‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 62 sur 163 · DES RACES · texte numérisé non relu

DES RACES

1° lype organique et physiologique. Lfis différentes races d'hommes se disliiigiient-elles les unes des autres par des caractères forte- £ ments marqués, uniformes et permanents , comme se distinguent ) entre elles les diverses espèces d'un genre quelconque d'animaux? : Suivant Pricliard (1), les caractères qu'elles présentent varient dans , la même race ; par les nuances presque insensibles de leur gradation, ils semblent réaliser les phases d'une transformation progressive, et beaucoup d'entre eux paraissent être le produit du temps pt des agents extérieurs. Ceci s'appliquerait même aux diversités Içs plus fondamentales des races : ainsi chez plusieurs (nations indochinoises) qui ont originairement le crâne pyramidal et la face élar- : gie du lype mongol, Pricliard a vu la forme ovale de la tète et les i traits du type européen apparaître, non-seulement comme variété : individuelle, mais très souvent comme caractères distinctifs d'une ' tribu. Dans l'hémisphère austral, sur le plateau de la Cafrerie, on trouve des Africains noirs, à chevelure laineuse, avec des traits ; presque européens, tandis que les Hottentots nomades des plaines j basses reproduisent presque tous les caractères physiques des no- : mades de la haute Asie. En un mot, une seule nation présente la réunion de plusieurs types crâniens, et le même type se rencontre chez des nations appartenant à des races tout à fait distinctes. , W. Edwards (2), qui place au premier rang les indices tirés de la forme et des proportions de la tête et des traits du visage, explique ces faits par la formation de nouveaux types à côté des types primitifs qui subsistent. Il admet que ceux-ci peuvent traverser intacts une longue suite de siècles, malgré les influences combinées des mélanges de races, des invasions étrangères et des progrès de la ciyilisaiion. A la vérité, l'extension des races intermédiaires tend à restreindre les types primitifs ; mais ceux-ci se retrouvent dans une partie de la population. Les grandes nations de l'antiquité ont en- I corf^ leurs représentants dans les masses modernes ; car c'est aux I masses qu'appariiennent la persistance et la pérennité, le plus petit nombre ne pouvant imposer son type au plus grand. Quant à la I couleur de la peau et au système pileux , il est reconnu qu'ils ne peuvent servir à la détermination de l'identité des races ; l'un et

[\) Histoire naturelle de l'homme, traduction du docteur Roulii/i. Paris, 1843, t. II, p. 234.

1 ^ i>es 6wac<ère.s p/»t/Sîo/o des races humaines, considérés dans leurs ' rapports avec l'histoire. Lettre à M. Àmédée Thierry. Paris, 1829, p. 45,

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l'autre sont en relation avec le climat : la zone torride est le siège des races noii-es, les zones tempérées celui des races blanches ; dans les climats qui avoisinent les tropiques, sans en Caire partie, existent des nations dont les teintes sont intermédiaires entre la couleur la plus foncée et la couleur la plus claire. Les différences les plus notables dans le système pileux des animaux ne peuvent servir de base à des distinctions spécifiques : la laine crépue du nègre, les petites mèches courtes et collées contre le péricrâne de la tête ratatinée du Cafre, les boucles à grosse frisure du Berbère, la chevelure ondée du Tibou , ne sont que les variétés d'aspect d'une production épidermique dont la structure intime est la même chez tous les hommes.

