Prenons comme exemple la série de terme général
m et n recevant toutes les valeurs entières, sauf m = n=^ o.
Nous pouvons appliquer le théorème de Cauchy : il faut étudier l'intégrale double
r r dxdy
quand on l'étend à tout le plan, sauf à une région, de forme d'ailleurs quelconque, comprenant l'origine. En prenant les coordonnées polaires p et 0, cette intégrale devient
Cette intégrale restera finie, p croissant indéfiniment si
2|Jl — I > [ OU |Jt > I.
Ainsi la série double de terme s^énéral — z 5—7 sera conver-
gente si ix < i.
D'une manière plus générale, soit
ax^-h 7.bxy -h cy^
une forme quadratique définie et positive, c'est-à-dire où b^ — ac<Io
et a> o\ considérons la série de terme général
^ ani^ -+- 2 bmn -h c«* )l*
en donnant toujours à m et /i toutes les valeurs entières possibles,
sauf m = n = o.
Ce cas se ramène immédiatement au précédent, car le quotient
positif
am*-h ibnin ~{- cn^
quels que soient les entiers m et /ï, reste toujours compris entre deux limites déterminées différentes de zéro. Ainsi, k étant un nombre fixe, on a
et, par suite, la sérié proposée aura ses termes moindres que la série de terme général
et sera donc convergente si y. est supérieur à Tunité.
4. On peut facilement généraliser le théorème de Cauchy. Si la fonction /(^^y^ z) est toujours positive et que, pour tout point Xjy, z extérieur à une surface fermée S, cette fonction diminue quand la valeur absolue de j?, de ^ ou de ^ croît, et qu'enfin elle tende vers zéro quand les valeurs absolues de x, y ou z grandissent indéfiniment, la série triple
m^ftfp
étendue à toutes les valeurs entières, positives ou négatives, de m, n et/?, extérieures à la surface S, convergera ou divergera suivant que l'intégrale triple
fjjf^^'y' -) dx dy dz.
étendue à tout l'espace, moins le volume limité par S, aura ou non un sens.
2x^2 ÉQUATION DE LAPLACE. — DÉVELOPPEMENTS EN SÉRIES.
En particulier, la série triple de terme général
- — r — - (en laissant de côté m = //=/; = o)
sera convergente si
•2fJl > 3,
comme on le voit en transformant l'intégrale correspondante par l'emploi de coordonnées polaires.
D'une manière plus générale, si ç(^, J^, z) désigne une forme quadratique ternaire, toujours positive (sauf pour x =yz=z =o, système pour lequel elle s'annule), la série de terme général
sera convergente si |x est supérieur a - •
On peut enfin, d'une manière tout à fait générale, considérer une série d'ordre p. La série de terme général
{/ni -h ml H-.., -Y- ml )\h
où Von exclut seulement m, = m2 = - • •= nip=^ o, sera convergente si
En effet, d'après le théorème de Cauchy, il faut étudier l'intégrale multiple
quand le champ d'intégration grandit indéfiniment dans tous les -sens. Or, si l'on pose
.Ti = jS sin6y,, sînO;,-2 sinôj cos6|,
cri= p sin9;,i sin6^j sinôj sinOi,
Xi = 0 ftinOp-, sinOs cosOj,
Xp= p COSÔ^i^i,
qui donne une transformation en coordonnées polaires dans l'es-
SÉRIES .MULTIPLES. QqS
pace k p dimensions (^,,j;.j,...,^;,), on voit que dx^ dx2 ... dxp^ après la transformation, aura en l'acteur p''"' ; or
la partie de l'élément relative à p sera donc ^^J^^t ■ L'intégrale, pour p infini, restera donc finie si
atJt — /? -h I > I ou 2{1>/?.
