‹ Traité d'algeb̀re (volume 2)Chapitre 197 sur 200 · DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS

543. Quand on veut èiraluer approzîmatiyemeDt nn nombre », la représentation la plas simple, mais souvent fort insaffisante, consiste à le réduire à sa partie entière.

Lorsque le nombre est moindre que Tunité, un tel mode de représentation est non -seulement insuffisant, mais devient absolument dérisoire. Dire qu*un nombre est nul en négligeant lis fractions^ c'est commettre une erreur infinie, celle-ci se mesurant, on le sait, par le rapport de la quantité négligée à la valeur approchée obtenue.

Pour évaluer un nombre y plus petit que l'unité, on peut

considérer la valeur inverse -, qui est plus grande que

Tunité; et si b est la partie entière de -, la valeur approchée

de y sera -r.

Gela posé, pour évaluera? avec une exactitude de plus en plus grande, on posera

il I ^ I ï I t

^1 *tt ^8 i^ik

Cl, a,,..., a^^i étant les plus grands nombres entiers contenus dans â?; a?!,..., Xn-i, et l'on pourra écrire

Cette expression se nomme une fraction continue ; elle four-

nit la valeur exacte de x. Si Ton supprime la deroiëre fraction

— y tous les dénominateurs a^, Oi,..., a»^ étant enti^s, <m aura

des valeurs d'autant plus approchées que n sera plus grand, et dont nous aUons étudier la loi.

544. Nous démontrerons d'abord que la fraction continue se termine, et que le dénominateur Xn devient nécessairement entier pour une valeur convenable de n, toutes les fois que x est commensurable.

Soit en effet a?=r^, P et P^ étant deux nombres entiers;.

pour obtenir a, il faut diviser P par P^, et Ton aura

Pi étant nu)indre que Pi, on en déduit

P 1 Pj.

par conséquent ari = —• ;

Pi ai est la partie entière de jj- ;

Soit Pi=aiP2 + P|.

Pi étant moindre que Pj, on en déduit

Pi ^ ,P».

Pî

par conséquent ^ = p- »

p fit est la partie entière de ^.

On voit clairement que «i, Oj, cfs,... sont les quotients successifs obtenus en faisant sur les nombres P et Pi l'opération ordinaire destinée à donner le plus grand commun diviseur. On sait

37 i APPiNEDIGB.

que cette opération se termine toujours, et que l'une des divisions

p successives se fera exactement. ^ sera représenté alors, sans

que rien soit négligé, par une fraction continue.

La réciproque est évidente : une fraction continne composée d'un nombre limité de termes peut toujours se réduire» par les calculs arithmétiques les plus simples, à une fraction ordinaire à termes entiers.

34tt. Considérons la fraction continue

Les valeurs approchées successives de x, que Ton nomme ks réduiUSj sont

On les obtient en arrêtant successivement les fractions avant le premier dénominateur ou quotient incomplet a^, ou avant le second a^* I^ troisième di, etc....

Les réduites sont alternativement plus petites et plus grandes queâ?.

a, en effet, est évidemment trop petit, puisque, pour le compléter, il faut lui ajouter une fraction positive.

a-| — est trop grand, car, pour le compléter, il faudrait

augmenter le dénominateur Af

a H p est trop petit, car, pour le compléter, il fondrait

accroître Ofl» diminuer par conséquent le dénominateur a^-j — et augmenter la valeur totale de Texoression.

a-j p est Irop grand, car, pour le compléter, H

faudrait augmenter Ot, diminuer par conséquent Os H — » augmenter par là le dénominateur de la frafction

que l'on ajoute à a, et diminuer par conséquent cette fraction.

Le même raisonnement peut se continuer indéfiniment.

PROPRIETES DES REDUITES.

546. Le calcul successif des réduites est très-simple. La première réduite est a; La seconde réduite est

, 1 ag| + l

La troisième réduite s'obtiendra en remplaçaut, dans la se-

conde, Ci par ai -f — ; elle est

(aax+ \)ai+a

La quatrième réduite s'obtiendra en remplaçant, dans la troisième, Of par ai+ --; elle est

374 APP£^DlGfi.

Le calcul s'applique, sans aucune difficulté, à toutes les réduites mccessiTement

Si 7^ et 7^ sont deux réduites consécutives, la réduite soi-

▼ante ^ est représentée par

c^ étant le dernier dénominateur ou quoUetU inconfbt introduit

P dans la formation de ^.