Il existe chez toutes les races humaines une remarquable uniformité relativement aux principales lois de l'économieet aux grandes fonctions physiologiques; mais, pour l'apercevoir, il faut faire la part des modifications qui leur sont imprimées : 1o en vertu des nécessités d'adaptation au milieu extérieur ; 2° en vertu de l'hérédité, qui fixe ces modifications et les habitudes acquises dans la descendance, quand plusieurs générations y ont participé. La température propre du corps est à peu près la même dans toutes les branches de la famille humaine ; la fréquence du pouls n'offre chez elles que des variations très restreintes. Haller a accrédité l'opinion que le climat détermine l'époque de la nubilité et la durée de la fécondité des femmes. On a expliqué la dépravation morale et la polygamie de l'Orient par la proportion plus grande des naissances du sexe féminin et par la précocité du développement et de la vieillesse des femmes. Les recherches de Niebuhr établissent qu'il ne naît pas plus de femmes en Orient qu'en Europe, et, celles de Roberton, que les époques des révolutions physiologiques qui s'opèrent dans la vie des femmes sont à peu près les mêmes dans les divers climats : de telle sorte, ajoute Prichard, que, devant les grandes lois de l'économie animale, tous les membres de la famille humaine sont égaux (1). Mais, si le naturaliste se contente de saisir dans ces rapprochements la preuve de l'unité de l'espèce humaine, Thygiéniste a besoin de poursuivre au delà l'analyse de l'état des fonctions dans

(1) Les races ont sur l'époque de la puberté une influence qui a été exagérée, mais qui résiste mAmc au climat. En Pologne, la durée moyenne de la période menstruelle est chez les juives de vingt-trois ans et 28/33, tandis que chez les femmes slaves, elle est de trente et un ans et 6/33. 'Baciborski, op. cit., p 33.;

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les diverses races, et il y découvre des divergences, des inégalités, qui, pour être plus ou moins imputables aux influences extérieures, n'affectent pas moins l'ensemble de la constitution, et font à chaque race, à chaque nation, leur mesure de résistance vitale et leur imminence morbide, leur physionomie normale et pathologique. Quelques dattes et un peu d'eau suffisent à la nourriture journalière de l'Arabe, tandis que l'Esquimau se repaît d'une énorme ration de lard de baleine : cette différence d'alimentation est nécessitée par le climat ; mais les habitudes qui en dérivent modifient l'état matériel et l'activité vitale des organes. De là des résultats organiques qui se transmettent à leur tour par la génération. Les modifications acquises par les ancêtres deviennent ainsi les traits congénitaux de la constitution de leur progéniture. De père en fils, l'Arabe est svelte, agile, musculeux, quoique maigre; l'Esquimau, trapu, gras et pesant. Les peuples qui habitent depuis des siècles les hauteurs des Andes de l'Amérique méridionale (lesQuichuas et les Aymaras) ont la poitrine plus développée et les poumons plus larges que les tribus du plat pays ; vivant dans un air très raréfié, ils sont obligés de compenser cette circonstance par le volume de l'air inspiré. Leurs ancêtres , qui vinrent les premiers se fixer dans ces régions élevées, ont eu à supporter le conflit dangereux de l'organisme avec un milieu pour lequel il n'était point créé. Le résultat de cette tentative d'adaptation , qui a sans doute coûté plus d'une vie, est devenu le caractère héréditaire de leur postérité. L'acclimatement d'une race ne s'achève qu'après plusieurs générations : en d'autres termes, les changements qui ont pour objet d'adapter l'organisme au milieu s'opèrent graduellement , mais, une fois réalisés, ils se gravent en traits permanents sur la race. Le climat de Sierra-Leone, fatal aux Européens, épargne les naturels ; que si l'on y transporte de la Nouvelle-Écosse des nègres libres dont les ancêtres ont habité pendant quelques générations un climat très différent, ils éprouvent à leur arrivée les mêmes maladies que les Européens : preuve que l'immunité dont jouissent certaines races dans les climats funestes à d'autres provient, non d'une condition originaire, d'un antagonisme inné, mais d'une disposition acquise par les ancêtres et transmise par hérédité. Concluons que les races humaines, qu'elles émanent d'une source unique ou multiple, ont revêtu pour ainsi dire la forme physiologique des climats où elles se sont produites ou installées ; que les migrations et les croisements sont, avec le climat, la cause la plus active de leurs métamorphoses ; que les ef-

HYGIÈNH PUBLlyiJE.

fets combinés de ces deux ordres d'inllneiices s'impriment en caractères héréditaires dans les générations suivantes ; que l'unité primordiale de l'espèce humaine dispartiit aux yeux de l'hygiéniste dans la mullipliciié des transformations (ju'elle subit , suivant les mélanges, les lieux et les temps, et, par conséquent, dans les ddiérences de force organique qu'elles possèdent.

