‹ Traité d'analyse (volume 5)Chapitre 132 sur 184 · VIII. — Des deux courbures des courbes gaucbes · texte numérisé non relu

VIII. — Des deux courbures des courbes gaucbes

Dans la G6om6trie a trois dimensions, comme dans la G6om£trie a deux dimensions, il est naturel de mesurer la courbure d'une courbe par l'inverse du rayon du cercle oscu-

- QUESTIONS DEPENDANT D'lNFINIMENT PBTITS. 363

lateur. On arrive aussi d'une autre maniere a la mesure de la courbure.

Si, com me en Geom£trie plane, nous appelons angle de contingence Tangle de deux tangentes voisines; si nous appelons de cet angle; si nous designonsen outre par ds l'arc

correspondant, -y- sera ce que nous appellerons la courbure.

Mais, ind£pendamment de cette courbure, les courbes gauches en possedent une autre (qui fait, par exemple, que l'he'lice a un pas) ; cette courbure ou torsion est produite par le de'placement du plan osculateur. Nous la mesurerons k l'aide des considerations suivantes.

L'angle que deux plans osculateurs infiniment voisins font entre eux au point M d'une courbe est appele* angle de torsion.

En d&ignant par dto Tangle de torsion, ds Tare correspon-

dant, -j- est ce que Ton appelle la torsion en M .

Pour calculer la courbure et la torsion, nous ferons usage d'un lemme que nous allons d£montrer.

Lemme. — Soient a, (3, y et a h p n y« les coefficients directeurs de deux droites, leur angle; on a

V ' (**+P + l*K*l + n + rt)

Supposons maintenant que a 4 , (3 t , y« soient ce que deviennent a, (3, y quand on passe de la droite a, (3, y suppos£e mobile k sa position infiniment voisine ; on aura

ot,= a-t-c?a, p t = p -h- c?p, Yi=Y" } "' c fy> sin 1 8 = 8*, et la formule (i) donnera

Telle est Texpression que nous voulions obtenir de Tangle de deux droites infiniment voisines.

364 GHAPITRB Y.

Applications. — Supposons d'abord que a, (3, y repr6sentent les coefficients directeurs de la tan gen te a une courbe au point (x, y, z), et soit ds l'6l£ment d'arc de cette courbe ; on aura a = dx, [3 = dy, y = ^ z i et 8 = rfe sera Tangle de contingence ; il viendra alors

, (dyd l z — dzd l y)*^(dzd?x — dxd?z)* + (dyd*x--dxd i y) 2 az : ;

en divisant par ds 2 et en appelant -^ la courbure, on aura

( \ x ^(dydtz — dzdtyp + idzdix — dxd* z)* -h(dyd *x — dxd*y}* W R* Si

Nous appellerons R le rayon de courbure; nous pouvons observer qu'en d£signant par A, B, C les coefficients du plan osculateur, on a

(a6w) Ri = dS ;

la formule ( 2 ) peut encore s'^crire

, . . 1 (dx 3 + dy t -hdz*)(d*x 1 -+-d t y* + d*z*) — i(dxd'x-hdyd*y-hdzd*z*) {2t er) w% = gj;

En observant que dx 2 -+- dy 2 -t- dz 2 = ds 2 et qu'en diflferentiant on a dxd 2 x -\-dyd 2 y -\-dzd 2 z = dsd 2 s, la formule (2 ter) devient

1 __ ds*(d*x*-+- d*y*-i-d*z*) — t xdsd*$ a R* ~" ~~ds* '

si done on prend s pour variable ind£pendante, on a d 2 s = o, et

Hi " (£)'+ (&)'+ &)'■

formule souvent utile, ct qui montre, ainsi que (2), que le rayon de courbure est £gal au rayon du cercle osculateur (voir p. 359).

QUESTIONS DEPENDANT D'iNFINIMENT PETITS. 365

Supposons en second lieu que Ton prenne

a = A = d % y dz — d*z dy, £ = B = d*zdx — d*x dz, Y = C = dtx dy — d*y dx,

A, B, G d£signant, comme plus haut, les coefficients directeurs du plan osculateur; dans la formule (i), 8 d£signera Tangle dto de deux plans osculateurs voisins ou, si Ton veut, Tangle de torsion, et Ton aura

(5) rftl>* =

Posons

(BdC — CdB)*->r(CdA — XdC)*-h(AdB — BdX)*

dx dy dz d>x d*y d*z <Px d?y d*z

A est ce que Ton appelle le determinant de la courbe. Si Ton effectue le developpement de BdC — GrfB, on trouve, en faisant usage des formules (4).

BdC — CdB = bdx, CdA — AdC = ±dy, AdB — BdA = \dz.

Liquation (5) donne alors

dt»* =

A»<ft«

et, en appelant „ la torsion -,- ,

(A»-rB*-t- C*;»

du>

T* (A^B^-hC*) 2

puis, k 1'aide de (2 bis), on a

T* ~ ds"

et

CHAPITRB Y.

T s'appelle le rayon de torsion.

L'expression de A et par suite celle de T prennent des

formes remarquables quand on choisit Fare s pour variable

ind£pendante. On a

of y z'

A ds*

en d£signant par x\ y, z\ ... les ddrivies de x+ y, z relatives h; on en conclut, en ^levant au carre,

\ds*J

y^ 2*'^ 2* vw

Sx'af ^V s 2^^ ^x'x" ^x'aT J^x"*

or, si Ton differentie les formules z^ 2 == l et zl^ a dont la seconde est identique a (3), on a

on a aussi

La formule ( 7 ) devient alors

R \ ck

QUESTIONS DEPENDANT D'lNFINIMENT PETITS. 367

OU

\dsy

(6) devient par suite

) ~ R*2d xm% R« R»V ds J ;

ds

Till. — Discussion des formulas relatives a la courbure.

Le rayon de courbure estune fonction de x,y, z, ouplut6t de l'une quelconque de ces variables; il ne peut £tre qu'accidentellement nul ou infini. En effet, si Ton suppose R toujours

infini ou ^ toujours nul, les coefficients A, fi, C du plan oscu-

lateur seront toujours nuls, et, dans ce cas, nous avons vu (p. 358) que la courbe se r£duit a une droite. R ne saurait

£tre toujours nul, sans quoi ^ serait toujours infini et

\ds* J \ds*J \ ds* )

aussi, ce qui ne peut avoir lieu. La torsion £tant exprim£e par la formule R 2 -r^ ne peut 6tre constamment nulle que si A = o ; or on a, en prenant z pour variable ind^pendante,

dx dy dz d*x d*y o d?x d*y o

c'est-a-dire

A = (d*x d*y — d*x d*y) dz.

Si Ton pose A = o, dz dtant different de ze'ro, on a

dtxdty — d*xd*y =

368 GHAPITRB V.

ou, en designant par cune constante,

logd*y — \ogd*x = logc,

ce que Ton v^rifie en remarquant que la dittfirentielle du premier membre de cette formule reproduit le premier membre de la formule pr£c£dente. On peut £crire cette formule ainsi

d*x~° ou

d*y — cd*x = o;

en appelant d une nouvelle constante, on trouve

dy — cdx = c'dz, et, en appelant c" une troisi&me constante,

y — ex — c'z = c";

e'est liquation d'un plan : done les courbes planes ont seules une torsion nulle.

Remarque. — Ainsi, pour exprimer qu'une courbe est plane, on pourra ecrire que son determinant est nul.

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