DES REPAS KT DES RATIONS
ou
jours.
jours.
jours.
jours.
jours.
jours.
jours.
jours. 1
gram.
Farine d'armement.
Boissons.
Eau-de-vie , rhum
centilil.
Via de campagne. .
Déjeuners.
gram.
Dîners.
Sou/pers.
Comme on le voit, sur trois repas deux sont délivrés en biscuit, et le troisième en farine ; le vin et l'eau-de-vie entrent chacun par moitié dans la ration journalière de liquides. Pour la consommation de huit mois on embarque quatre fois plus de rations de lard que
! de bœuf salé, et autant de rations de fromage que de bœuf. Les I modificiitions qu'une campagne de huit mois entraîne dans la disi tribution des rations par suite de lepuisementde certaines ressources i alimentaires, s'opèrent habituellement dans un sens plutôt défavorable qu'avantageux à l'hygiène des matelots (Fonssagrives). Que : les approvisioimements permettent donc de maintenirau moins, si i ce n'est d'améliorer, la composition de la ration qui, sous le rapport ' des équivalents nutritifs, ne laisse rien à désirer (voy. t. I, p. 835) ; que Ton puisse aussi proportionner la nourriture au travail. Biscuit sec, sonore, et que l'on trempe avant de le consommer; salaisons (voy. page 629) de bonne qualité, aliments divers, légumes comprimés, dont la conservation, due au procédé Appert et à l'industrie de MM. Chollet-Masson, est si précieuse pour les malades et lesconvalescents; substances fraîches autant que l'on pourra s'en procurer; condiments alliacés, acres et aromatiques; café, vin, malt et bière que plusieurs navigateurs considèrent comme des antiscorbuliques; acide citrique, qui semble jouir au plus haut degré de cette propriété, et qui devrait entrer dans les distributions quotidiennes; choucroute, comme ressource de variété et de salutaire stimulation; tabac, enfin, dont la privation est presque insupportable à beaucoup de marins : tels sont les ingrédients du régime qui leur convient, et qui, secondé par d'autres mesures d'hygiène éclairée, préserve aujourd'hui les équipages du scorbut. On a accusé les salaisons de produire cette maladie; mais Cook a conservé ses gens en bonne santé, malgré l'usage de ce genre d'aliments. Lind a même recommandé l'eau de mer comme antiscorbutique. Malgré ces données, l'usage prolongé et exclusif des viandes salées ne nouâ paraît pas étranger au développement du scorbut ; seulement nous considérons celte maladie comme le résultat de causes multiples: uniformité du régime, défaut de nourriture végétale, dépression morale ; mais surtout humidité froide, air stagnant et privation de lumière, car il existe plus d'une similitude entre cette affection des marins et l'anémie qu'on observe dans les prisons, les casemates, les villes assiégées. Le tarif alimentaire pour les malades en mer est empreint de libéralité; on embarque par homme:
kil.
Conservea
j de mouton
( de volaille
Chocolat 2,000
Prunes on boîte 0,200
Fr'îcule de riz 1,000
Tapioca 1,000
Gelée de coing 0,500
Gelée de groseille 0,500
Assaisonnement. Lait conservé par le procédé de M. Lignac, 1/2 litre pouvant faire 3 litres, sucre, 3""', 000.
Les caisses de fer empêchent l'eau de se corromprez, mais lui enlèvent l'oxygène de son air ; il faut la filtrer par le filtre à double courant de Zini, adopté pour la marine, puis la laisser exposée à l'air ou lui rendre son oxygène par le battage. La distillation de l'eau de mer, au moyen des appareils les plus récemment adoptés (voy. p. 19), peut être utilement employée, surtout si l'on a soin de l'arrêter à moitié du volume d'eau de mer, pour prévenir le goût infect des matières organiques distillées, et si l'on ajoute préalablement une dose de chaux pour retenir l'acide chlorhydrique qui résulterait de la décomposition de l'iiydrochlorate de magnésie.