2° Force musculaire. La puissance d'action du système musculaire est l'un des éléments de la force orgatiique (voy. 1. 1, p. 2û0j ; mais, outre que l'on n'a pas comparé sous ce rapport les dilférentes races entre elles, on trouve encore ici une complication d'iniluences qui embarrasse le jugement. S'il est certain que chaque race doit à sa constitution propre une mesure déterminée de puissance muscuxaire, celle-ci varie néanmoins en raison du régime, du clmiat et du degré de civilisation. Les nations qui vivent d'aliments empruntés au règne végétal et en quantité à peine suffisante, déploient moins de vigueur que celles qui sont mieux nourries, et il semble que les proportions de leurs membres soient dilîérenles (Prichard) : les Indous ont les bras et les jambes proportionnellement plus longs et moins musculeux que les Européens. Les sabres de soldats indiens, apportés en Angleterre , avaient la poignée trop petite pour des mains anglaises. Coulomb a remarqué que la quantité moyenne d'action musculaire varie suivant le climat : « J'ai tait exécuter de grands travaux a la Martinique par des troupes ; le thermomètre y était rarement au-dessous de 2U degrés; j'ai fait exécuter en France les mêmes genres de travaux par ces mêmes troupes, et je puis assurer que, sous le 12" degré de latitude, où les hommes sont presque toujours inondés de leur transpiration, ils ne sont pas capables de la moitié d'action journalière qu'ils peuvent fournir dans nos climats (1). » On se représente les sauvages avec les attributs de la force physique, et l'on accuse la civilisation d'énerver le corps par les passions qu'elle entretient ou fait naître : c'est là une double erreur qui ressort des expériences de Pérou sur la force musculaire des naturels de Timor, de la Nouvelle-Hollande et de la terre de Diémen. Les indivi lUS les plus robustes de cette dernière île n'ont pu faire avancer l'aiguille du dynamomètre de Régnier au delà du 60'" degré ; le terme moyen des observations a éie de 50,6 kilogr. Les matelots de l'équipage l'onl toujours emporté dans ces épreuves sur les insulaires Quatorze sauvages de la Mouvelle-Hollande n ont

{X) Mémoires de V Inslilut, première classe, t. II, p. 429. ,

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donné en moyenne, pour force de pression, que 51 kilogrammes ; le plus fort atteignit 62, le plus Faible ne put dépasser W). Comparez ces résultats avec ceux qui sont consignés dans le tableau page 2k2 et ^1^3 du tome I : la différence est énorme. Les Malais de l'île de Timor, un peu plus civilisés que les précédents, ont fourni à Péron une moyenne de 50,7 kilogrammes pour la force manuelle, et de 11,6 myringrammes pour la force rénale. D'après Mackenzie, Lewis et Clark , les indigèf)es de l'Amérique offrent la même infériorité de force physique. Volney observe que, dans les combats de troupe à troupe ou d'Iiomme à homme, les Virginiens et les Kentuckiens ont toujours l'avantage sur les Américains sauvages. Les races sauvages ont donc moins de force musculaire que les races civilisées. Mais, nous le répétons, si profonde que soit la triple action du climat, du régime et de la civilisation, chaque race possède, avec des conditions différentes de conformation, une mesure différente de force intrinsèque. Dans toutes les autres races comparées à la race européenne, les membres présentent une plus grande courbure des os longs et des formes moins parfaites. Chez les nègres, les os des jambes sont déjetés en dehors, le tibia et le péroné plus convexes en avant, les mollets plus haut, les pieds très plats (Sœmmerring),etc. Ces détails de structure rentrent dans l'influence de l'hérédité ; ils ont un rapport manifeste avec la vigueur et la perfection des mouvements : dans la race gît donc la donnée primordiale de la force musculaire.

