III. — Excréta
H y a longtemps que Ramazzini a réclamé l'établissement de bains publics pour les ouvriers ; à Rome, les ouvriers, après avoir travaillé tout le jour, allaient le soir aux bains pour se laver et se refaire de leurs fatigues; aussi, dit cet auteur, ils étaient moins sujets aux maladies que les ouvriers de notre siècle. On n'a pas fait une étude exacte des professions considérées dans leurs rapports avec les maladies de la peau ; on ne peut accorder l'importance d'une statistique au tableau que G.-L. Cadet-Gassicourt a dresse
HYGIKNE PUBLIQUE.
(les maladies et des vices propres à chacune d'elles (1), avec la prétention de rectifier ou de compléter Rama/zini. Sur 79 cas de maladies cutanées (50 psoriasis, 25 eczémas, 3 impétigos et 1 pempliigus), M. Fleury a noté 7 individus de professions exposées aux vicissitudes de l'air, 17 soumis à l'action d'une température très élevée, 9 exposés au contact de substances irritantes. Les soins cosmétologiques varient dans les professions suivant les lieux où elles s'exercent, les matières qu'elles manipulent, le degré d'aisance et d'instruction des ouvriers. Il est des professions qui agissent spécialement sur certaines sécrétions : les blanchisseuses sont sujettes à la suppression des menstrues ; la salivation survient chez les étameurs, etc. Les professions sédentaires donnent lieu à la constipation et à la paresse de la vessie ; celles qui exigent de grands elforts musculaires, à des sueurs abondantes, etc. Les soins de propreté sont négligés par la plupart des ouvriers de fabriques et manufactures, quoiqu'elles se trouvent pour la plupart au voisinage des cours d'eau (Lille, Rouen, Amiens, etc.); un grand nombre d'usines, mues par des machines à vapeur, versent sur la voie publique des courants continuels d'eau chaude qui permet de laver, presque sans frais, le linge des familles. Combien les lotions et le ; peignage des cheveux sont nécessaires aux ouvriers des filatures de ] coton, d'éloupes, des fabriques de céruse, etc. ! Et pourtant, d'après j M. Thou venin, les trois quarts d'entre eux s'en dispensent ; les ouvrières âgées se font surtout remarquer par ce genre d'incurie, et ' les ivrognes, souvent même dépourvus de linge, sont le type de la malpropreté squalide et invétérée, (Voy. plus haut, Bains et lavoirs publics.)