U° Vêtement. Le marin a besoin de vêtements de laine qu'il doit ^ changer dès qu'ils sont humides ; une demi-blouse de toile cirée, recommandée par Foullioy et M. Laurencin, le garantirait contre la pluie et les vagues. A part celte lacune, le règlement a pourvu aux besoins du matelot. L'eau de mer imprègne les tissus d'une humidité tenace et comme poisseuse ; l'eau douce est donc indispensable au lavage du linge et des vêtements, mais sa rareté ne permettait guère les deux lessives prescrites par semaine avant l'emploi de la chaudière distillatoire à bord des navires (voy. p. 19j. Ordinairement le linge est lavé d'abord à l'eau de mer, puis rincé dans l'eau douce. Il faut désigner un réceptacle pour le linge sale que les marins entassent dans leurs sacs ; leurs personnes mêmes doivent être soumises à des inspections journalières de propreté qui porteront sur leur tête, leur bouche, leurs mains et leurs pieds. La brosse à dents doit entrer dans le mobilier réglementaire du marin comme dans le sac du soldat. Les hamacs, tendus dans le sens longitudinal du navire, oscillent aisément et conservent leur centre de gravité malgré les agitations du vaisseau ; leur garniture se compose d'un matelas de laine ou mieux de crin, et d'une couverture de laine. Ils doivent être tendus assez loin des écoutilles et des cuisines. Il faut deux hamacs par matelot; ils doivent être lavés
(1) Voyez Forget, Médecine navale, t. I, p. 222.
Aliments légers
I tous les quinze jours ou tous les mois, etpurifiésau chlore. Le cadre I suspendu convient mieux pour les malades à bord.
5" Travaux et mœurs. Les manœuvres du navire développent la force des parties supérieures du corps ; l'espace ne comporte point un exercice suffisant de locomotion ; il y faut suppléer par des évo- I lutions dans les haubans, par la danse, qui a l'avantage en même : temps de combattre la nostalgie. La nécessité d'un service non I interrompu a fait diviser l'équipage en deux moitiés qui alternent I et qu'on appelle bordées ou quarts ; la première bordée se couche ; au branle-bas du soir (7 heures) et se relève à 11 heures pour fonci tionner jusqu'à h heures du matin; elle se recouche alors jusqu'au ' branle-bas du matin. Chaque bordée a de cette manière un sommeil de 6 heures environ, c'est-à-dire un sommeil insuffisant ; aussi M. Keraudren a-t-il proposé de partager le service de jour et de • nuit en trois quarts, et ce conseil est suivi généralement, quand les circonstances de navigation le permettent. Beaucoup de matelots trouvent la vie du bord moins dure et moins pénible que celle qu'ils menaient chez eux. Chaque navire a un certain nombre d'ouvriers, tirés des arsenaux ou choisis dans les levées de l'inscription maritime; appliqués aux métiers nautiques (calfatage, voilerie, charpentage), ils appartiennent à la portion la plus vigoureuse et la plus résistante de l'équipage. Les surnuméraires (domestiques, cuisiniers, boulangers, agents de cambuse) que nous avons vus figurer pour une grande proportion dans les relevés de maladies et de décès, doivent ce triste lot et à la nature de leurs travaux et à leur défaut d'habitude nautique. Entre l'équipage et les officiers, se trouve l'utile et modeste classe des sous-officiers ou maîtres dont la condition hygiénique à bord est intermédiaire. Les travaux accidentels auxquels sont appliqués les marins ont pour but la visite et le nettoyage de la carène, le ravitaillement et le chargement. Les ratiers, placés sur un radeau pour fourbir les feuilles émergées du doublage et pour peindre les taches de la carène, ont les pieds dans l'eau et la tète au soleil; [es plongeurs, qui visitent la carène après les échouages, sont exposés aux efl"ets de la compression atmosphérique et surtout au danger de la décompression subite (voy. t. I, p. Zi07) ; les désarrimeurs, en procédant au désarrimage partiel ou général d'un navire armé depuis plusieurs années pour aveugler une voie d'eau, pour nettoyer la cale, etc., subissent des dangers presque identiques avec ceux du curage des égouts. Par le beau temps, il convient de faire monter souvent l'équipage sur le
HYGIÈNE PUBLIOUK.