W Taille. La taille moyenne de l'homme est d'environ 5 pieds, = 1 mètre 62 centimètres (1) ; mais elle varie beaucoup en deçà comme au delà de cette limite : certaines peuplades de la Patagonie, les Caraïbes, etc., atteignent à plus de 1 mètre 8 à 9 décimètres (5 pieds 9 à 10 pouces) ; les Esquimaux et les Bochismans montagnards n'ont guère plus de 1 mètre 3 centimètres = k pieds. Chez les peuples de moyenne stalure, les femmes sont d'environ 1/16 moins grandes que les hommes. Cette différence diminue chez les peuples très petits, et s'élève chez ceux qui se font remarquer par la hauteur verticale du corps. Ce qui prouve l'influence de la race sur l'élévation de la stature, c'est que, dans le même pays, comme dans laPatagonie, on trouve des peuplades d'une taille très élancée à côté d'autres peuplades de stalure médiocre, et , à une bien petite distance, dans la Terre de Feu, des peuplades au-dessous de la taille

(1) Annales d'hygiène. Paris, 1844, t. XXXI, p. 315

UOO HYGIÈNE PUBLIQUE.

moyenne. Si les Francs -Comtois actuels, dit M. Lélut (1), ont une stature élevée, c'est d'abord que leurs ancêtres, les Séquanais , étaient de grande race et de grande taille ; c'est ensuite que cette race s'est mélangée avec les Bourguignons, qui ont envahi la Séquanie au commencement du v* siècle. Or ces derniers , d'origine germaine , étaient aussi une nation forte et grande par la taille comme par le courage : ainsi l'attestent Procope, Orose, Ammien- Marcellin, etc., dont M. Lélut évoque doctement l'autorité. En Angleterre, la taille pour l'infanterie est celle que nous exigeons pour le génie, et le recrutement s'y fait sans peine. Or l'Angleterre n'estelle pas le plus grand foyer de l'industrie, c'est-à-dire de la cause qui abâtardit le plus l'espèce humaine? D'où l'on voit, contrairement à l'opinion de W. Edwards (2), que , non-seulement la race influe sur la taille, mais encore qu'elle l'emporte jusqu'à un certain point sur d'autres causes qui modifient la marclie de la croissance humaine. Au premier rang de ces causes secondaires, il faut mentionner, avec Villermé et Qiielelet, les circonstances favorables ou défavorables résultant de la nature du climat, de la qualité et de la quantité des aliments, ainsi que des autres nécessités de la vie. Le rapport de la taille avec le climat se manifeste même dans les différentes zones de la France. M. P.-A. Dufau a partagé, quant à la taille, le territoire français en 17 groupes, composés chacun de 5 départements. Pour les 17 groupes, la taille moyenne est de 1,657 millimètres. Parmi les 8 groupes du Nord , 6 atteignent ou dépassent cette moyenne, tandis que, parmi les 9 groupes qui forment la France méridionale, 8 restent au-dessous de cette moyenne. Le 8' groupe ( Lorraine-Alsace) est celui des groupes septentrionaux où la taille est le plus élevée : la moyenne y est de 1,677 millimètres. — Les peuples les plus grands habitent pour la plupart l'hémisphère austral, soit dans l'Amérique du Sud, soit dans plusieurs archipels de l'Océan austral. Les peuples les plus petits existent en général dans les parties les plus reculées de l'hémisphère boréal; on en trouve aussi sous l'équaleur et dans le voisinage du cap deBonne-Espérance. Dans les deux hémisphères, les contrées les plus froides ne présentent que des races extrêmement petites.

mu Lélut a posé le chiffre 1"',657 = 5 pieds 1 pouce 3 lignes, cérame l'expression de la taille moyenne à l'âge adulte des classes de Français peu cclairées cl peu aisées, c'est-à-dire de l'immense majorité de la nation (voy. 1. 1, p. -53).

