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subits; le lait, le blanc (l'œuf semblent surtout bienfaisants au larynx. Pendant le chant et la déclamation, le cou doit èlve affranchi de tout lien, de toute compression, ainsi que le thorax, et parliculièrement à sa base : la voix perd de sa force, de son étendue, de son agrément, toutes les fois que les parties qui concourent a sa production sont gênées dans leurs mouvements; de plus, le sang s'accumule pendant l'effort du cri, du chant ou de la déclamation, dans les poumons, le cœur, les gros vaisseaux, les jugulaires, etc. ; et pour peu que le sujet soit âgé, pléthorique ou porteur d'une lésion naissante de l'un de ces organes, des accidents subits le menacent; une erreur de toilette lui vaudra une rupture vasculaire, une apoplexie foudroyante, etc. Une nouvelle espèce de voix, mtroduite dans l'art, la voix sombrée, couverte, ou voix en dedans, a des inconvénients graves : si l'on observe le chanteur qui l'emploie, surtout à la suite d'un passage où le chant a été soutenu, ou à l'occasion d'une note très aiguë qu'il a fallu enlever, la coloration du visage, le gonflement des jugulaires, la véhémence des gestes, témoignent de la puissance qu'il a dû déployer pour atteindre le but. C'est que l'effortella voix sombréeontla plus grande analogie dans leur mécanisme ; pour l'un et l'autre, il faut accumuler beaucoup d'air dans la poitrine, puis le chasser avec force et sans interruption vers une ouverture rétrécie ou fermée; de là distension des poumons, retard dans le renouvellement de l'air, langueur de l'hématose, obstacle au cours du sang, etc. ; c'est ce qui fait que, pour certains chanteurs, le théâtre est, de leur propre aveu, un champ de bataille; en effet, les principales fonctions souffrent de ces efforts répétés et soutenus, la circulation veineuse s'embarrasse, les systèmes capillaires s'engorgent, etc. (Diday et Pétrequin).
En y réfléchissant, on trouve que l'hygiène spéciale du chanteur, de l'orateur, etc., réside surtout dans une bonne méthode de respiration ; la phrase musicale ou parlée étant l'ensemble des sons diversement modulés pendant l'acte de l'expiration, ralentir celle-ci autant que possible, c'est-à-dire retenir l'air dans les poumons, est la condition première de la production de la voix. Le chant, l'élocution nécessitent une série de phrases dont chacune ne peut être émise que pendant l'expiration; l'inspiration s'effectue entre deux phrases, et pour ne pas entraîner une interruption dans le chant, dans le discours, elle doit être aussi courte que possible, tout en fournissant le plus grand volume d'air aux poumons ; de là, entre les agents de l'inspiration et ceux de l'expiration, une lutte juste-
HYGIENE PUIVÉE.
ment appelée lutte vocale par M. Mandl (1), et qui entraîne, suivant son degré d'énergie et de durée, toutes les conséquences des efforts ordinaires, fatigue momentanée, fatigue persistante, diminution de la contractilité des libres musculaires, altération de leur consistance et de leur structure, etc., sans omettre les effets généraux d'une dépense disproportionnée de forces. M. Mandl a bien étudié la part qui y revient au mode respiratoire :
, 1° Respiration abdominale. Un seul muscle, le diaphragme, agrandit le diamètre vertical du thorax ; la dépense de force est minime, puisqu'il n'y a à déplacer que les organes mobiles et mous de la cavité abdominale; l'expiration est-elle prolongée pour les besoins du chant ou de la parole, point de fatigue dans les parois thoraciques; le larynx, n'étant ni élevé ni abaissé dans les deux actes de la respiration, conserve sa mobilité naturelle pour l'émission des sons articulés et cède au moindre effort de ses propres muscles; la glotte, qui reste à peu près immobile dans la respiration diaphragmatique, présente ses cordes à l'état normal de tension et de rapprochement mutuel.
