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II. — Représentation conforme d'un plan sur un plan

7. Considérons deux plans rapportés aux coordonnées rectangulaires {x^y) et (X, Y); on établit une correspondance entre les ])oints de ces plans, soit

D'après ce qui a été vu au § 2, la condition nécessaire et suffisante pour que cette transformation consente les angles est que

dV-\- dY^=z\{dx^-^ dy^),

i>i .%PPLU:aTI05S GÉOXÉTIIQCES DC TALCIL I\FI5IT£$IXaL.

/. élant indépendant des difl'érentieiles, cesl-à-dire ne dépendant «|uc de xet V-

Fxrivons plus explicitement ct:tte condition; elle re\ient aux deux relations

fjjr 0y ' 0x fJy

Telles sont les deux équations que doivent vérifier les (onctions V et i^. On peut les simplifier, car la seconde donne

t)jr Ox

0(1 dP'

Oy oy

\iï valeur commune de ces rapports est

OV X * "i f)i^ . «

et est égale, en vertu de la première équation, à rz i . On a donc, soit

*oit

ov __ f)q ov *)(}

Ox Oy Oy f)x

oP __oq *^'* u ^^v

~ôx Oy t)y Ox

<'t, pour passer du second système au premier, il suffit de changer Q en — Q. Nous pouvons donc nous borner au premier système

àP oq

Ox Oy

OP oq

Oy Ox

Nous retrouverons bientôt ce système qui joue, en Analyse, un rôle considérable. Si P et Q satisfont à ces deux relations, la transformation

\ = Pix,y), Y^q{x,y)

conserve les angles; on donne souvent le nom de représentation conforme d'un plan sur un plan aux transformations du tvpe prérédenl.

Nous avons laissé de coté le second système que nous avions rencontré. Géométriquement, on passe du second système au premier, en prenantla symétrique de la figure transformée par rapport à Taxe OX.

8. La remarque suivante nous sera, plus tard, très ulile. Soit une fonction V(j:, y), satisfaisant à Téquation

On fait la transformation conforme

x = P(\, Y), .K = Q(X, Y), V devient une fonction de X et Y ; elle satisfait à V équation

Pour s'en assurer, il suffit de vérifier la relation

d\i '■ OY^ ~ l\0\) "^ \0y) J \â^ '^'à/*)'

en calculant, d'après les règles élémentaires, les dérivées d'unr fonction composée. On vérifiera aussi que

iôx) -U) 7 [(ôx) -( Jy) \[{t.)^{^) \-

9. Un exemple intéressant de transformation conservant les angles nous sera donné par la considération du système d'ellipses et d'hyperboles homofocales

Si A^>c^, on a une ellipse, et si X^<^c^ une hyperbole. Fai-

sons r = I, et considérons les courbes

: h -- — = I avec X*>i (ellipses),

lli "^ zizr: = ' (o < [X» < I ) ( hyperboles}.

Si l'on suppose que x ely sont positifs, à toute valeur de X* et a* correspond un point (x^y). On a d'ailleurs, en résolvant,

et de là résulte Or, si l'on pose

V''X«— I v^i — fx

on aura

donc la correspondance entre (x^y) et (a, p) conserve les angles. On a, d'ailleurs,

p = arc sinfx,

et, par conséquent, en remplaçant X et [a par leurs valeurs en x ctp,

l X = -ie^-h e-«)sin3,

|^=-(e»-e-«)cos?.

On vérifiera que cette transformation rentre dans leBecond tjpe. Quand le point (a, ^) décrit dans son plan une parallèle à un des axes, le point (x, y) décrit une ellipse ou une hyperbole; toutes ces ellipses et hyperboles sont homofocales. Nous allons en déduire facilement une propriété remarquable de ce système, mais commençons par définir ce que Lamé entend par courbes isothermes.

10. On démontre, dans la Théorie mathématique de la chaleur, que, si les points d'un plan sont en équilibre de température, c'està-dire si la température V en chaque point est simplement fonction des coordonnées x ety de ce point, et non du temps, cette fonction V(a:, y^ satisfait à Téquation

Pour un certain état d'équilibre de température, une famille de

courbes

'f («r, ^) = const.

est dite isotherme, si pour tous les points de chacune de ces courbes la température est la mémo; celle-ci variera d'ailleurs d'une courbe à l'autre. Pour que les courbes ç = G soient isothermes, il faut et il suffit qu'il existe une fonction de ^ satisfaisant à Téquation (4), puisque V(j:, y) doit être une fonction de '^. Cherchons la condition pour qu'il en soit ainsi; soit

V = V(cp).

En substituant dans l'équation (4), on a

ce que nous écrirons

Le premier membre ne dépend que de '^ ; il doit en être de même du second. Or © étant donné, on peut former ce second membre; la condition nécessaire pour que la famille (p =i G soit isotherme est que ce second membre se réduise à une fonction de ^, Gette condition est aussi suffisante, car, si elle est remplie, la relation précédente permet de trouver la fonction V(«)) par une quadrature.

Montrons (\\iune transformation conservant les angles trans-

forme une famille de courbes isothermes en une autre famille de courbes isothermes.

Ainsi nous effectuons sur j* et y une transformation de la nature de celles que nous avons considérées plus haut

on a une famille de courbes isothermes

elle se transforme en la famille

il faut montrer que la famille 4> = C est aussi isotherme. Nous avons vu en effet (§ 8) que

el que

mH?>y -m - mm * {%!]■■

par suite, en divisant

d\^ d\^ __ d.r^ djrt

m- m {iïAtr

Si donc le second membre est une fonction de (p, nous sommes assuré que le premier sera une fonction de ç et, par coUvSéquent, de 4>. Les courbes 4> = C sont donc isothermes.

11. Revenons aux ellipses et aux hyperboles homofocales étudiées au § 9. La transformation (3) qui transforme les angles transforme ces ellipses et ces hyperboles en deux systèmes de

droites

a = const., p = const.

Or ces systèmes de droites forment évidemment des systèmes isothermes. Nous avons donc, par suite, ce théorème de Lamé :

Les ellipses et les hyperboles homofocales forment un système de courbes orthogonales et isothermes.

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