(2) Loc. cit., p. AS.

DES RACES. <i01

Eil Europe, c'est la Suède, la Finlande, la Saxe, l'Ukraine, etc., qui offrent les plus hautes statures. Les classes riches et cultivées de la société ont une stature plus haute que celle des classas pauvres et ignorantes ; la population des villes a une taille plus élevée que celle des campagnes; la croissance s'achève d'autant plus vile que, toutes choses égales d'ailleurs, le pays est plus salubre, plus aisé et que les privations pendant la jeunesse ont été moins grandes.

5° Mortalité et durée de la vie. D'après Burdach (1), la race exerce une influence incontestable sur la mortalité. M. Virey attribue à la race caucasiqué une plus longue durée de vie qu'aux races mongole et malaise. En Asie, les Indous, les Arabes, les Perses et les Turcs paraissent être ceux qui poussent le plus loin leur carrière. En Afrique , les Égyptiens , les Maures, les Marocains atteignent un âge plus avancé que les habitants de la Guinée, du Congo et de Mozambique. Les Mexicains deviennent, dit-on , fort vieux, etc.; mais il faudrait déterminer jusqu'à quel point le climat, la nourriture, la civilisation, et d'autres circonstances analogues, interviennent dans ces résultas. Si l'on en fait abstraction, on trouvera peutêtre que la durée moyenne de la vie est à peu près la même chez les différentes races d'hommes, et qu'elle ne varie que parce que les causes extérieures qui amènent des catastrophes accidentelles et prématurées, ou celles qui nuisent à la santé et altèrent l'organisation, sont plus communes et plus puissantes dans un climat que dans l'autre : telle est l'opinion de Prichard. La durée ordinaire de la vie chez l'homme paraît être de 70 à 80 ans : c'est ce qui ressort de l'histoire de tous les peuples et de tous les temps, et les tables de mortalité démontrent que l'époque normale de la mort coïncide avec cet âge. Buffon a été conduit k évaluer la durée ordinaire de la vie comme égale à la durée de l'accroissement multipliée par 7 ou 8. M. Flourens, en adoptant celte base d'évaluation, l'a déterminée avec plus de précision ; il a fixé le terme de l'accroissement à l'époque où s'opère la réunion des épiphyses aux os, et il multiplie par 5 la durée de la période d'accroissement. Un certain nombre de faits viennent corroborer la doctrine de M. Flourens :

Kpo((uc de lu réunion des os Époque

aux épiphyses. de la mort.

Ho'""'es 20 ans. 90 à 100 ans.

Chameau 8 40

(I) Traité de Physiologie, traduit do l'allemand par A.-J.-L Jourdan Pnrk 1839, t. V, p. 386. ■ •

.3" ii;n)T. — II.

Epoque de la mort.

25 aos.

11 est certain que beaucoup d'individus atteignent les années comprises entre 80 et 100 ; mais les cas de longévité qui outrepassent cette limite sont exceptionnels. En France , d'après des calculs récents, on a trouvé sur 32ya^»,993 décès, Zt39 personnes réputées centenaires = 1 sur 5,500 décès environ. La Statistique de la France pour 1851 signale

Pour 17,794,964 hommes. Pour 17,988,206 femmes.

De l'Age de 99 ans.... 101 hommes. 223 femmes.

— delOOaos. ... 62 — 180

Au-dessus de 100 ans.. . . 40 — 102

Notons que la plupart des centenaires signalés par les auteurs (1) ont transmis à leurs enfants le même privilège de longévité. M. Raston a rassemblé de nombreux exemples de longévité parmi les Européens ; Pi'ichard parmi les nègres, et l'on trouve dans un ouvrage de ce médecin (2) la preuve que les cas de longévité ne sont ni moins fréquents ni moins remarquables chez les autres races d'hommes, tant de l'ancien que du nouveau continent. De Humboldt cite un Péruvien qui vécut jusqu'à U3 ans. Relativement à la durée de la vie, toutes les nations, toutes les races auraient donc à subir les mêmes lois, sauf l'intervention des influences superposées, dont la plus etlîcace réside dans le climat. L'appropriation de la race au climat gouverne , non seulement la mortalité, mais encore la prédominance relative des maladies. Le tableau suivant (3) indique le rapport de fréquence et de léthaliié des maladies entre la population blanche et la population noire de New-York. Il n'est pas

(1) Voy. Burdach, Loc. cit., t. V, p. 339.

