APPL1CA.TA. — DES VETEMENTS
transpiration. Aussi le linge condense-t-il en ses libres perméables la vapeur du liquide transpiré : ce qui ajoute encore à sa conductibilité. Les tissus vestimentaires Iburnissentà l'absorption cutanée des matières liquides ou gazeuses qu'ils empruntent, soit à l'atmosphère, soit à l'organisme lui-même; l'air qu'ils retiennent dans leurs mailles se renouvelle très lentement; s'ils l'ont puisé dans un milieu miasmatique, ils seront plus ou moins longtemps les véhicules de principes délélères. Le soir ou pendant la nuit, la laine, la soie, les fourrures se chargent facilement des effluves du dehors; mauvais conducteurs du calorique, leur température superficielle descend par rayonnement au-dessous de celle des corps ambiants, ce qui facilite la condensation des vapeurs miasmatiques à leur surface. Tel vêtement peut donc entourer l'organisme d'une couche d'air infecté qu'il recèle dans les mailles de sa texture ; la transmission de l'acarus de la gale, du pediculus ou de ses œufs, par l'intermédiaire des vêtements, est comme une image de la transmission moins évidente des miasmes, des principes contagieux. Il en est de même quand, au lieu de s'imprégner des matières nuisibles du dehors, ils s'infectent au contact du corps de l'homme sain ou malade en condensant dans leur épaisseur la vapeur de la transpiration, en fixant sur leurs fils le produit desséché des suppurations, etc. Les couvertures des lits sont fréquemment, à coup sûr, dans les hôpitaux, les agents de la propagation des fièvres typhiques, puerpérales, etc.
4" 7'(?2^^M?'e'. Les enveloppes naturelles des animaux ont dû nécessairement servir de modèle aux procédés de l'industrie humaine; elles sont toutes disposées de manière à emprisonner exactement une couche d'air qui se renouvelle très diflicilement et qui isole plus ou moins le corps des influences du dehors. Chez les oiseaux aquatiques, l'imbrication et les vertus des plumes s'opposent à l'introduction de l'eau; chaque plume, chaque fibrille de sa barbe retient exactement un peu d'air sous elle et a ses bords. Le système pileux des mammifères forme un velours naturel dont les brins superposés par couches conservent entre eux des quantités d'air d'autant plus grandes etd'aulant mieux enfermées que le poil devient plus long et plus fin : double qualité de la fourrure des animaux qui existent dans les contrées voisines du pôle. L'artifice de l'homme, dans la fabrication du vêtement, consiste à se rapprocher delà nature en y emprisonnant le plus étroitement de l'air: le leutrage du poil des animaux, la réunion des bourres grossière"
HYGIÈNE l'IllVÉE.
SOUS l'orme de ouates diverses, le tissage, n'ont point d'autre bu Le fil, qui est l'élénicnt de toutes les substances vestimentaires, n peut d'ailleurs se convertir en tissu, par quelque procédé que ce soit, sans décrire des vacuoles, sans former des interstices, des mailles qui sont des réceptacles d'air. Tel est l'inévitable résultat de l'assemblage des fils en une trame ou une chaîne, qu'il s'opère par la main des hommes qui ont pratiqué cet art dix siècles avant Homère, ou par les admirables appareils des Hargreaves, des Arkwright, des Jacquard qui ont mis à la portée des classes populaires les jouissances de la toilette. Plus donc une étoffe relient l'air en ses mailles, plus elle est chaude, c'est-à-dire mauvaise conductrice du calorique ; les étoffes lâches et poreuses l'emportent par conséquent, à égale quantité de matière, sur celles dont la trame est serrée. Rumfort observe la marche du refroidissement d'un corps qu'il enveloppe d'abord avec de la bourre de soie et de la laine non cardée, puis avec une égale quantité de soie et de laine filée, et il la constate plus rapide dans le second cas que dans le premier. L'expérience vulgaire avait noté depuis longtemps la supériorité du pouvoir protecteur des tissus lâches, épais, tomenteux, sur celui des tissus lisses et serrés ; les vêtements de laine lâchement tricotés sont plus chauds que ceux de la même matière tissés et compactes; du coton ou de la laine cardée et enfermée dans une enveloppe de soie protégera mieux qu'un vêtement tissé à fil serré avec une égale quantité de ces matières. — La texture exerce encore une autre influence qui met en jeu la sensibilité tactile de la peau; les vêlements, par la rudesse, la grosseur ou la finesse de leurs fds, par la forme microscopique des brins de leur matière première, par le moelleux ou les aspérités de leur surface, irritent on caressent les •papilles nerveuses de la peau, et par suite modifient la circulation capillaire dans les parties qu'ils recouvrent. Les poils des animaux, la laine commune surtout, se font remarquer par la rigidité, la grosseur et l'élasticité de leurs brins dont il est difficile de fabriquer des fils très lisses. Comme ces matières épidermiques se développent, sous forme d'écailles circulaires imbriquées les unes dans les autres en guise de cornets, on éprouve en les frottant dans une de leurs directions la sensation du grattement. Les vêtements de laine mettent la peau en contact avec d'innombrables aspérités qui la brossent à chaque glissement, à chaque mouvement; de la une sensation de chaleur incommode, de picotement, de démangeaison, qui traduit l'excitation nerveuse et vasculaire du derme;