‹ Traité de calcul différentiel et de calcul intégral (volume 2)Chapitre 18 sur 245 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

Il est donc tout naturel que l'effet si profond de la publication de Leibnitz n'ait pas été immédiat, et Ton ne s'étonnera pas que l'un des plus grands esprits de cette époque et de tous les temps, Huyghens, lui écrivît en 1 690, c'est-à-dire six ans après la publication de la Note des y4cta : ^ J'ai eu de temps en temps quelcpie chose de votre nouveau calcul algébraique dans les Actes de Leipzig; mais, y trouvant de l'obscurité, je ne l'ai pas assez étudié pour l'entendre, comme aussi que je crois avoir quelque méthode équivalente, tant pour trouver les tangentes des lignes courbes où les règles ordinaires ne servent pas, ou très-difficilement, que pour plusieurs autres recherches. »

Deux mois après, il écrivait de nouveau: « J'ai tâché depuis ma dernière lettre d'entendre votre Calculas differerUiaUs ^ et j'ai tant fait, que j'entends, mais seulement depuis deux jours, les o^emples que vous en avez donnés. . . , et j'ai même reconnu le fondement de ce calcul et de toute votre méthode, que j'estime très-bonne et très-utile. Cependant je crois avoir quelque chose d'équivalent, comme je vous l'ai écrit dernièrement. »

C'est seulement trois ans après, le 1 7 septembre 1 698, qu'il lui écrit enfin: (c Vous connaîtrez, monsieur, que j'ai fait quelque progrès dans votre excellent calcul différentiel, dont je goûte de plus en plus l'utilité. »

Trois ans après la première publication de Leibnitz, et lorsque la plupart des géomètres, peu familiers avec la nouvelle doctrine, étaient encore incapables d'en apprécier la portée et d'en pénétrer la profondeur, New^ton pubKa l'immortel ouvrage qui, aujourd'hui encore, en contient les plus belles applications. Il y emploie constamment la méthode des fluxions, qui, sous une forme différente, repose sur la même idée que celle des différentielles.

Newton, dans sa théorie, assimile les grandeurs variables à des points en mouvement, dont la vitesse, ou fluxion, lui sert à étudier la loi des variations simultanées qu'il considère.

De même que nous avons dû citer Fermât pour avoir fait usage avant Leibnitz d'une conception analogue à celle des différentielles, il est juste de signaler ici l'analogie de la doctrine des fluxions avec les idées développées par Roberval dans sa Théorie des mous^ements composés. Quoiqu'il se soit trompé dans l'énoncé des principes, les applications que fait Roberval sont exactes et nombreuses. Elles ont précédé de trente années

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