‹ Traité complet de la peintureChapitre 5 sur 114 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

xjlpres les considérations précédentes relatives aux caractères généraux de la peinture dans le moyen âge, il convient, je crois, d'établir des distinctions entre les écoles particulières et les styles en différens pays. Je remarquerai donc premièrement l'école grecque du moyen âge dont on peut fixer la fin à l'époque de l'invasion de Constantinople par les Turcs, l'an i455; deuxièmement, l'école romaine qui, commençant, ainsi que l'école grecque, vers l'an 5oo, finit en 1240, à l'époque de Cnnabiie; troisièmement, l'école vénitienne; quatrièmement, l'école florentine (ces deux dernières se rapportent aux mêmes dates que les précédentes) ; et cinquièmement enfin, l'école du Nord, à laquelle on peut assigner aussi la même durée h peu près. Je dois encore dire qu'on pourrait distinguer de plus l'école de Bologne, celle de Sienne, celle de Pise, de Gênes; qu'on pourrait à celle de Rome joindre celle de Naples, de Palerme, etc. : mais le peu de recherches certaines faites sur ces écoles du moyen âge, rendrait cette classification trop conjecturale. D'ailleurs, tel peintre. du moyen âge qui naquit à Bologne, par exemple, alla peutêtre travailler à Venise et y signer ses ouvrages de son nom et de celui de sa patrie. Peut-on assurer que Guido de Sienne donne l'idée du style de l'école de Sienne de ces tems , lui dont les peintures semblent par leur style appartenir plutôt a l'école romaine qu'à l'école de Venise

ou à l'école grecque, de laquelle cependant il n'était pas si éloigné?

Deux remarques sont à faire au sujet de l'école grecque et de l'école du Nord du moyen âge. La première, c'est que l'existence de l'école grecque peut être prolongée endeçà du tems de Cimabué, mort en iSoo, parce que l'art grec, isolé et nullement influencé par les écoles lointaines de l'Italie, conserva son caractère sans mélange jusqu'à la fin, en sorte que sous le dernier Constantin, l'art tout dégénéré qu'il était, ne participait en rien des goûts plus ou moins barbares qui se propagèrent en Italie et dans le Nord, malgré tous les progrès de la nouvelle civilisation ; on retrouve donc dans les peintures et les sculptures de Constantinople les doctrines de l'ancienne école grecque. Dans l'autre remarque, qui est relative à l'école du Nord, il convient de dire, qu'il n'y a rien de commun entre cette école du Nord du moyen âge et l'école dite gothique du Nord qui naquit trois ou quatre siècles plus tard , lorsque les Allemands et les Français, après être allés étudier les ouvrages de Michel-Ange, rapportèrent dans leur pays un goût mixte et barbare qui est tout à fait isolé du vrai goût de l'antiquité. Cette observation est de quelqu'importance, parce que l'on rapporte assez généralement le discrédit de cette école dite gothique, qui n'eut lieu que vers le commencement du 16e siècle, à toutes les écoles du moyen âge dans le Nord et dans le Midi sans distinction.

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