C[RCUMFUSA. — VILLAGES ET BOURGS
rement pourri; que les gaz de la fermentation, consistant surtout en acide carbonique, en hydrogène carboné, en ammoniaque, et accompagnés d'une production de chaleur, influent heureusement sur la végétation, et qu'il importe de ne point les perdre sur les grands chemins. Si ces raisons ne portent pas les cultivateurs à s'ingénier dans la préparation des engrais, au moins les décideront-elles à établir les fumiers loin des maisons sur un sol creux, imperméable et abrité pour empêcher leur évaporation et la perte des liquides, etc. Les urines des bestiaux, sont en quantité énorme; elles sont aux excréments solides dans la proportion de 6 à 1. Un cheval verse en moyenne 1330 gram. d'urine par jour, soit/i85 kilogr. par an, de quoi engraisser 60 centiares; une vache 8 kil. 200 gr. par jour, soit 2,993 kil. par an, de quoi fumer 2i ares. L'urine est une des parties les plus actives du fumier, la putréfaction la convertit en carbonate d'ammoniaque; aussi, dans le nord de la France, en Suisse, la recueille-t-on à l'aide de citernes ou de réservoirs ap[ielés yjMrmïèm. Propagez cette méthode, ce progrès, et le dallage, le pavage cimenté des écuries avec pente et rigoles, leur lavage qui délaie assez l'urine pour lui ôler un excès d'activité sur la végétation, en sont les conséquences nécessaires et procurent l'assainissement de ces locaux dont la demeure du paysan est hygiéniquement solidaire. En Angleterre, en Allemagne, en Suisse, on remplace la litière dans les bergeries par une certaine quantité de terre sèche qu'on recouvre chaque jour d'une nouvelle couche, et quand toute celte terre est assez imprégnée, on la remplace; le fumier dû à ce mélange a la propriété de fermenter plus également et cède moins de principes à l'évaporation. Or, cette pratique agricole, qui amoindrit la volatilisation tout en augmentant la quantité des engrais, est un véritable assainissement des écuries, étables, etc. ; le sol absorbant les deux tiers des urine.s dont l'odeur est amortie, elle conduit à couvrir d'une couche de terre ou de gazon, épaisse de quelques centimètres, les tas de fumier situés à l'extérieur des maisons; on prévient ainsi leur dessiccation et la déperdition de gaz fertilisants : double profit et pour l'hygiène et pour l'agriculture.
iM. Chevallier a proposé, dès 1832, un système (1) fondé sur les bénéfices de la récolte des boues et de leur conversion en engrais. On choisirait, assez loin des habitations et hors des vents régnants,
(1) Notice historique sur le nettoiement de la ville de Paris {Annales ci Hygiène publique, Paris, 1849, t XLII, p. 312).
UYMÈNE IMJIJLlyUK.
un terrain en rapport avec la population et l'étendue de la commune, pour y creuser un fossé destiné à recevoir les boues; quelques indigents valides, à la charge de la commune, pourvus d'une charrette et d'un mauvais cheval, parcourraient sans cesse, pendant les jours ouvrables, la commune et ses abords, enlevant les immondices pour les conduire au réservoir communal. Les mares, partagées en deux sections et versées alternativement de l'une' dans l'autre, à l'aide d'une planche formant varme, seraient curées périodiquement, et les dépôts extraits de leur fond seraient portés dans le fossé de la commune. Les boueurs employés à ce travail seraient indemnisés soit au moyen d'une souscription, soit avec le produit de la vente publique des matières recueillies et bonifiées par un an de séjour. Les cultivateurs, soumis au mmime impôt de la souscription, en seraient eux-mêmes dédommagés par le partage proportionnel des engrais obtenus.
Malgré tant de causes d'insalubrité et de maladies, la population rurale paie un moindre tribut à la phthisie, àla fièvre typhoïde, etc., et présente une moindre proportion de décès; cela prouve que l'absence de certaines causes qui sévissent sur les citadins et l'efficacité de quelques conditions propres à la vie rurale suffisent pour neutraliser les effets d'une habitation aussi insalubre. Les passions, la surexcitation morale et intellectuelle, la luxure précoce, l'égoïsme et l'ambition font peu de victimes à la campagne; ensuite les habitants de ces demeures délabrées n'y sont pas sédentaires; leurs travaux les appellent dans les champs, sur les routes; ils vivent à l'air libre; sobres, laborieux, ménagers de leur virilité, endurcis aux fatigues, ignorant les fluctuations de la vie des ouvriers qu'un salaire instable fait passer tour à tour par les excès et par les privations, ils trouvent dans leur sobriété, dans une nourriture simple, mais substantielle et exempte de fraudes, dans la régularité de leurs habitudes, dans l'inerte quiétude de leur croyance, dans le sentiment de la liberté, dans le bienfait d'un air pur, la compensation hygiénique des influences nuisibles qui les atteignent passagèrement sous le toit de leurs sordides pénates. Néanmoins cette compensation n'est pas complète. D'après le docteur Charpentier, de Valenciennes (1), les épidémies meurtrières qui s'étendent aux villes et aux villages font plus de victimes dans ces dernières localités : le choléra de 1832 et celui de 181x9 en ont fourni des preuves.
(1) De la nécessilé d'amcliorer le sort des indigents malades des campagnes.
ClUCUMFllSA. — EDIFICES PUBLICS. 553
L'assistance publique a une tâche énorme à remplir envers les malheureux habitants des districts ruraux : que l'on se hâte de les ! doter de médecins cantonaux, ou au moins de maisons de secours ! desservies par quelques sœurs de Charité, et pourvues de quelques 1 ressources de traitement, notamment d'appareils à fracture; que I l'on institue dans les campagnes des secours publics pour les î asphyxiés par submersion, par le froid, par la foudre, par stran- I gulalion, par les gaz que dégagent le charbon, le raisin en fermentation (1) ; que l'on y fonde des assurances de secours mutuels entre les ouvriers agricoles ; que l'on mette à leur portée les caisses d'épargne ; qu'on les arrache au fléau de l'ivrognerie par l'ascen- . dant des sociétés de tempérance. Mais avant tout, il faut aviser à la destruction des foyers d'infection si multipliés dans les villages, par l'organisation de la voirie rurale.
S 2. — ÉdlUces publics.
Les édifices publics sont soumis à des conditions générales de salubrité et à des règles d'appropriation spéciales ; sous ce dernier rapport , on peut les diviser ainsi :
Crèches. Salles d'asile.
Orphelinats.
Écoles primaires.
Santé ■ Lycées et gymnases.
1 Édifices religieux, r Couvents.
' Casernes.
^Asiles pour la vieillesse.
(Hôpitaux ordinaires.
— pour les enlants.
.„„.«„.c , — vour les vieillards.
pour les femmes en couches, pour les aliénés, pour les maladies spéciales.
Imminence morbide.
Lazarets.
Quarantaines.
(Voy. page 472.)
(Prisons.
Maisons centrales.
Bagnes.
(I) De l'assistance publique et médicale dans les campagnes, par Reveillé- Parisc. Paris, 1850.
HYGIÉNii PIJBLIQIIB.