NOTIONS SUR LA TH60RII DBS DIFFERENCES
524. Réciproquement , si Ton donne Uq et les n premières lifférences, on peut calculer les termes successifs
Wl, lit, ... «n,
nous donnerons la formule générale à laquelle conduit ce calcul.
On a
t^i=tli + Awi = Wo + ^Wo + M + ^X = ^o + 2AWo + ^X>
=«o+3Atto + 3^X + ^X>
on aperçoit immédiatement la loi suivante.
Le terme de rang p+1, «p, ^e forme en multipliant les différences successives w^» ^^o> ^*^o» A'w^... A^Mo, par les coefficients de {x-\-af.
Pour démontrer que cette loi est générale, nous prouverons encore qu'en Tadmettant vraie pour un terme de certain ordre, elle est vraie, par cela même , pour un terme immédiatement suivant.
Supposons donc que Ton ait prouvé la formule
[1] n,=u,^^p^u,+^^^^s^Ui•]-...+^^u,.
Si nous appliquons la même formule à la série
elle nous donnera àup, en fonction de ^u^ et de ses p premières différences, qui sont A%, AX • . • A^+X î on aura donc
[2] At«^= AWo-(-MX +^Ti^ '^'^•+ '" + ^^'^''
et, en ajoutant les formules [1] et [2], il vient
et comme la somme de deux coefficients consécutifs de la
352 NOTIONS SUR LA THKORIS DES DIFFSESMGSS.
puissance p d'un binôme est un coefficient de la puissance p+I , celte équation peut s'écrire
ce qui est précisément le résultat qu'il fallait obtenir.
Différences des polynômes.
328. Nous avons reconnu (321) que la suite des carrés des nombres naturels a ses différences secondes, et la suite des cubes ses dififérencês troisièmes égales à une constante. Cette proposition s'étend aux différences quatrièmes de la suite des quatrièmes puissances, aux différences cinquièmes de la suite des cinquièmes puissances, etc. Mais, sans nous arrêter à ces propositions, nous démontrerons le théorème suivant, dont elles sont évidemment des cas particuliers.
Théobème. Si y dans un polynôme en a ^ de degré m, on substitue une suite de nombres en progression arithmétique^ les différences m*"*' des résultats obtenus sont constantes.
Soit, en effet, le polynôme
[Il y=F(â:)=Aj:~+Aia?"^» + A,a;-^4-...+A«-,a:+A«. • Supposons que Ton substitue à x les valeurs successives
désignons par y,, yi, y„ ..., y,
les valeurs correspondantes de y. Toutes ces valeurs sont évidemment des polynômes de degré m en â?^, dont les coefficients dépendent de h. De plus, il est clair que, pour passer de l'une d'elles à la suivante, il suffit d'y changer x^ en x^-^- A. On a en effet, en considérant deux valeurs consécutives à^ y, y, et y^+i
yp=F(a?o+P^),
Or, il est évident que ^o+(p-j-l)A peut se déduire de x^-^-ph en y changeant a?Q en a^o-j-A.
MOnONS SUR LA THÉORUS DKS DIFFÉRBMCBS. 353
Cela posé, les différences premières
sont des polynômes du degré (m~l) en o^o, dont les coefficients dépendent de h. On a, en effet,
Ayo=yi-y. = F(a?o+A)-F(^o)=F'(a?,)A+FVo)j^+
Or on sait que F'(a?o) est un polynôme de degré (m— 1), F"(a?o) un polynôme de degré (»i— 2), etc.; la proposition est donc démontrée pour A^o- U en résulte qu'elle est vraie pour les différences suivantes, Ayi,* A^i, ... : car chacune d'elles se déduit de la précédente en changeant o^o en â7,-{- A, ce qui ne change pas son degré par rapport à x^.
La série
[2| Ayo, Ayt, ..., Ay^...
pourrait donc s'obtenir en substituant successivement à x^ dans un certain polynôme de degré (w— 1), les valeurs a:,, a?o+A— Si donc nous appliquons à cette suite ce qui a été dit de la suite
yo, yi, ..., Vn
déduite de la même manière d'un polynôme de degré m, nous verrons que les différences des termes de la série [2], c'est-à-dire
[3] AVo, A»yi, ..., AVn,
sont des polynômes de degré (m— 2) en a?©» et que chacun se déduit du précédent en y changeant x^ en a^o+A; en sorte qu'ils peuvent tous se déduire d'un même polynôme en y changeant x en x^^ ^o+A, a?o+2A, ....
Si nous appliquons à la suite des différences secondes le théorème dont nous avons déjà deux fois fait usage , nous verrons que les différences des termes de la série [3], c'est-à-dire
. [4] AVo, AVi, ..., AVn
sont des polynômes de degré (m — 3) en a?o . Et en continuant de la même manière, nous verrons que les différences quatrièmes sont des polynômes de degré m— 4, les
354 HanoRs sur la THiom dbs DiFFiEsiic»*
différences cinquièmes de degré m — 5,.*. et enfin les différences jn"« de degré 0, c'est-à-dire indépendantes de a^o, ce qui prouve le théorème énoncé : car poor obtenir chacune de ces différences, on doit changer, dans la précédente, x^ en x^'\-h^ et elles sont, par conséquent, constantes quand elles ne contiennent pas x^.
383 bis. En revenant sur les détails de la démonstration précédente, on peut faire plusieurs remarques utiles.
Rkmà&qui I. On a trouvé la formule
On voit que Vaccroissement h est facteur dans le second membre, et qu'il le sera encore si l'on remplace x par x^ -|- A, â7o-{-2A, pour former les différences
en sorte que toutes les différences premières contiennent en facteur Taccroîssement h\
RiMABQiJB H. Il est évident que si le polynôme proposé renfermait h en facteur, ce facteur se retrouverait dans les dérivées successives F'(a;o), F'(iro)...P*(j?o)» et, par suite, tous les termes de la différence contiendraient, non plus seulement A, mais A' en facteur. Il résulte de là que la différence première étant nn polynôme qui contient h en facteur, la différence seconde contiendra A* en facteur à tous les termes. La formule [1] prouve, en général, que si un polynôme ¥{x) contient en facteur une puissance ti^ de A, sa différence contiendra à tous les termes le facteur h^\ et il résulte de là que les différences des différences secondes, c'est-à-dire les différences troisièmes, contiendront le facteur A', les différences quatrièmes le facteur A* et ainsi de suite.
On voit que si l'accroissement A décroît de plus en plus , les différences décroîtront suivant une loi d'autant plus rapide que leur ordre sera plus élevé.