T Respii^ation costo- supérieure. Elle met enjeu un grand nombre de muscles pour le déplacement des côtes supérieures, de la clavicule, de l'omoplate, des vertèbres et quelquefois du crâne, pour dilater la moitié supérieure delà cage thoracique; de là, pendant l'expiration prolongée du chant, une lutte vocale qui fatigue les niuscles de la poitrine à cause de la résistance que leur opposent les nombreux agents d'inspiraiion et les parties osso-cartilagineuses. Le larynx, fortement abaissé pendant l'inspiration et devant s'élever pour l'émission des sons qui coïncide avec l'expiration, est sollicité par deux tractions en sens inverse; d'où la fatigue de ses muscles extrinsèques. La lutte grajidit à mesure que les phrases deviennent plus longues et les notes plus aiguës : alors on voit les muscles du cou tendus, les veines gonflées, etc. Cette lutte ne finit pas après la première émission des sons aigus qui a nécessité l'élévation considérable du larynx : les muscles abaisseurs de cet organe (sterno-hyoïdiens et sterno- thyroïdiens) continuent d'agir en soulevant le sternum et la clavicule jusqu'à l'expulsion complète de l'air inspiré; l'hyoïde et le thyroïde sont donc tirés en sens opposés pendant la durée totale de l'émission de la voix. La respira-
(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, 12 mars 1835, et Gaselte médicale.
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(tion costo-supérieuve abaissant le larynx, les cordes vocales sont ,très relâchées et la glotte très élargie; or l'émission de la voix exige ,1e rétrécissement de celle-ci et la tension de celles-là; c'est une autre lutte qui s'établit dans les muscles intrinsèques du larynx et qui peut aller jusqu'à une sorte de constriction delà glotte, donnant lieu à l'étranglement de la voix ; les sons élevés dégénèrent alors en cris aigus, à cause de l'extrême étroitesse de la fente glottique. 3°i?es/)îra^zoneos^o-2<eViewre.Elles'exerceparlescôtes inférieures
et flottantes, laissant presque en repos les côtes supérieures ; si elle e se combine pas avec un autre type de respiration, elle fatigue plus que la respiration diaphragmatique et beaucoup moins que la costo-supérieure.
11 résulte de ces données qu'il faut proscrire dans le chant, dans la déclamation, etc., la respiration costo-supérieure : elle peut occasionner à la longue, d'après M. Mandl, une excessive sensibilité des muscles intéressés et leurs contractions spasmodiques, des tiraillements dans la région mammaire, des enrouements instantanés, l'atrophie des muscles intrinsèques du larynx avec perte de leur contractilité et par conséquent l'aphonie. La respir&tion abdominale est sans contredit celle qui réduit au minimum la lutte vocale, puisqu'elle laisse les organes principaux de la voix dans leur position et dans leur tension naturelles pour le moment de l'expiration qui défraie la modulation du son. Le type costo-inférieur que M. Mandl appelle type latéral, termine le plus souvent la respiration diaphragmatique, et alors il est sans inconvénient; mais quand l'inspiration débute par l'arapliation latérale du thorax, elle se combine, pour devenir profonde, avec une inspiration costo-supérieure, et reproduit toutes les causes de fatigue et tous les inconvénients inhérents à ce dernier mode. La physiologie comparée confirme ces conseils; les oiseaux chanteurs ne dilatent, pendant l'inspiration, que leurs parois abdominales ; leur thorax reste immobile dans sa partie supérieure, dépourvue des nerfs et des muscles qui la mettent en mouvement chez les mammifères. On ne peut donc que déplorer avec M. Mandl que d.ans la Méthode officielle de chant du conservatoire de musique à Paris, on ait imprimé des préceptes de respiration pour le chant, qui sont condamnés par la science et par l'expérience, car ils ramènent à la respiration costo-supérieure.
