INFLUENCE DES GOUVERNEMENT
» gradués de telle manière que l'émulation ne s'arrêtait » jamais. Combien de récompenses différentes dont leur » histoire présente des exemples ! — Proclamation au » théâtre du nom de l'homme qu'on voulait honorer; » proclamation dans les jeux publics. — Couronne décer- » née par le sénat; couronne décernée par le peuple; » couronne donnée dans la fête des Panathénées \ — » Portrait placé dans un palais national ; portrait placé » dans un temple 2 . — Bouclier suspendu dans un temple, » portant le nom du guerrier auquel il avait appartenu » et le motif de l'inauguration 3. — Nourriture dans le » Prytanée; nourriture accordée au père, à ses enfans » après lui, à ses descendans à perpétuité 4. — Statue sur » une place publique; statue dans le Prytanée; statue au » temple de Delphes. — Tombeaux; jeux publics et pé- » riodiques célébrés sur les tombeaux. Ajoutons ces hon- » neurs suprêmes, rares dans les jours de la liberté, pro- » digues seulement durant la servitude, le nom d'un héros » donné à la statue d'un dieu, son image peinte sur le » voile de Minerve que l'on portait dans les Panathénées 5. » Ce n'est là qu'une partie des récompenses auxquelles » il était permis d'aspirer successivement. »
Malgré tout ce que peut avoir d'imposant et de sublime cet enthousiasme rémunérateur des anciens, il faut se rappeler que ce moyen était surajouté à celui des bonnes
1 Démosth. etEschin. de Coron. - Sam. Petit. hg.aitiç. lib.j. tit.L
2 Pausan. Lib. 1. cap. 3 et ai, - là. lib. 10. cap. 23.
3 Id. lib. 10. cap. ai.
4 Meurs. Athen. aitic. lib. 1. cap. S.
5 Aristoph. in eqtiit. aci. 1. scen, 6. vers. 562,-SuiJas, in Péplum.- Meurs. Panath, cap. 18.
doctrines. Les modernes peuvent recueillir une foule de faits qui attesteraient que de leur côté nos princes aussi ont su dans les généreux témoignages de leur protection s'élever à la hauteur des génies qu'ils couronnaient, n'ayant en vue, lorsqu'ils récompensaient le talent des artistes, que la gloire de la patrie et la perfection de la société. Ces efforts ont produit quelques heureux résultats, et il faut convenir que sans ce moyen, Raphaël et beaucoup d'autres n'eussent point élevé aussi haut leur talent. Mais croire qu'il ne faut faire que cela, croire qu'il ne s'agit que de prodiguer des largesses , c'est s'abuser. Les gouvernemens doivent d'abord instituer les beaux -arts, organiser des écoles , y rechercher , et même rechercher hors des écoles, s'il le faut, les talens naissans, puis ordonner des travaux et à la fin récompenser.