'un style familier, sans élévation et qu'on a appelé genre. L'exécution y est très-recherchée, mais ne se remarque ordinairement que sur les tableaux de petite dimension. En effet toute l'école de Rubens s'exerça sur des sujets historiques, sacrés, mythologiques, etc. exécutés en grand et traités plutôt dans la manière des écoles italiennes que dans le style des peintres hollandais... Nouvelle confusion qui prouve le vice de nos classifications.

Je ne prétends donc point définir ici le caractère de l'école dite flamande; je me contenterai de donner une idée de Rubens, de Yandyck son élève et de Teniers. Quelques réflexions cependant ne seront pas de trop, si elles servent à relever l'erreur de certains critiques qui, pour mieux définir le style flamand, croient devoir le déprécier et le ravaler. Ils répètent donc assez légèrement

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que le principe de l'imitation a prévalu chez les Flamands sur celui de l'harmonie, tandis que chez les Italiens c'est l'harmonie qui a prévalu sur l'imitation, ou hien ils décident, d'après certains écrivains, que les Flamands, ne sachant représenter que les choses basses, ne pouvaient jamais s'élever.

D'abord il faut admettre que les petits tableaux flamands des plus habiles peintres offrent une harmonie de couleur et de clair -obscur qui frappe et enchante trèssouvent les regards , et que la délicatesse et la grâce de l'exécution ou du pinceau y ajoutent presque toujours une espèce de beauté. De plus, on ne saurait nier que la justesse de représentation n'ait fait parvenir ces peintres à un dessin naïf, répétant souvent des ingénuités touchantes et pleines d'attraits. Ces caractères ne les rapprochent-ils pas déjà de ce que doit être la peinture? Bien que leurs sujets aient été presque tous adoptés sans choix et sans vues morales ou philosophiques, ces sujets cependant sont toujours conformes à la décence et à la simplicité.

Quant au prétendu choix d'idées basses et triviales, il est aisé, je ne dirai pas de justifier les Flamands de ce blâme, mais d'attribuer cette insouciance à leurs études scrupuleuses et persévérantes dans le coloris, plutôt qu'à un penchant et à un goût particulier. Qu'on définisse la peinture, l'art de représenter, et voilà les Flamands tout justifiés. Chaque peintre représentera sa maison, sa famille, ses meubles, sa cuisine et son chien; et ce sera le plus exact imitateur qui obtiendra la couronne. Les études des Flamands étaient donc affectées à la seule justesse de représentation, et ils sont peut-être inimitables dans ce

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