‹ Traité complet de la peintureChapitre 69 sur 114 · DU RELIEF VÉRITABLE AJOUTÉ A LA SUPERFICIE PLATE DU TABLEAU · texte numérisé non relu

DU RELIEF VÉRITABLE AJOUTÉ A LA SUPERFICIE PLATE DU TABLEAU

J.L n'est pas plus permis de s'aider du relief véritable dans un tableau, que de s'aider d'un enfoncement véritable et tel que Rembrandt voulut une fois en user pour exprimer un trou profond; car on dit qu'il creva sa toile d'un coup de poing. C'est peut-être pour cela que l'on appelait autrefois la peinture du nom de plate peinture» c'est-à-dire, qui exclut tout relief. Ce même Rembrandt cherchait aussi à faire saillir les corps par l'épaisseur de ses couleurs. Lorsque cette épaisseur n'est que le résultat d'une touche raisonnée, elle peut dans certains cas être tolérée, pourvu que la peinture gagne évidemment à ce résultat; car charger, de couleur le nez d'un portrait, pour le faire saillir, et mal modeler d'ailleurs par le clairobscur ce nez, ainsi que tout le reste de la figure, c'est user d'un moyen aussi trivial que rebutant.

Quelques peintres modernes se sont avisés de placer dans des peintures sur mur et destinées à être vues de loin, des figures de ronde bosse qui entrent dans l'ordonnance du tableau et qui sont coloriées comme les autres figures auxquelles ils les associent. Ces peintres prétendaient que l'œil qui voit distinctement les parties de ronde bosse saillir hors du tableau, en est plus aisément séduit par les parties peintes à plat auxquelles s'associent ces reliefs, en sorte qu'elles produisent plus facilement l'illusion ; mais

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