‹ Traité complet de la peintureChapitre 56 sur 114 · TOME III. i · texte numérisé non relu

TOME III. i

peintre d'opposer aux objets qui ne sont pas susceptibles d'une vérité d'imitation parfaite, et qui cependant sont les plus importans dans l'art, tels sont les êtres vivans, les têtes, les yeux, les carnations, etc., d'opposer, disje , a ces objets l'illusion produite par d'autres objets dont l'imitation est facile, comme sont les meubles , les ornemens, les accessoires qui, par l'extrême justesse de leur représentation feraient paraître moins vraie l'imitation des objets plus importans , mais difficiles à répéter complètement. Je vais émettre quelques idées relativement à cette question, bien que le sujet doive être traité ailleurs en particulier (V. le chap. 555). Je dirai donc que la saine raison, ou bien que la satisfaction du spectateur, veut qu'on sacrifie quelques objets subalternes en faveur des objets les plus importans et les plus difficiles à représenter. Renverser cet ordre, c'est agir contre le sens commun. Certains peintres flamands ne sont pas toujours exempts de cette faute, et dans plus d'un tableau, un tapis dont on compte tous les points et dont l'imitation provoque le toucher, fait paraître les têtes et les bras du même tableau, bien que situés sur le même plan que ce tapis, comme privés de transparence, secs, peu finis, sans justesse de carnation. Ainsi, parce qu'on ne peut pas produire l'illusion par les choses importantes, il ne faut pas chercher à l'obtenir par les choses subalternes. Les Vénitiens ont agi dans un autre sens et quelquefois ils sont tombés dans l'autre extrême. En effet, pour faire valoir les chairs, ils ont si grossièrement indiqué les draperies et les autres objets, que l'imitation générale n'est pas satisfaisante dans quelques-unes de leurs peintures; cependant les premiers maîtres des écoles coloristes, Ru-

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