‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 96 sur 163 · INGKSTA. — CONSERVATION DES BOISSONS · texte numérisé non relu

INGKSTA. — CONSERVATION DES BOISSONS

4'écoulement. La voûte, qui a l'épaisseur d'un mur ordinaire, est [nlerrompue sur un des côtés par une gorgn carrée d'environ 30 cent. mètres de hauteur se terminant au niveau du sol, revêtue intérieuremerit par une couche de ciment romain et fermée à l'aide d'une trappe en fort chêne : c'est par celte ouverture que descend l'ouvrier dans la citerne, lorsqu'elle est à réparer ou à nettoyer. Ce nettoyage s'opère aisément tous les quatre ou cinq ans au moyen d'une espèce de drague à long manche. A l'un des angles de cette trappe, on ménage une ouverture pour le passage d'un tuyau de pompe à la main. Des tuyaux de terre cuite ou de fonte, placés dans un eiifoncement, conduisent l'eau pluviale de la gouttière ^ l'intérieur de la gorge du côté dont on fait choix. La trappe, fer-r mée herméli(jnement, doit rester en place pendant deux ou trois mois ; au terme ç]e ce délai, on laisse arriver l'eau dang la citerne» elle y contracte un goût de chaux qui ne tarde pas à se dissiper. IV], Gama estime à 500 ou 600 francs la dépense totale de la con^ struction d'une citerne de 1"\50 cubique. Il oublie toutefois de re? commander exclusivemeul la récolte des eaux qui coulent sur des toitures d'ardoise ou de zinc, et d'indi(^uer les moyens d'empêcher l'introduction dans les citernes des ordures qui existent sur les toits, dans les gouttières, dans les tuyaux de conduite. L'eau des? citernes se charge quelquefois de principes empruntés à leurs ma-? téri;iux de construction ; elle prend un goût putride au contact de^ matières organiques qui y fer mentent. Aussi les citernes publiques devraient-elles, comme la grande citerne du palais ducal de Venise» ne recevoir l'eau pluviale qu'à travers une épaisse couche de sable, Dans les réservoirs qui ont moins de 3 mètres à 3"',5Q (|e profondeur, l'eau tend à s'échauftér, les plantes aquatiques et les insectes se multiplient. En 1842, l'eau de Ifi fontaine de la rue dfî l'Arcade, à Paris, fut souillée par la présence d'une grande qufintiié de puçes d'eau {crustacés monocles, du genre Daphnée), qui provenaient du bassin de Chaillot : il fallut curer ce bassin et établir un filtre à la fontaine de la rue de l'Aicade. D'après M. Guérard (1), les plus belles citernes connues sont celles de Constantinople, alimentées par les somces de la forêt de Bellegarde : il ignorait sans doute qu'elles ne versent aujourd'hui, aux habitants de Péra, qu'une eau jaunâtre, chargée de rnatières terreuses et organiques par suite du mauvais entretien des conduits. M. Kuhimann a sigqalé dans l'eau

(1) Du choix et delà disiribulion des $ay,x,itc., 18^2, p. 66.

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d'une citerne du nord la préseiice du sulfale de cuivre provenant des tuyaux de cuivre qui surmontent les cheminées d^s lourneaux des machines à vapeur ; celles-ci étant alimentées avec de la houille qui contient du bisulfure de Ter, la quantité d'oxygène qui passe au moment où l'on charge le foyer ne suffit pas pour convertir le soufre qui se sépare en acide sulfureux, il s'en volatilise une certaine portion avec un peu d'hydrogène sulfuré ; le cuivre de la cheminée les fixe au passage et le sulfure de cuivre qui en résulte se change en sulfate avec le concours de l'oxygène atmosphérique. Ce sulfate de cuivre, entraîné par le courant d'air du tuyau, se porte sur les toits et sur les gouttières. Il faut éviter de recueillir les eaux qui lavent ces toits ainsi que les toits de plomb ; l'eau qui coule sur les toits de zinc serait aussi à rejeter d'après MiVI. Blandet et Landouzy, mais depuis longues années M. Auzoux (1) constate l'innocuité des eaux recueillies dans des réservoirs de zinc et consommées parles habitants des fertiles plaines de Neufbourg (Eure), où, faute de puits et de sources, l'eau de pluie est d'un usage général. Depuis quinze ans, on y a substitué ces réservoirs aux citernes : l'eau s'y conserve pure, limpide et de bonne qualité. On négligera aussi la première eau de pluie qui rencontre dans les couches inférieures de l'atmosphère et entraîne une foule de corpuscules étrangers. Le fond des citernes doit être garni d'un lit de charbon en poussière. L'emploi du noir animal en grains purifie aussi leur eau et la débarrasse en même temps de leurs sels calcaires ; M. Girardin le prescrit à U kilogrammes par hectolitre d'eau dans une citerne neuve.

Il est d'autres réservoirs publics, dits châteaux d'eau, fontaines, bassins, qui versent l'eau sur place ou la distribuent aux différents quartiers des villes au moyen d un système de conduits souterrains; il est nécessaire de les débarrasser périodiquement des matières qui s'y déposent, des plantes aquatiques qui y prenneni naissance. Le sable des établissements hydrauliques de Chelsea ne renferme que 1,Û3 pour 100 de matières organiques après avoir servi à la filtration pendant plusieurs semaines. La présence des nitrates dans les eaux de Londres prévient la formation de toute matière végétale, et le microscope même n'y découvre aucune trace de végétation après un long espace de te(nps (Smith). On garantit les réservoirs des infiltrations qui altéreraient la pureté de leur eau, soit en ks

(1) Annales d'hygiène et de médecine légale, t. XVllI, \^. 3o2.

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