INSCRIPTIONS AJOUTÉES AU TABLEAU
choses, parce qu'on peint de grandes surfaces, et qu'on vise au sublime, parce qu'on dépose de riches couleurs tout en haut des voûtes; chargés enfin d'endoctriner aujourd'hui les beaux esprits des salons en citant le siècle de Louis XIV, où l'on décorait de peintures le haut comme le bas des galeries , où l'on singeait les décors fastueux des princes d'Italie, où enfin les productions dirent beaucoup aux yeux et très-peu à l'esprit. Mais tous ces ouvrages ne nous apprennent-ils pas que Louis XIV, qui avait le goût du grand et du sublime, et qui en laissa des preuves fournies par ces mêmes arts, fut trop souvent servi par des artistes qui désiraient qu'on payât leurs peintures à la toise, et la sculpture au quintal; qui surent très-bien donner le change aux ministres, à la cour, au peuple et à l'Europe, en offrant dans leurs ouvrages expédiés, du fracas et de la pompe pour de la grandeur, la quantité pour la qualité, et tout ce qui est doux, fleuri et orné, pour ce qui devrait être au contraire ferme, énergique, simple, vivant, plein de caractère et de convenance, de beauté enfin et d'utilité ? D'où le charlatanisme tire-t-il donc tous ses avantages, si ce n'est de la disette d'idées justes et positives sur les arts parmi les gens du monde et les gens du peuple dans presque toute l'Europe, qui cependant est si fière de ses lumières?