DE L'ETENDUE QU'ON SE PROPOSE DE DONNER ICI À L'ÉLOGE DE LA PEINTURE
J e n'entreprendrai point de composer ici un éloge complet de la peinture; un tel travail servirait peu les artistes. Je ne rassemblerai donc que les considérations les plus essentielles à cet éloge. J'ai déjà tâché de fixer l'attention sur la haute destination de la peinture, quand j'ai parlé du but moral de cet art ; maintenant je vais tâcher d'examiner les services qu'elle peut rendre à la société par son influence sur les mœurs, par la dignité et la politesse qu'elle y peut conserver, par les agrémens qu'elle procure; je ferai voir enfin combien d'illustres personnages ont fait de cet art une noble occupation, et en quelle considération il a été de tout tems et chez tous les peuples. Je m'en tiendrai à ces seules questions. Cependant sous combien d'autres points de vue ne pourrait-on pas envi-
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sager cet art, pour en faire l'éloge ? Il resterait donc à démontrer que ses dons s'étendent jusque sur l'amitié et la reconnaissance, puisqu'il répète l'image de ceux qui nous sont devenus chers ; il resterait à rappeler les grands services qu'il rend aux sciences et à tous les autres arts qu'il aide, qu'il éclaire par ses vives représentations; on aurait à parler des secours qu'il porte non seulement à l'art scénique, en caractérisant et en embellissant les sites où figurent les personnages, mais encore à l'architecture, en aidant à ses décorations, et à l'histoire même dont il met sous les yeux les descriptions et les événemens. Cette matière enfin serait presqu'inépuisable.
Beaucoup d'écrivains ont aimé à faire l'éloge de la peinture. Les charmes et la noblesse de cet art ont été chantés par les poètes, et de tous côtés se répètent ces louanges. Mais que peuvent offrir ces éloges, s'ils n'éclairent point sur la définition de l'art ? Et si l'art est bien défini, à quoi peuvent servir ces éloges ? Cependant nous ne pouvons pas nous taire ici sur les principaux avantages que procure la peinture, ni sur le degré d'estime qu'on doit porter à ceux qui la cultivent. Nous aurions pu aisément emprunter une foule de réflexions intéressantes sur ce point, et nous pourrions aussi indiquer un grand nombre d'écrits ; mais qu'il nous suffise de rappeler quelques noms d'auteurs à ce sujet. Voici ceux que j'ai extraits du catalogue qui précède ce traité : Angèle, Bellori, Bonzo, Caldéron, Carrara, Chaussart, Delphicus, Dolce, Fontinguéri, Moreschi, Passéri, Patte, Robinson,Romano, Xauregui. ( Yoy. aussi les écrits indiqués sous les nos 3i, 53 et 4o, au supplément du catalogue, vol. ier. )
CONSIDÉRATION ATTACHÉE A LA PEINTURE. 3lO,