On en conclura que, dans les mêmes conditions, la forme quadratique/(xi, Xj, ..., Xp) étant définie et positive, la série multiple de terme général
sera convergente.
o. Le résultat précédent peut être généralisé de la manière suivante. Soit
Y{x^,x,, ..yX,,)
un pol)^nome de degré a/î en j:,, Xj, ..., Xp\ on suppose que l'ensemble des termes homogènes de degré 2/1 dans ce polynôme ne puisse s'annuler que pour ^r, = ^ra = . . . = *r^= o. Remarquons d'abord que, dans ces conditions, l'équation
(3) F(/7ii, m,, ..., //!,,) = o,
OÙ les m représentent des nombres entiers, n'aura qu'un nombre limité de solutions, car, d'après l'hypothèse faite sur les termes du plus haut degré, les valeurs de X|, x., . . ., :r^ satisfaisant à l'équation
F(a7,, 37;, .... Xp)= O
doivent rester finies.
Ceci posé, considérons la série multiple
l[F(m„ m,,..., mp)\^
étendue à toutes les valeurs entières, positives ou négatives, de mi, m2, ..., nip^ sauf, s'il en existe, aux systèmes de valeurs en
294 ÉQUATION DE LÀPLACK. — DÉYELOPPEMEIiTS EN SÉRIES.
nombre limité satisfaisant à l'équation (3). Le rapport ^il!^^ , nij, ,.., nip )
restera jnanifestement entre deux limites déterminées, quelles que soient les valeurs entières de /w,, m2, . . ., nip, sauf
/?î , = /nj = . . . — - nip =z o.
Donc, en désignant par k une constante convenable, les valeurs absolues des termes de la série sont moindres que les termes de la série suivante
jLà kV-im] ^- /nî 4-. . .4- mD^V-
Elle sera donc convergente si
2nii>p,
et cette règle sera d\ine application facile.
IL — Quelques applications.
6. Un exemple très général de série multiple nous est fourni par le développement en série trigonométrique d'une fonction de deux variables. Soit /(j?, y) une fonction continue des deux variables X eiy telle que
/{x -h 'iTz, y) =/(ar, y), f{x, y -f- m) =/(ar, y).
On peut développer cette fonction en une série double trigonométrique. Pour éviter toute discussion, nous supposerons que la fonction ait des dérivées partielles des quatre premiers ordres elles-mêmes continues et périodiques. En considérant / comme fonction de x^ nous aurons le développement
/(^» ^) = ~ -^ ^ (^/« cosma? -t- bfn sinmr),
dans lequel
a,;, = - / f{Xj y) cos mxdx, b,n= - / /(r, y) sinmarrfx.
cim 6t bm sont des fondions continues de y^ admettant la période 37: : elles pourront être. développées en séries trigonométriques, et Ton aura
2 (««,//» cos n^ -f- pn,,„ sin /ij),
ou
a/ï,/n=- / ^m cosnj^^r = — / / /(x,y)cosFnivcosnydxdy, P«,/«=- / a,rt sinn^d[;'= -- / / /{x,jr)cosmxsinnydxdy.
On développera de la même manière bm en série irigonomé- Irique avec les coefficients a^, ,„ et P„ „,.
Nous obtenons donc une série double trigonométrique, mais les termes sont groupés d'une manière déterminée. Peut-on les disposer d'une manière quelconque? Pour s'assurer que Tordre des termes est arbitraire, sous les hypothèses faites, nous n'avons qu'à chercher Tordre de aL,i^m et P/?,m par rapport à /i et à m. Or, en intégrant successivement par parties, et tenant compte de la périodicité de /et de ses dérivées, on a
et Ton a une expression analogue pour pn^mt ^'n,mi P/» m- ^^^ coefficients de
cosmarcosnj', cos m x^mnY, sin/wjr cosnj^, sin/7îa?sinw^,
sont donc de Tordre de — -— r (pour n = o, — ;— r est à remplacer
par -^ )• Or la série double de terme général — r— : est évidemment
convergente ; on aura donc, sous les conditions indiquées, le développement absolument ef uniformément convergent
m = ao n = a
-h 0L'„^,n sin mx cosny -4- ^'n^m s'mnix sin ny).
7. Comme application particulière, je considère la série double