‹ Traité complet de la peintureChapitre 82 sur 114 · CONSIDÉRATION ATTACHÉE A LA PEINTURE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATION ATTACHÉE A LA PEINTURE

sance de la beauté de son ouvrage et pour honorer sa mémoire, créèrent en faveur de ses descendans une charge, dont toute la fonction consistait à avoir soin de cette belle statue et à la nétoyer. Ils conservèrent aussi l'atelier de ce célèbre sculpteur, et ils le montraient comme une curiosité à tous les étrangers. La ville de Pergame acheta des deniers publics un palais ruiné, où il restait quelques peintures d'Apslle, pour sauver des ravages du tems ces restes précieux. Leshabitans firent plus, ils y suspendirent le corps de ce peintre célèbre dans un rézeau de fils d'or. On donna l'épithète de divin à quelques artistes du premier rang : c'est le nom que Virgile donne à Alcimédon, et l'on sait que chez les Lacédémoniens c'était la plus haute louange qu'on pût accorder. Enfin Luciep nous dit positivement que Myron était un de ces artistes dont on adorait les ouvrages et les talens avec les dieux.

Cette grande considération des Grecs pour les peintres n'est même pas détruite aujourd'hui. Les peintres du mont Athos, et ce sont les peintres les plus estimés de tout le pays, sont appelés du nom honorable de docteurs.

Si nous venons aux modernes, nous verrons que cette estime pour les peintres a toujours subsisté. On connaît la considération que le terrible Henri VIII eut pour Holbéen : « De sept paysans, je pourrais faire sept comtes » comme vous, dit-il à un seigneur ennemi d'Holbéen; mais » de ces sept comtes, je ne pourrais faire un Hoîbéen. » L'empereur Maximilien , qui se plaisait à voir travailler Albert-Durer, l'ennoblit. Ce peintre obtint aussi l'estime de Charles-Quint et de Ferdinand, son frère, roi de Hongrie et de Bohême. Le même Charles-Quini, ramassant le pinceau échappé des mains de Tiziano, qui faisait

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