pont et de l'y abriter sons des tentes. Lind rapporte qu'nn capitaine hollandais, transportant 200 hommes à la Nouvelle-Ecosse, les empôcha de monter sur le pont et en perdit la moitié par maladie. Pendant les jours de calme, les exercices de l'art nautique entretiennent l'activité des matelots: il est nécessaire de ménager suffisamment leurs forces, afin de pouvoir compter sur eux dans les moments de danger. Plus la discipline navale a de rigueurs et de châtiments semi-barbares, plus les chefs doivent se montrer justes et dignes de l'autorité qui leur est attribuée; si la faiblesse compromet le pouvoir, la brutalité despotique le rend odieux et dispose à la révolte. Au reste, le marin est un être à part; rude, mais cordial et franc; dépourvu de respect humain, mais plein d'une religion naïve qui s'exalte jusqu'à la superstition ; prodigue de sa vie sur mer dans les périls et à terre dans les excès ; dédaigneux des vanités luxueuses du citadin ; fier d'une profession qu'il ennoblit par un dévouement de tous les jours: tel est l'homme de la mer que sa force de réaction préserve souvent des épidémies, meurtrières pour les soldats et pour les passagers. L'ivrognerie est le vice dominant des marins ; on a remarqué que les matelots bretons et normands sont surtout entraînés à ce vice, tandis que les méridionaux le sont aux excès génésiques. Un Rapport de M. Reynaud sur les maladk^s vénériennes au port de Brest établit qu'en 1852 et en 1853 un effectif moyen de 1641 hommes des équipages de ligne a fourni 443 vénériens par an ou 26,9 pour 100; la contagion syphilitique a donc altteint plus du quart des marins présents. En 1853, sur 142,901 journées d'hôpital 43,386 appartiennent aux maladies vénériennes. L'onanisme est commun parmi les mousses. La séquestration maritime produit encore d'autres aberrations qui nécessitent la morale vigilante des chefs; aux marins comme à certains livres il faut appliquer le critérium d'Horace: ubi plura nitent....
6" Mortalité. Les matelots comme les soldats ont fourni de mémorables exemples de longévité ; mais ces faits n'ont pas de signification générale. Quant à la mortalité, on la voit diminuer à mesure que l'on se rapproche de l'époque actuelle, et varier dans un rapport étroit avec les mesures d'hygiène. Ainsi de Wert (1598) compte dans la mer du Sud une mortalité moyenne annuelle de 49,1 sur 100; celle de la flotte de l'amiral Lancasler (1610), due au scorbut, monte à 33,0 sur 100 ; la même maladie frappe la flotte de l'amiral Anson d'une mortalité moyenne annuelle de 96 sur 100, tandis que Cook ne perd en 1772 que 1,2, et en 1778 que 1,3. Le nombre
moyen des décès annuels a été, dans les expéditions du capitaine Parry, de 0.7 en 1819, de 2,1 en 1821, et de 0,5 en 1824. L'enquête prescrite par les lords de l'amirauté, sur la mortalité et les maladies dans la marine anglaise de 1830 à 1837 (1), a fourni- des résultats d'un haut intérêt. Déduction faite des accidents, l'influence des climats se montre comme il suit:
Stations maritimes. Décès sur 1000 individus.