2° Gymnastique. Les gymnases étaient l'une des grandes affaires de l'antiquité (voy. tome 1, Historique); Athènes en avait trois :
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le Lycée, le Cynosarquc et l'Académie, placée sous la surveillance d'un magistrat élu par le peupl(3, le gymnasiai que ; chaque gymnase avait un directeur ou gymnaste, chargé de la direction méthodique des exercices et de leur appropriation à l'âge, à la force des élèves, qui trouvaient dans le pédotribe un guide pour le détail des manœuvres; en outre, des palestres (-TraXyj, lutte) servaient à former des athlètes de profession. La gymnastique était militaire, athlétique et médicale, suivant le but que l'on se proposait. La première avait pour base l'oplomachie ou le maniement du javelot, de l'épée, de la lance, de l'arc, de la massue, etc.; la seconde les jeux du stade, tels que la course, la lutte, le pugilat, le pancrace, le disque ou palet, le saut, le pentathle, et déjà Hippocrate, Galien la condamnaient à l'époque de ses succès. La dernière, fondée par Iccusde Tarente et par Herodicus, contemporain d'Hippocrate, n'était autre chose qu'une combinaison empirique d'exercices gymnastiques et de préceptes diététiques; préconisée par Hippocrate, Galien, Celse, Oribase, Dioclès, Asclépiade, etc., qui en ont fait l'objet de leurs observations, elle est la seule qui mérite d'être conservée ; elle avait pour but l'accroissement des forces, la conservation ou le rétablissement de la santé. Les maîtres de gymnase, appliqués exclusivement à la culture de leur art sous les auspices des médecins, habiles à former des athlètes, des lutteurs, des coureurs, des sauteurs, des pugilistes, n'ont plus d'analogues parmi nous, si ce n'est dans les entraîneurs anglais dont l'industrie est encore un emprunt fait à l'antiquité. Un passage d'Hippocrate (1) prouve que les médecins de son temps savaient, par des procédés réguliers, procurer l'amaigrissement ; il signale les chairs muqueuses de personnes qui n'ont pas été amaigries par l'application des règles de l'art.
La force physique, véritable dieu de l'antiquité, avait ses solennités dans les jeux olympiques, qui, fondés par Hercule et renouvelés en l'an 796 avant J.-C. par Iphitus, roi d'Élide, en l'honneur de Jupiter, duraient cinq jours et recommençaient tous les quatre ans pour finir à la pleine lune qui précédait le solstice d'été ; dans les jeux néméens, institués à Némée, près d'Argos, en l'honneur d'Hercule ; dans les jeux pythiens, célébrés à Delphes, et dans les jeux isthmiques, fondés par Sisyphe, roi de Corinthe. Chez les Ro-
(1) Œuvres complètes d'Hippocrate {Des articulations), traduction de Litlré, t. IV, p. 101.
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mains de la République, le champ de Mars, les camps des armées, les exercices d'apprentissage militaire auxquels s'y livraient les soldats, les marches qu'on leur faisait faire, les travaux publics auxquels ils étaient appliqués, remplaçaient les établissements îgymnastiques de la Grèce ; grâce à son éducation , le soldat romain parvenait à faire 20 milles en cinq heures avec un poids de 60 livres ; , en campagne, il portait, outre ses armes, des vivres pour quinze (jours, son bagage et des instruments de campement (1). Sous la ; décadence impériale, le cirque du champ de Mars servit de théâtre ;aux danses des courtisans et aux jeux sanglants des gladiateurs idont l'institution, empruntée aux Étrusques, n'avait primitivement ipour but que le déploiement innocent de la force et de l'adresse. : Aux assassinats du cirque, prohibés par Constantin et abolis sous Honorius, succédèrent les jeux mimiques, les danses, les courses. Dans le moyen âge la chevalerie avec ses joutes, ses tournois, ses i champs clos et ses exercices spéciaux d'équitation , d'escrime et de lance, semble une image et comme une dérivation de la gymnastique antique. L'invention de la poudre à canon, qui modifia le système de la guerre, l'affranchissement des communes sous Louis XI, la valeur croissante de la vie individuelle, en un mot, le progrès de la civilisation, a clos la carrière de tous les champions de la force physique, féodaux et autres; il ne reste que le duel qui 1 finira à son tour. Mais dans ce triomphe des idées d'égalité civile et de fraternité humaine qui mènent les sociétés modernes, le ! mépris de la force brutale a conduit à l'indifférence pour l'éducation corporelle. Ce n'est que vers la fin du siècle dernier que l'on vit s'élever des gymnases destinés à favoriser le développement des organes et à perfectionner les actes de locomotion ; le premier fut fondé en 1776 à Dessau , le second en 1786 à Schepfenlhal, par I Saltzmann. Dès lors ils se multiplièrent en Suède, dans la Prusse, ' le Danemark, la Suisse et l'Allemagne; Pestalozzi , Fellemberg, I Jahn, Clias (2), Werner, ont contribué à formuler les principes I d'une pratique rationnelle et à les mettre en exécution ; bientôt le f colonel Amoros transporta de l'Espagne en France une gymnas-
(1) Voyez les intéressants détails que donne sur ce sujet Montesquieu {Grandeur et décadence des liomains, chap. II, p. 130 et suiv.).
