‹ Traité complet de la peintureChapitre 7 sur 114 · DE LA PEINTURE DU MOYEN AGE A ROME · texte numérisé non relu

DE LA PEINTURE DU MOYEN AGE A ROME

JJÏalgré l'influence que l'école de Constantinople, qui donna long -tems des lois à l'Europe dans les arts, pût

avoir sur les peintres de Rome, les modèles antiques, toujours rcnaissans dans cette riche capitale du monde, offraient des alimens trop abondans et trop sains, pour qu'on pût sincèrement leur préférer l'étude des peintures nouvelles envoyées de l'Orient : on ne s'y conforma que par condescendance ou par obligation , et tous les artistes, jusqu'à Raphaël, surent s'inspirer par les sculptures innombrables et les peintures que leur offrait tous les jours cette cité fameuse, il n'est donc pas douteux que le caractère de cette école n'ait consisté de tout tems dans un style sage, dans des expressions et des pantomimes claires, fortes et convenables, ainsi que dans des draperies d'un bon goût, et on doit la regarder comme la première conservatrice de la véritable peinture antique.

Tous les observateurs ont pu remarquer que les sarcophages chrétiens de Rome sont exécutés exactement dans le style des dernières sculptures du paganisme. Aussi voiton sur ces images soit Moïse frappant le rocher, soit Jésus entrant à Nazareth ou debout au milieu de ses apôtres, et beaucoup d'autres sujets saints semblables en tout pour le style et le travail aux représentations de l'ancienne mythologie. Rome en offre encore un grand nombre aujourd'hui. De même il n'y a point de raison pour croire que le style des tableaux portatifs peints sur bois et que le tems a détruits, n'ait pas été la continuation du style des peintures précédentes : celles des catacombes en offrent la preuve.

il faut bien se persuader que Rome recelait toujours un nombre indicible de beaux modèles. Les pillages, les incendies, les exportations, etc., n'avaient pu anéantir ces modèles, et d'ailleurs les ravages des Goths ne furent

pas tels que nous nous le figurons, c'est-à-dire qu'ils ne firent point la guerre aux arts. Une foule de faits peuvent en convaincre. Au reste, les persécutions qu'on eût exercées sur les artistes n'eussent servi qu'à leur faire chérir davantage leur art, qu'à le leur faire envisager toujours sous le côté le plus recommandable, en sorte qu'ils n'eussent voulu, pour justifier leur persévérance, s'exercer que sur les sujets les plus moraux.

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