La règle se vérifie pour les premières réduites. Pour prouver qu'elle est générale, admettons qu'elle soit nxaîe pour une valeur de n, et que l'on ait

P,P.-,an+P,-i.

p pour former la réduite suivante t^ , il fondra remplacer a„

par On + - — » et l'on aura

«•est-à-dire ^^ = !!"''"-"* t ^""^

La règle de formation s'applique donc à ^^i, et elle est par

conséquent générale.

547. IA$ réduites sont des fractions irriduetibles. Sciait ~^,

^, ^ trois réduites consécutives, on a, en nonmmnt fl„ le

RËSOLUTION DE QUELQUES QUESTIONS IMPORTAN

quotknt iTwompîet qui termine la fraction représentée

Oa en déduit

■tr

On a anssi

, identiquement,

Les nnmérateiirs des seconds membres sont égaux et coalraires. Par conséquent, si l'on calcule les diffé chaque réduite avec la précédente, tous les numéi'atei en valeur absolue, seront allematiTement poaitirs et mais les premières réduites sont

el l'on a

Le numèrateor constant est donc l'unité, el l'on s, ei [5] P.a.-.-P.-.Q.=±l.

Cette équation montre que la réduite .y est irrédui

6i P* et Q. avaient un Gitcleur commun, ce facteur, d deux termes du premier membre de l'équation [ï diviser leur différence ± 1, ce qui est impossible.

S48. La valeur exacU de la fraction continue at com deuaS Tidviut consècutinet, et chaque rii^Ue oj^proeke f pricidmu.

Considérons la fraction

et soit ^ la réduite obtenue quand on s'arrête an quotienf

incomplet a,; soient g^^, —^ les deux réduites précédentes.

on a

Pn ^ P^-lOnJJVl .

mais, en remplaçant a. par l'expression a» H . l

dont il représente la partie entière et que nous nommons x^* on obtiendra la fraction continue exacte x, par conséquent

Xn étant un nombre compris entre a. et On+l- Si Ton résout celte équation par rapport à a;», on en déduit

d'où

Pii-i

Le premier membre étant positif et plus grand que Punité, p p

x—rr=^ et 7^ — X sont de mêmes signes, et la seconde diffé-

rcnce est moindre que la première. Ce qui démontre le théorème énoncé.

549'. La fraction continue étant comprise entre deux réduites

p consécutives, l'erreur commise ens*arrêtantàune réduite 7^. est

On

moindre, évidemment, que la différence entre cette réduite et la suivante, -pr-T^ — ; elle est plus petite, à fortiori^ que l'unité

WnWn+l

divisée par le carré du dénominateur de la réduite, r-*^.

VM

350. Aucune fraction à termes plus petits que ceux d'une réduite ne peut approcher plus qu'elle de la valeur exacte de la

fraction continue. Soit ^ une fraction plus approchée que la ré-

duite TT^; cette fraction évidemment est comprise entre ^^ et

j^ , car si la différence x — » est de même signe que rr^ ^7

Un-! p Un

2 est compris entre -t^ et x; et si elle est de signe contraire,

p Un

7^ approchant moins de x que 7^, il faut que ^ soit compris

Un-l Un p

entre x et ^. La différence

P Q»-i ~ PU--!

est, d'après cela, plus petite en valeur absolue que

mais le numérateur de [8] est au moins égal à celui de [9] , puisqu'il est entier; le dénominateur doit donc être plus grand, et l'on a

on peut prouver que l'on a aussi

la fraction r étant comprise en effet entre r^ et j^ , - est

0 0 comprift entre ^ et 5^, et la différence

p Q>-i PPn-i— «Q.a

est pins petite par conséqaent en valeur absolue que

P« P-i"' PJV, ~-Pnf^.

on en déduit

Les deux ternies de t sont donc plus grands que ceux de 7;^;

On aurait pu se borner à prouver que le dénominateur p est

plus grand que Q,» si en effet jr» /Tt tt» ••• t tt*** «>o^ les ré-

l/l Ui Ul Va

duites de la fraction

x^aA — , 1

€t que I soit compris entre ^ et ^ : les fractions inverses p,

pp..., |p... seront les rédoites de

et la fraction - sera comprise entre ^^ et ~; la démonstration

RÉSOLUTION DE QUELQUES QUESTIONS IHPOBTANTES. De pouvait donc manquer de se faire absolomeat de la oc manière pour les fractions inverses.

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