(2) Gymnastique élémoHaire. Paris, 1819, in-8, figures. — Bullelin de V Académie de médecine, t. XI, p. GO. — Annales d'hygiène publique. Paris, 1848, t. XXXIX, p. 292.
lIYniÈNR PRIVÉE.
tique qui se distingua de toutes les autres par l'adjonction du rliythme et de la nnusique; son établissement, que nous avons soigneusement visité, présentait une heureuse gradation d'exercices et la réunion des moyens qui développent les forces organiques et les qualités morales de l'enfance: le chant gouvernait les mouvements, marquait les intervalles de repos, fortifiait les organes de la voix et de la respiration, s'adressait aux sentiments nobles et élevés par le choix des hymnes; les yeux étaient frappés par des images qui rappellent de belles actions ou qui éveillent l'idée du beau ; c'est par ces excitations morales que M. Amoros cherchait à corriger dans ses élèves le sentiment naissant de la supériorité de force, si voisin de l'abus et du combat.
Quant aux exercices en eux-mêmes, ils se rapportaient aux membres supérieurs, aux membres inférieurs, à la totalité du corps : 1° bras tendus en ligne droite, horizontale ou verticale, croisés devant ou derrière la poitrine, armés d'un bâton qui, tenu par les deux bouts, est porté successivement devant , par-dessus ou derrière le corps, etc.; un bâton soutenu dans l'air par les deux extrémités, au moyen de deux cordes, des barres parallèles et horizontales servent à faire soutenir tout le poids du corps par les bras, la progression en avant ou à recul s'exécutant à l'aide des mains; les bras soulèvent le poids du corps en empoignant alternativement des cordes verticales avec ou sans nœuds, pendantes ou fixées verticalement , ou des échelles de dimensions diverses et placées dans leur situation ordinaire contre ce que l'on appelle le grand portique ; des roues à tourner, des poids à tirer, des dynamomètres, complètent les exercices des membres Ihoraciques; 2^* position des pieds et marches diverses ; évolutions d'ensemble dirigées par un rhythme musical ; piaffements ou sautillements sur place ; danses diverses; courses avec ou sans fardeau sur le dos ou sur les épaules, sur diverses espècesde terrain et surdes plans opposés; sauts, vertical en hauteur ou en profondeur, horizontal avec ou sans perche à la main , les mains libres ou munies de fardeaux ; 3° les exercices plus généraux sont des luttes variées, l'ascension aux mâts, l'escrime, la natation, les jeux du disque, de boules, etc. (1).
H ne convient ni d'exagérer rù d'amoindrir les services que peut
(1) Voyez dans le rapport du docteur Al. Thierry, au comité central d"insiruclioa prjinajre syr J'enseiguenient et les exercices gyninasliqucs (Annales d'hygiène^ t. XXXIX, 1848, p. 292), la uomenclature détaillée des exercices de