XII PRÉFACE
» De ces lettres et chartes résulte ce qui suit :
» I. Leibuitz, au commencement de l'année iGjS, était à Londres; il partit vers le mois de mars pour aller à Paris, d'où, sur la demande d'Oldenbourg, il entretint avec Collins un commerce de lettres qui dura jus- (ju'en 1 G76. Depuis, il revint par Londres et Amsterdam à Hanovre. Or on sait que Collins a toujoiu's communiqué très-volontiers aux mathématiciens ce qu'il tenait de Newton et de Grégory.
» IL Leibnitz, à son premier voyage de Londres, se déclara l'inventeur d'une certaine méthode dite proprement différentielle, et bien que Pell lui eut appris que Ne\\ton s'en était déjà servi, il n'en continua pas moiiis à s'attribuer tous les droits d'inventeur, tant parce qu'il l'avait trouvée, disaitil, sans aucun secours étranger, n'ayant pas eu connaissance des publications de Newton, que parce qu'il y avait beaucoup ajouté. Ornons ne trouvons nulle mention d'une méthode différentielle autre que celle de Newton, avant la lettre de Leibnitz du i i juin 1677, une année pleine après que la lettre de Newton, du 10 décembre 1 672, eut été envoyée à Paris poiu^ être communiquée à Leibnitz, et quatre ans après que Collins eut commencé à communiquer cette même lettre à ses amis. Dans cette lettre, la méthode des fluxions est suffisamment décrite pour toute personne au courant de ces matières.
» IIL De la lettre de Newton du i3 juin 1G7 G, résulte évidemment (|u'il connaissait déjà, à cette date, la méthode des fluxions depuis cinq ans. Il résulte également de son analyse par les équations qui ont un nombre infini de termes, analyse communiquée à Barrow et à Collins en i GG9, qu'il avait, même avant ce temps, songé à cette même méthode.
» IV. La méthode différentielle est la même exactement que la méthode
des fluxions, au nom et à la notation près Nous croyons que ceux qui
ont attribué l'invention à Leibnitz, ne connaissaient pas ou connaissaient mal les rapports qui avaient existé entre Collins et lui, et ignoraient que Newton se fût servi de la même méthode quinze ans avant que Leibnitz eût commencé à la publier dans les ^cta Eruditorum.
» Cela posé, nous pensons que Newton est le premier inventeur de cette méthode, et que Keil, par conséquent, en la lui attribuant, n'a aucunement fait tort ou injustice à Leibnitz. »