CHAPITRE VI
(iliSTA.
DE l'exercice.
L antiquité a divinisé la force corporelle sous le nom d'Hercule et elle a inventé la gymnastique, moins dans un intérêt d'hvgiène que pour former des athlètes et des soldats. La société moS aspire a se gouverner par l'intelligence; dans les luttes qu'elle ne
""^ "^'^^'^'-^^ individus.V.aiss es effets dune disposition savante des masses; et elle fait ainsi de a guenj même un hommage à l'intelligence. C'est ce qui explique le luxe des institutions gymniques chez les anciens et leur absence chez les modernes. En observant la nature, on reconnaît qu'elle a pourvu, par la perfection des organes locomoteurs, à la perfection des mouvements; leur structure, leur agencement, leurs conditions de force, d action et de mobilité réalisent l'œuvre de la mécanique la plus achevée : « Lorsqu'on examine les choses de près, on demeure bientôt convaincu que les moyens les plus efficaces ont été employés pour procurer un mouvem ent énergique et rapide en consommant le moins possible de force musculaire (1). » A chaque accroissement dans les organes correspond un progrès dans la tonclion, l'enfant n'a besoin d'aucun maître pour exercer ses muscles dans les ébats d'une salutaire pétulance : la préhension la gesticulation, le redressement de la tête, dès que les muscles dé la nuque et le ligament cervical ont acquis assez de fermeté, la progression sur le sol à l'aide des bras étendus qui tirent en avant le bassin et ses appendices, plus tard la station alternative sur l'une et l'autre jambe, etc., sont autant de résultats de la spontanéité organique. A mesure que l'activité sensorielle se renforce et permet de distinguer les distances, l'ombre et la lumière; à mesure que les contractions musculaires se subordonnent davantage à l'empire du cerveau, l'adresse, l'agilité, la grâce, la force et la sûreté des mouvements se prononcent; l'adulte, dont une éduca-
(1) Encyclopédie analomique, t. II, Mécanique des organes de la locomotion, par G. et E. Weber. Paris, 1843, p. 230,