‹ Traité d'analyse (volume 2)Chapitre 100 sur 160 · III. — Recherche des courbes égales à leurs développées · texte numérisé non relu

III. — Recherche des courbes égales à leurs développées

Appelons R le rayon de courbure d'une courbe, a l'angle que fait ce rayon de courbure avec une droite fixe, l'axe des X par exemple. Je dis que léquation

détermine entièrement la forme de la courbe (mais non sa position); l'équation (i) devient en effet, en y remplaçant R et a par leurs valeurs exprimées en fonction des coordonnées x,,y d'un point de la courbe,

■i/(y') étant mis pour o { arctang — — j» on en lire

(i + y-)^ et, par suite,

x — Xo = 0(/), Xq désignant une constante*, on déduit de là

et l'on aura

y —yo= I F{x — xo)dx = ^{x — xo);

c'est l'équation générale des courbes ayant pour équation

Iransporlées parallèlement à elles-mêmes dans leur plan.

ÉQUATIONS d'ordre SUPÉRIEUR XON LINÉAIRES. aOQ

Ainsi réquation (i) détermine complètement la forme d'une courbe, mais cette courbe peut être transportée parallèlement à elle-même, sans que l'équation (i) en soit altérée.

Cela pose, l'équation de la développée de la courbe (i) sera facile à trouver : en appelant R' son rayon de courbure, son ang^le de contingence sera <:/a, son élément d'arc ± dB, en sorte que l'on aura

mais l'angle a' que la normale à la développée fait avec l'axe des X est a dr ^ : donc l'équation de la développée est

ou, si 1 on veut,

(2) R = oYa=h-

Pourqueles équations (i) et (2) représentent la même courbe, il faut qu'en faisant tourner l'une des deux courbes d'un angle

). zn - elles deviennent identiques; donc

s'il avait fallu renverser sens dessus dessous l'une des courbes pour la faire coïncider avec l'autre, on aurait eu

Nous nous occuperons d'abord de cette équation qui est plus facile à intégrer que (3) : si on la difTércntie, on trouve

et, en changeant a en ). — a,

26o CHAPITRE V.

Combinée avec (4), cette formule donne

ç(À — a) = — cp"(À — a) OU bien

cp(a) = — ^"(5t) ;

cette équation admet pour solution

o ( a ) = A cos a -1- B sin a ou

cp( a ) = A sin ( a -T- /i ).

A et II désignant deux constantes, on peut supposer h = u sans altérer la forme de la courbe ; on a alors

R = cp(a) = A sina ou bien

^^ ^, — — = A sin ( — arc tan^— )

ou

on en conclut

et, en intégrant,

(5) -arctansryH — r- = —;

on aurait de même

ou

Des formules (5) et (6), en posant )/= tang-, on lire

A, X = — (« -4- sin {<),

y = 7 (i -^ cosu);

ÉQUATIONS d'ordre SUPÉRIEUR NON LINÉAIRES. 261 • 1' 1 A

SI 1 on change u en - -h «, x en ^ 4- — t: et y en — j', on

trouve

A , T = — (« — sinzf ),

JK = -7- ( I — cos «/ ),

équations d'une cycloïde.

L'équation (3) paraît beaucoup plus difficile à intégrer que l'équation (4); mais on peut en trouver un nombre illimité de solutions. Si Ton pose en effet

cp(a)= AoC^oa-i- Aie''.^^- Aoe"^^^-

o ( a -+- À ) = Ao e'»o>- e'^o ^f -i- . . . , o'(a)= «oAoe"o'^ — .. .,

on satisfera à la question en prenant

no = ± €"<>''•, rt, = =h:e"<^-, ...,

c'est-à-dire, en prenant pour /?o, /?(, n.^^ ... les racines de l'équation,

Cette équation a deux racines réelles; si l'on appelle v l'une

d'elles, on aura

o(a)= Ae''^:

donc, en remplaçant dans (i) R par sa valeur,

c'est l'équation d'une courbe égale à sa développée. Pour

intégrer cette équation, nous prendrons a pour fonction et

nous aurons

cola = -y,

(lo) devient alors

sin-'a

-, — =r= Ae-^--*

a' sinae"'^ = A ; on en conclut

/sin

ae^'^f/x = Xx

sina cosa ) e^^ = Xx -+- const.

Si l'on différentie, on a

mais

dy

-cola ax

dx = — langa dy,

donc

— cosoce'^^dx — Xdy,

d'où l'on tire, en intégrant,

— ( cosa H — ; sina ) e"''^= A v -i- const.

On peut, en transformant les coordonnées et en posant

v = tangp, écrire

kx = cos(a-i- P)evx^

AjK = sin(a + ^)e^3'; on en conclut

^ = lang(a-+-P),

donc a -i- [i est l'angle polaire 0 de la courbe rapportée à des coordonnées polaires. Mais on a

ÉQUATIONS d'ordre SUPÉRIEUR NON LINÉAIRES. 263

on en conclut, en faisant x- -r- y- = i'--,

A /•'- =- eî-'^'J-?) ;

la courbe cherchée est donc une spirale logarithmique, mais il est clair qu'il existera encore beaucoup d'autres courbes jouissant de la propriété énoncée.

Une analyse toute semblable à la précédente conduirait à trouver les courbes semblables à leurs développées ; il faudrait alors résoudre des équations de la forme

ou bien

cp(À — y.)= =rA-o(a).

La seconde fournit lépicycloïde, la première fournit entre autres courbes la spirale logarithmique.

Page 1