Fécondité
Les recherches statistiques de MM. Sadier, Finlayson et Quetelet ont conduit à des conséquences importantes relativement à l'influence que l'âge exerce sur la fécondité : 1" les mariages trop précoces amènent la stérilité et produisent des enfants qui ont moins de chances probables de vie; 2° un mariage, s'il n'est point stérile, produit le même nombre de naissances, quel que soit l'âge auquel il a eu lieu, pourvu que cet âge ne dépasse pas .33 ans environ pour les hommes, et 26 pour les femmes; après ces âges, le nombre des enfants qu'on peut produire diminue; 3° du résultat précédent et de la considération des probabilités de vie, on peut déduire que c'est avant 33 ans pour l'homme et avant 26 pour la femme que l'on observe la plus grande fécondité ; k" si l'on tient compte des âges respectifs des mariés, on trouve que, toutes choses égales, les mariages les plus productifs sont ceux où l'homme a au moins l'âge de la femme, ou plus que cet âge, sans cependant l'excéder de beaucoup (2). Ces résultats varient par l'action de causes perturbatrices telles que le climat, la nourriture, etc. Ainsi les tables de population de la Suède, pendant seize ans, et embrassant plus d'un million et demi de naissances, font voir que, dans cette contrée, la plus grande fécondité des femmes coïncide avec les âges de 30 et 35 ans. En général , la femme demeure féconde pendant 25 ans environ , et, chaque grossesse, avec l'allaitement, durant dix-huit mois, elle peut mettre au monde seize enfants, abstraction faite des grossesses multiples. Nous avons discuté (tomel) l'âge moyen de l'aptitude à la reproduction dans les deux sexes et celui de la ménopause.
L'homme se conforme-t-il aux lois que la nature paraît avoir at-
(1) Ch. Dupio, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 19 mars 1849.
(2) Quetelet, Essai de physique sociale. Paris, 1835, 1. 1, p. 66.