‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 24 sur 163 · Substances animales · texte numérisé non relu

Substances animales

\° Laine. La laine, dit M. Michel Alcan (1), est une des matières textdes qui présentent au plus haut degré les propriétés les plus recherchées dans la confection des tissus : sa finesse, sa douceur, sa résistance si puissamment développée par sa propriété feutrante, son affinité pour les couleurs, sa faible conductibilité de la chaleur, et ses propriétés évnporatoires et hygrométriques concourent à donner aux étoffes qu'elle produit la légèreté, la souplesse, la richesse des imances et les qualités hygiéniques si nécessaires aux vêtements, tentures et lapis. Presque tous les climats fournissent la laine, et l'industrie qui la met en œuvre, l'une des plus anciennes et des plus générales, sait l'accommoder à toutes les exigences. La laine est le produit de la sécrétion épidermique du mouton, une matière cornée, flexible et cassante, analogue aux cheveux, aux plumes, etc. ; elle est enduite d'une quantité plus ou moins notable de suint onsurge, sécrétion si adhérente aux brins, qu'un dégraissage chimique est nécessaire pour les en débarrasser. La race et la santé des moutons, le climat, la nourriture, les soins hygiéniques, la région du corps, font varier les qualités et la quantité de la laine qu'ils fournissait. Le poids de la toison de chaque animal oscille entre 1 kilogramme 1/2 et 8 kilogrammes ; ses filaments, contournés ou non, ont une longueur naturelle de O^.OS à 0-',30. La finesse du diamètre du brin diffère de 27 à 18 millièmes de milUmètre environ, de sorte qu'une surface d'un millimètre de diamètre pourrait comprendre 37 à 50 filaments; ceux-ci sont plus ou moins ondulés, hérissés de petits crochets recourbés en dehors sur toute leur longueur, représentant une série de petits dés à coudre microscopiques emboîtés les uns dans les autres, et qui iraient en s'amincissant de la racine à la pointe. Cette disposition facilite l'accrochage et l'enchevêtrement des brins les uns aux autres; elle est le principe de la propriété feutrante que la laine possède presque exclusivement à un degré si notable. L'élasticité des filaments permet le foulage complet de la laine sur tous les sens; les laines fines ont les brins les plus ondulés, les plus élastiques, et sont les plus propres à la confection de la belle draperie foulée. La finesse de la laine est généralement en raison inverse de

(1) Encyclop. tcchnoL, ou Diclmm, des arts, manuf., usines, clc. Paris, i8o4, 2* édilioa.

APPLICATA. — DES VÊTEMENTS. 201

sa longueur, tandis qu'elle est direclemeiit proportionnelle au nombre des frisures, et par conséquent à rélasticité des brins ; à nombre égal de spires dans une longueur donnée, le brin le plus fin sera celui qui a les ondulations plus petites, plus verticales et suivant une ligne plus directe. Ce sont aussi les laines les plus fines qui contiennent le maximum de suint ; celles d'Allemagne, dites de Saxe-Electorale, en ont jusqu'à 80 pour 100 de leur poids; nos belles laines de la Brie en renferment 60 à 75 pour 100, et les plus communes n'en ont pas moins de 20. Dans la pratique industrielle on dislingue les laines courtes ou cardées, et les longues ou peignées. Les premières, ondulées, frisées, d'une longueur moyenne de brins de 0'",12, plus propres au foulage, préparées par le travail des cardes pour l'adhérence et l'engrenage des brins, servent à la confection des draperies les plus légères et les plus corsées, des étoffes de fantaisie, des draps pilote, des tissus pour ameublement; avec les laines peignées se fabriquent toutes les variétés d'étoffes rases et moelleuses (mérinos, flanelles, mousselines-laines, stoffs, serges, satins de laine, châles, etc.). Les draperies contiennent en moyenne pour moitié de matière première, et les étoffes rases seulement un quart ou un tiers. Toutes les laines peuvent être ramenées à trois types : 1° Laines communes, les moins ondulées; elles sont habituellement lisses ou crépues. Elles se caractérisent surtout par l'extensibilité de leurs filaments; grossières, presque impropres au foulage et au cardage, mais unies et douces, elles conviennent au peigne: telles sont les laines du Rio de la Plata, employées à faire des chaussons, celles de Normandie, de Picardie, du Berry et du Roussillon. Ces dernières provinces fournissent les meilleures. 2" Les laines métis sont dues au croisement entre des béliers mérinos et des brebis de race commune; elles ont des variétés très nombreuses et se confondent avec les laines mérinos, sauf quelques produits de métissage qui se dénotent par l'inégalité de finesse; on peut donc leur appliquer ce qui sera dit des 3" iaines mérinos que I on a divisées en quatre classes : haute finesse, belle finesse, finesse médiocre, finesse inférieure :

Finesse.

Longueur moyenne Nombre des ondulations naturelle (1). par 0iii,027 de longueur.

1" classe. 1 /60» à 1/40' de miilim. 0"' 054 28 à 38

2« - 1/40» à l/3:,<= /d. environ. ù k 21

3<= — l/35'àl/30'= — de0"',054 à O^IO 16 à 23

Page 1