(2) Recherches sur l'histoire physique du genre humain — P. Lucas, Traité philosophique et physiologique de l'hérédité. Paris, 1847, t. I, p. 254 et suiv.

(3) Leichtungen in der medicinischen Géographie von Heusinger, dans Jaliresbericht Mer die Forschritle der gesammten Medicin , herausgegeben , von D'Canstalt und D"" Eisemann, l. II, 1848.

Ivputjua da lu réunion dut os aux épiphyses.

Cheval .3 ans.

Bœur. 4

LiuD 4

Chien 2

Chat 18 mois.

DES RACES. . (li)^

inutile de rappeler que l'esclavage n'existe point dans cet Etat, circonstance qui permet au climat de mieux dessiner son action sur les deux groupes humains.

Population blaiicbo. Populaliou noire.

Maladies. Décès sur 1000 habiUinls Décos sur lOOO lui bil.

Fièvres 1,338 2,294

Maladies épidémiques 0,622 1,453

Phthisie ou hémoptysie 4,107 8,871

Autres affections tuberculeuses 0,128 0,458

Maladies du cerveau et du systèpie nerv. 1,823 2,523

— du cœur 0,437 0,494

— des organes respiratoires (autres

que les précitées) 1,324 3,666

— du foie 0,317 9,458

— du tube digestif 1,033 0,994

Autres affections de l'abdomeD 0,335 0,305

Maladies de l'appareil urinaire 0,083 0,000

— de l'appareil génital 0,401 0,382

— non classées 0,781 1,300

— inconnues 0,185 1,529

Morts violentes 0,834 1,606

Total des causes 14,317 26,776

Causes non indiquées 0,097 0,458

Mortalité totale 14,405 27,225

Quant aux immunités inhérentes aux races, la théorie les rend probables, car elles expriment en partie dans les masses ce que les prédispositions et les conditions d'hérédité sont dans l'individu; mais il existe sur ce sujet peu d'observations positives, quoique là juxtaposition de races différentes dans les mêmes contrées semble les solliciter et les faciliter. Comment se comportent, par exemple, en Pologne, le type juif, le type germanique, le type slave, sous l'mfluence du même climat, d'habitudes analogues, "des mêmes épidémies, etc.? Les documents anglais (1) sur la mortalité des troupes indigènes et des troupes européennes dans les Indes sembleraient jeter quelque jour sur cette question ; mais l'influence du climat de l'état militaire et des différences de régime restreint leur valeur

(1) Leichtungen in der medicinischen Qeographie von Ileminger, dans JahresbericlU uber die Forschrille der gesammlen Mcdicin , herausgegeben , ron D' Canstalt und Eisenmann, t. Il, 1848.

fiOU HYCliiNK PHHI.IOIJK.

et obscurcit leur signilication. Nous choisissons quelques données statistiques qui concernent les résidences du littoral :

Maladies des poumons | ijUj^gl^nc"*'

Muliides Dc'cès

sur JOOO, iur ^O^iO.

2° Maladies intestinales (dysentérie et l Europ(''ens. ... 271 1 3,7

diarrhée) | Indigènes 26 2,1

I Indigènes .... 1 0,1

„„,.,.. . „ . (Européens

3" Maladies du foie inHis^n...:

■t» Maladies mentales, apoplexie et épi- \ Européens. . 17 1,5

lepsie ( Indigènes .... 4 0,5

Tt" Fièvres éphémère et mfer/m/<en<e, f Européens. .. . 246 3

rémittente et continue (Indigènes .... 222 31

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