‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 19 sur 163 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Phosphate terreux.

gram.

gram.

0,15 à 0,23 lOà 16

gram.

gram.

giam.

En considérant séparément l'urine des deux sexes , on trouve que celle de la femme contient plus d'eau (975 à ^68) et moins de matériaux solides. M. Lecanu a établi les moyennes suivantes pour 1000 parties d'urine recueillie en vingt-quatre heures : eau, 973g-- 975 • urée , 133'-,07a; acide urique, OS'-,MO; sels fixes et m^ décomposés au feu , 103s'-,067. L'urine des enfants en bas âge ne contient pas sensiblement d'urée ; M. Dumas est porté à croire que celle des convalescents est dans le même cas.

L'homme adulte , d'une constitution ordinaire , se portant bien^ , mangeam modérément, buvant dans la mesure de sa «oit et se i livrant à un exercice modéré, rend, en vingt-quatre heures, de 900 à 1500 grammes d'urine jaune (1), parfois verdâtre ou safranee;g

li) La quantité d'urine sécrétée en 24 heures est évâluéé à 1568 grammes JHallcr à 1280 par Bostock, à 1040 par Proust, à 1510 par Thomson, a par kayer. ¥• Lecanu a trouvé, pour moyenne de quarante-hu.t expe-

EXCRETA. — EXCRÉTION URINAIRE. 127

Iqs variations de quantité portent sur l'eau de l'urine, peu ou point sur ses éléments chimiques : cette urine est acide , transparente , contient une petite quantité de mucus, marque lOU à 1024 à l'aréomètre ; quand son eau diminue, elle dépose de l'acide urique sous forme d'une poussière jaunâtre ou grisâtre; ce double effet s'observe sous l'influence d'une alimentation azotée et excitante, d'un exercice musculaire forcé , d'une température élevée qui fait couler la sueur, parfois d'une cause morale telle qu'un accès de colère. L'eau de l'urine est toujours en proportion des boissons ingérées, et, en général, les urines sont d'autant plus copieuses et moins denses que les conditions où le sujet est placé sont plus favorables à l'introduction de l'eau dans son corps. Les boissons alcooliques , prises à dose faible, mais suffisante pour stimuler l'économie , modifient l'urine comme les aliments azotés et stimulants : ingérées en quantité considérable jusqu'à production des divers iegrés de l'ivresse, elles provoquent d'abord l'action du rein qui ioit débarrasser le sang d'une addition normale d'eau; puis, séparés de l'eau qui les tenait en dissolution, les principes excitants des boissons alcooliques agissent sur l'urine comme les aliments azotés 3t stimulants. Au reste , ce serait se tromper que d'admettre , avec M. Lecanu,que l'ingestion de quantités anormales d'eau a pour seul 3ffet d'augmenter l'eau des urines, et que les reins agissent comme de simples filtres destinés à laisser passer l'eau en excès dans le >ang;M. Becquerel fils a démontré (/oc. c«Y., p. 177) qu'ils sécrètent în même temps une quantité plus considérable d'éléments chimijues; Liebig (1) a constaté que les émissions fréquentes d'urine, 3rovoquées par l'ingestion successive d'une grande quantité d'eau', înissent par entraîner une proportion saline un peu plus forte que 3elle de l'eau de puits. Ce résultat, que l'on pouvait présumer a'après ce qui se passe dans la polydipsie , semble confirmer l'opi- :)ion vulgaire qui attribue à l'usage immodéré des boissons aqueuses ine influence débilitante sur l'organisme. La diète abaisse le chiffre les matières tenues en dissolution dans l'urine. Quant aux conséluences de l'alimentation , M. Chossat les a élucidées par la voie

•iences, 1268 grammes; mais il a remarqué que chez les uns, la quantité rurine sécrétée n'atteint jamais cette limite, et que chez les autres, elle la lépassc toujours.

I (1) Remarques sm quelques-unes des causes du mouvement des fluides dans 'organisme animal {Annales de chimie et de physique, 1849, t. XXV, p. 115)

128 HYGIÈNE rhivÉE.

expérimentale : 1" abstraction faite de la proportion variable d'cilu que contieiuient les urines rendues par un individu pendant un temps donné , la (juantité des matières fixes qui s'y trouvent iiugmente, dimiime ou reste stationnairo avec le poids des aliments de même nature , et varie avec les aliments de nature différente et en même quantité ; 2° la nature et la (luaniité des aliments restant les mêmes pendant un certain temps , et , par conséquent , la somme d'urines solides restant aussi la môme durant ce môme temps , la sécrétion de l'urine solide, quant au moment où elle s'effectue, éprouve des variations notables qui sont eri rapport avec les moments de fatigue et de repos, et avec le temps écoulé depuis le repas. Suivant M. Dumas (1), on a exagéré l'intluence des aliments sur la sécrétion urinaire : ce n'est pas uniquement à leurs dépens que se produisent l'urée et les autres matériaux organiques de l'urine ; l'abstinence n'arrête point la formation de ces principes, qui proviennent alors des métamorphoses des tissus organiques. Toutefois, quand l'alimentation est excessive , une partie des matières azotées qu'elle introduit dans l'économie passe directement dans l'urine sous forme d'urée ; il est d'ailleurs des substances azotées, telles que la théine, qui ne sauraient servir directement à la nutrition; leur rôle probable est de concourir d'abord à la respi; ration, puis à la production de l'urée. , La constitution , l'âge, le sexe , certains états transitoires de la santé modifient la composition des urines. La force, exprimée par la plus forte proportion des globules sanguins , se manifeste aussi dans l'urine par l'abondance du principe qui caractérise essentiellement ce liquide, l'urée, et peut-être même par l'abondance du prin- j cipe essentiellement caractéristique de chaque sécrétion (Lecanu). Les quantités variables d'urée, que des individus différents éliminent pendant des temps égaux, sont en rapport avec leur âge et leur sexe • plus considérables chez les hommes dans la force de I âge î nue chez les femmes également dans la force de l'âge, plus conside-,^ Ables encore que chez les vieillards et les enfants. Chez ces derniers. . de trois jusqu'à sept, huit ans, les urines sont pâles , moins denses moins colorées que chez les adultes : elles contiennent peu de murus - l'eau Y prédomine, mais l'urée, l'acide urique. les sels inorga-- ^inùeset les matières organiques s'y trouvent dans les mêmes pro-portions relatives entre eux que chez l'adulte. De huit à douze ans^,