Amérique du Sud 7,7 \
Indes occidentales et Amérique du Nord .... 18,1 J
Méditerranée f Moyenne générale des
Indes orientales 15,1 > décès sur 1000 :
Cap et côte occidentale d'Afrique 22,5 i 11>8|
Angleterre (service intérieur) 8,8 j
Angleterre (services divers) 10,3 /
Ce chiffre n'est pas supérieur à celui de la mortalité de toute la population d'Angleterre ; il est au contraire inférieur à celui des classes ouvrières prises au même âge dans les villes; et si l'on songe qu'une portion de l'effectif de la marine est employée sur les rives pestilentielles des Indes et de l'Afrique occidentales, on est tenté d'accorder une certaine vertu de préservation à l'air maritime, à Téconomie générale des vaisseaux de guerre et à la direction du régime. Il y a 30 et 60 ans, le chiffre moyen des décès annuels de la marine anglaise était, non de 11,8, mais de 91 et même de 125 sur 1,000. M. Boudin a essayé de démontrer, à l'aide d'une statistique qui comprend une période de trois années et les résultats fournis parles marins stationnés dans la Méditerranée et en Espagne que la mortalité de l'armée de terre l'emporte sur celle de l'armée de mer ; mais 1° les éléments d'une statistique purement maritime de mortalité manquent encore (Fonssagrives, /. c. p. 613); 2" quelques statistiques maritimes isolées ont dû peser trop dans ces calculs : ainsi, la mortalité au Sénégal et sur la côte d'Afi'ique est de 61,7 p. 1000 pour les troupes (Godineau, Boudin) et de 22,5 (Wilson) ou de 23,8 (Raoul) pour les équipages stationnés dans ces parages ; 3" les divergences statistiques des auteurs quant aux décès d'une môme colonie autorisent au moins le doute sur la valeur de leurs énonciations : ainsi, à la Jamaïque, les troupes perdent annuellement 29,7 d'après M. Tulloch, et 91,0 suivent M. Marshall; à Ceylan, 61,2 d'après le premier, et 18,3 suivant le second. Que si des recherches ultérieures et plus complètes viennent à confirmer
(1) Gazette médicale, 1844, p. 379 et suivantes.
UYGIÈNK PUBLIQUE.
aux marins cet avanti.ge sur l'armée de terre, nous l'attribueron.s plus particulu^renient aux garanties de leur mode de recrutement par l'inscription, à la régularité plus grande de leurs travaux et de leurregmie, à l'action plus constante et plus étroite de leurs chefs hiérarchiques sur leur bien-être et sur leur hygiène. En temps de guerre, lo marin a son logement et sa nourriture assurés à bord; point de bivacs, point de campements, point de marclies pénibles sous un lourd fardeau de munitions et d'équipement dans les contrées insalubres, point de corvées journalières pour les vivres, le combustible, etc. Non que les périls et les privations manquent aux marins; mais dans certaines limites, ils trouvent en s'embarquant, ils conservent sous la main une somme de ressources et de bien-être que l'administration la plus active et la plus prévoyante ne peut toujours assurer au soldat en campagne.
S — Profession agricole.
• Les influences générales de cette profession sont celles de l'air libre (voy. 1. 1, page 689), des habitations rurales, des marais (t. II), des fumiers (voy. t. II, p. 5h9); d'autres, plus spéciales, dérivent du genre des travaux : élève des bestiaux et vie pastorale, labours et grande culture, vignobles, pêcheries, exploitation des marais, défrichements, jardinage et travaux légers de la campagne. Les effets que subit l'homme livré à ces différentes occupations se rapportent à l'attitude plus ou moins vicieuse du corps, à la durée journalière du travail, à l'intensité des efforts proportionnellement à la force de complexion et à la nourriture, à la nature du sol qu'il remue et dont les émanations l'enveloppent, à l'action des qualités météorologiques de l'air, à la spécialité des cultures, etc. Il est inutile de revenir sur ces divers ordres de modificateurs précédemment étudiés. L'habitant des campagnes vit plus frugalement que celui des villes; il mange moins de viande, mais plus de pain et de laitage; son vêtement est plus grossier, son logement moins cher; son chauffage consiste souvent en bois sec, bruyère ou chaume qu'il fait ramasser par les siens. On a calculé la dépense nécessaire d'une famille composée du chef, de sa femme et de trois enfants ou de deux enfants et d'un vieillard. Pour l'ouvrier des villes, elle monte à 860 fr. par an ; pour celui des campagnes, à 620 fr (Bigot de Morogue. Villeneuve-Bargemont, De Gérando). Que si l'ouvrier des campagnes gagne en outre le prix deses outils, il se trouve au-dessus