‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 81 sur 163 · DES HABITATIONS PUBLIQUES · texte numérisé non relu

DES HABITATIONS PUBLIQUES

S I. — villes Cl vlllag;e8.

La formation des centres de population est l'origine de l'hygiène publique et le levier de la civilisation. Cliez les peuples chasseurs, les instincts les plus grossiers de l'individualité sont le mobile d'une existence sauvage; cliez les peuples pasteurs, les idées de propriété et de défense commune se développent même au sein d'une vie nomaile. Plus tard, l'agriculture les attache au sol et les jalonne en groupes qui grossissent avec le temps. A mesure que les besoins augmentent et que les intérêts se compliquent, l'industrie grandit, la hiérarchie sociale se fortifie, les villes s'élèvent , entourées de murailles qui les protègent contre les agressions, sous la garde d'un pouvoir qui personnifie les droits et les intérêts communs : la commune existe, c'est-à-dire l'unité sociale, le type de la société civile. La religion vient la vivifier par le sentiment de la fraternité humaine et resserrer l'association des hommes : la paroisse vit dans la commune comme l'âme dans le corps. Tels furent les rudiments de nos grandes cités ; elles se sont formées par une sorte de polarisation lente et graduelle. L'hygiène publique a pris naissance à la suite des maux dont les centres populeux devinrent les foyers ; elle n'a point présidé à leur lormation, elle n'a point dirigé la construction de ces ruches nombreuses où s'agitent, frelons et travailleurs, les races mélangées qui constituent la plupart des agglomérations humaines; science tardive, sa tâche est de réparer plutôt que d'édifier. Les générations antérieures ont légué aux nôtres une mission difficile : la refonte des cités, qu'elles ont élevées dans l'ignorance ou dans l'incurie de tous les principes de la salubrité publique. Rues mal percées, constructions tourmentées, établissements mal exposés, masures humides et sombres empiétant sur la voie publique, pavage incomplet, système défectueux de distribution et d'écoulement des eaux, etc. : tels sont les vices de la plupart des villes anciennes ; leur régénération sanitaire impose de grandes dépenses et ne peut s'effectuer qu'avec le secours des siècles. Assainir un quartier, c'est prolonger la moyenne de la vie de ses habitants. Cette vérité doit sans cesse être présente à l'esprit de ceux qui ont la direction et la respon.sabilité du municipe. On dresse des

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a98 HYGIÈNE l'UULlOI'E.

Statues, on construit des mairies luxueuses, des salles de spectacle, on caresse les ruines historiques : améliorez la demeure du pauvre et de l'ouvrier ; versez l'ajr, le soleil et l'eau à vos administrés; assurez le prompt et régulier enlèvement des boues et déjeclions ; reslreijjnez le mépliilisme envahissant des accumulations humaines et le mortel tribut que prélèvent annuellement les cachexies populaires, filles de la misère et de l'insalubrité. La puissance d'uilection d'une ville se calcule d'après celle de chacune des habitations dont elle se compose ; il y faut ajouter l'irilluence des boues formées sur la voie publique par la circulation des passants et les pluies; celle des boucheries, des hôpitaux et hospices, des cimetières, les émanations des ateliers et fabriques, etc. Que l'on réfléchisse à tous les foyers miasmatiques qui ntiissent seulement des ménages entassés dans une seule maison, et l'on se fera une idée de toutes les difficultés de la police sanitaire.

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