‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 110 sur 163 · PERCEPTA. — FOLIE, SUICIDE ET CRIMINALITÉ · texte numérisé non relu

PERCEPTA. — FOLIE, SUICIDE ET CRIMINALITÉ

accrue de 0,102(10 pour 100), le nombre des accusés et des prévenus n'a augmenté que de 0,096 (9 pour 100) ; encore cet accroissement se rapporte-t-il aux préventions seulement : le nombre des accusations a diminué, et dans la période de 1861-18Zi5, le nombre des crimes dénoncés est moindre qu'en 1826 1830. Ainsi, à mesure que les hommes s'instruisent, ils s'améliorent. Les détails confirment celte induction l'ondée sur les données d'ensemble. Le nombre des Français (conscrits) ne sachant ni lire ni écrire a diminué régulièrement depuis la période 1826-1830 jusqu'à celle de 1866-1850 ; cette diminution atteint 25 pour 100. L'instruction est-elle sans clfet sur la moralité, le changement de rapport qui est survenu entre le nombre des individus lettrés et des individus illettrés se répétera entre le chiffre des accusés lettrés et celui des accusés illettrés. Or, loin d'avoir bais.sé de 25 pour 100, le nombre des accusés illettrés n'a diminué que de 15 pour 100, preuve que les classes ignorantes évitent moins que les autres les suggestions perverses. Ce tait si important ressort du tableau suivant, diessé par M. Guillard:

France. 1826-1830. 1846-1850.

Habitants adultes (15 ans et au delà). 22,200,000 23,700,000

illettrés 13,820,000 9,300,000

— lettrés 8,380,000 16,400,000

Accusés (moyenne annuelle) 7,130 7,430

— illettrés 4,330 3,780

— lettrés c 2,780 3,650

Un accusé illettré sur 3,180 habit. 2,460 habit.

— lettré sur 3,020 — 4,300 —

Accroissement proportionne! des accusés illettrés. . -f 0,228 [ Diminution proportionnelle des accusés lettrés. . . — 0,490

Ainsi, sous la Restauration, il y avait 1 accusé lettré sur 3000 habitants, et vers la fin du règne de Louis-Philippe,. on n'en compte plus que 1 sur 4500. L'inverse a lieu pour les illettrés, ils fournissent un contingent croissant à la criminalité. Que si plusieurs départements les plus instruits donnent beaucoup de prévenus, cette coïncidence s'explique par l'agglomération de la population, par celle des richesses, par une plus âpre concurrence, par une plus grande activité dans les passions, etc. Une statistique plus complète montre qu'il n'y a point la un rapport de cause à effet, et, comme ledit M. BertiHon, elle rétablit du même coup l'accord entre la science et le sens intime.

riYGIÈNE PUBLIQUE.

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