(1) Chimie physiologique. Paris, 1846, p. 550.

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les urines ncquièrenl plus do densité et pins de couleur, et, de douze à quinze ans, se rapprochent de plus en plus de l'état normal. L'ensemble des matières de l'urine, fixes el indécomposables par la chaleur (sulfates, phosphates, chlorures), est sécrété en quantités variables sans aucun rapport avec le sexe et l'âge pour des individus diCférenls, en quantité non moins variable pour un même individu pondant des temps égaux. Aux approches de la menstruation , l'urine de beaucoup de femmes se trouble et prend les caractères de l'urine fébrile.

L'urine s'amasse dans la vessie, mais quand elle en a porté la distension à un certain degré, elle irrite les parois de ce réservoir dont les fibres musculaires se contractent, en même temps que par l'intermède des nerfs rachidiens qu'il reçoit, il réagit sur lecer^ veau et provoque secondairement la contraction des muscles abdominaux et du diaphragme. L'enfant à la mamelle urine peu à la fois, mais presque toujours huit à douze fois dans l'espace de 2U heures, et d'autant plus qu'il telto plus fréquemment. A mesure que l'accroissement s'effectue, l'éjection de l'urine devient moins fréquente; et par la consolidation progressive des centres nerveux, la volonté parvient à régler jusqu'à un certain point le nombre et les époques des mictions. C'est vers la fin de la deuxième enfance que ce progrès s'obtient. Beaucoup d'enfants continuent d'uriner involontairement même au delà de cetle période: la cause en gît le plus souvent dans l'imperfection des centres nerveux, dans les relations mal affermies de l'axe cérébro-spinal avec le système musculaire; aussi remarque-t-on chez les jeunes sujets atteints de cette infirmité, la pâleur et la flaccidité des tissus, l'atrophie de l'appareil musculaire, le manque de précision et de vigueur dans les contractions qu'on leur fait exécuter; souvent elle coïncide avec des phénomènes dechorée, d'anémie, d'épilepsie infantile : une nourriture fortifiante, la gymnastique, la cessation d'habitudes secrètes et nuisibles, une sorte d'appel fait aux contractions volontaires de la vessie et réitéré à des heures régulières, la puberté surtout, mettent fin à cette infirmité ; si elle se prolonge en dépit de tous ces moyens, elle n'est plus une simple persistance de la phase puérile d'une fonction, mais le résultat d'une lésion pathologique. L'adulte lance avec force ses urines et débarrasse aisément sa vessie: les femmes éprouvent plus fréquemment le besoin de cette excrétion. Chez le vieillard, le réservoir urinaire a perdu de son ressort; la fréquente accumulation du liquide excrémentitiel en a déterminé

130 UYGIÈNB l'lUVÉK.

ranipliiitioii; les miisclos la paroi abdominale el du diapliragme lui prélent un coiieours moins ei'licace; d'où la staj^iiation de l'urine dans la vessie, l'habituelle paresse de ce viscère qui ne se vide plus qu'incomplètement, la lenteur et les elïbrts de la miction, la fré- (juonce des dépositions calculeuses et de tous les accidents qui s'y rattachent. Le plus sùr moyen de prévenir en partie ou de retarder les tristes eilets de l'âge, c'est de soumettre de bonne heure la vessie à la discipline d'une habitude régulière et constante, de satisfaire au besoin de l'excrétion dès qu'il se lait sentir, de ne point la fatiguer par le passage des produits d'une sécrétion surabondante, de ne point l'irriter par l'augmentation habituelle des matières fixes de l'urine, suite d'un régime trop azoté et trop excitant, etc. La fonction des reins et de la vessie se lie si étroitement à la dépuration du fluide nourricier que tout ce qui intéresse la composition du sang, réagit de près ou de loin sur les organes : leur hygiène commence pour ainsi dire à la bouche.

VL — Excrétions génitales.

1" Chez l'homme, pour ce qui concerne la sécrétion spermatique, l'opportunité du coït, sa mesure, les abus et les excès auxquels il donne lieu, les effets qui en résultent, le traitement hygiénique qui s'y rapporte, nous renvoyons au tome 1" (Ages et Sexes , pages 92, 121, 180) ; 2° chez la femme, les excrétions génitales sont, indépendamment de celles qui ont lieu pendant l'acte et hors le temps de la copulation, les menstrues, les lochies, le lait ; tout ce qui intéresse la marche normale de ces excrétions importantes, les soins hygiéniques qu'elles nécessitent, a été indiqué aux articles Ages, Sexes, Habitudes morbides, Régime, etc.

Tégument externe.

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