GESTA. — NATATION
efficace contre la phthisie que le mercure et le quinquina contre la syphilis et la fièvre intermittente ( Sydenliam ), emménagogue, antiscrofuleux , antichlorotique, spécifique des névroses et des diarrhées atoniques, etc., cet exercice ne constitue-t-il pas aux yeux de Sydenham le traitement de la plupart des affections chroniques (1), et un moyen de régénération du sang? quid quod sanguis perpetuo hoc motu indesinenter exagitatus ac permistus quasi renovatur ac vigescit (2). » Sans discuter ici l'utilité et l'opportunité de l'équitation dans l'imminence des maladies, disons que ses effets salutaires s'expliquent, 1° par les mouvements expansifs qu'elle procure et qui opèrent une révulsion sur les organes internes; 2" par l'énergie qu'elle donne à la nutrition ; 3° par la tonicité générale qu'elle communique à l'organisme ; k" par les modifications de l'intellect et du moral.
1° Natation. L'homme n'est pas organisé pour nager, puisque sa station naturelle est la verticale, et l'extrémité la plus lourde de son corps, celle oix se trouve l'entrée des voies aériennes; le poids de l'encéphale est au poids total du corps comme 1 à 35 (Ghaussier etCuvier) ou comme 1 à ^jO, 50 et même 60 (Gall); la pesanteur spécifique de l'encéphale, comparé à l'eau distillée, est dans l'homme adulte :: 1310 : 1000 (Ghaussier). Dans cet exercice, il exécute des mouvements volontaires sans lesquels il ne pourrait se soutenir à la surface de l'eau; en même temps il subit l'impulsion du courant plus ou moins rapide, les chocs de la vague, les douches de l'eau qu'il divise et qui reflue sur lui, etc. Les individus riches en tissu lamineux et graisseux ont moins de pesanteur spécifique que le volume d'eau qu'ils déplacent; ils ne se servent de leurs membres qu'en guise de rames, pour régler leur direction ; pour eux la natation est à peine un exercice. Dans le mode de natation le plus ordinaire dit en brasse^ les membres supérieurs et inférieurs, préalablement fléchis jusqu'à jonction des mains vers le menton et des talons vers les fesses, se déploient brusquement par un mouvement d'extension isochrone ; les mains, qui étaient assemblées en i)ointe, rompent le fil du liquide, les pieds le repoussent, et, pendant que les talons sont de nouveau rapprochés des fesses, les extrémités thoraciques s'écartent en arrière pour repousser l'eau; il y a donc extension, flexion, adduction, abduction des
(1) Op. cit., p. 469.
(2) Disserl. epist., op. cit., p.
HYGIÈNE PRIVÉE
membres, inspiralioi» prolongée pour fixer le thorax et augmenter la légèreté spécifique de la masse humaine, contraction soutenue des muscles postérieurs du cou pour relever la tête au-dessus de l'eau. La natation sur le dos met surtout en action les muscles des membres inférieurs et ceux de la partie antérieure du cou, l'occiput plongeant un peu dans l'eau ; dans une variété de la natation dorsale dite en planche, la poitrine est fortement distendue par une grande quantité d'air dont le renouvellement est retardé autant que possible, et le corps, maintenu dans l'immobilité par les extenseurs, flotte horizontalement sur l'eau au gré du courant; l'eau plus dense de la mer se prèle mieux à ce mode de natation et le rend plus actif par le jeu de la vague. La natation appelée la coupe, fatigue plus et exige une grande vigueur : le nageur domine l'eau de sa tête, agit par les membres pelviens comme dans le premier mode, moins l'isochronisme de leurs mouvements; mais, de ses membres tlioraciques , il décrit alternativement un demi-cercle hors de l'eau, projetant l'un en avant pour rompre le fil du liquide qu'il repousse en arrière avec l'autre. Il est beaucoup d'autres allures de natation qui ont pour effet d'exercer plus particulièrement un certain nombre de muscles, sans que les autres portions du système musculaire y restent étrangères. L'influence de ces mouvements diversement combinés se croise nécessairement avec d'autres influences qui dérivent de la température des eaux , de la durée de l'immersion , etc. Le grand bienfait de la natation est d'apaiser les centres nerveux par une révulsion soutenue sur les muscles et de fortifier ceux-ci sans frais; en effet , l'exercice h l'air libre occasionne chaleur, sueur, etc.; dans l'eau des rivières ou dans la mer, l'excédant de calorique que l'action musculaire développe, est enlevé directement au corps à mesure qu'il se produit, sans dépense de matière organique par évaporation. Nous avons vu que la transpiration cutanée est au moins fort réduite dans l'eau froide; aussi la natation est-elle presque le seul exercice possible dans les régions tropicales dont les indigènes vivent en partie dans les fliots de la mer et sont renommés comme les plus merveilleux nageurs. Le mécanisme fondamental de toutes les façons de nager indique un autre résultat qu'elles réalisent : c'est l'ampliation de la poitrine qu'elles obligent à gonfler et à maintenir dilatée à l'aide d'inspirations profondes et soutenues. La natation est l'un des meilleurs exercices à prescrire dans l'adolescence et dans la jeunesse; elle convient surtout pour combattre l'onanisme et ses
liESTA. — PHONATION. àô I
conséquonces. Quanl aux précautions qu'elle exige, elles sont les mêmes que nous avons indiquées pour les bains Iroitls.