XIV PRÉFACE
« licibnitz, dit-il, était en possession, et en possession non contestée, de tout ce que la géométrie avait produit de plus brillant depuis vingt siècles; mais cet éclat de gloire n'a pas duré, des partisans ti'op zélés et des disciples éblouis, eu voulant élever leur maître, ont été cause de l'abaissement fie sa réputation. »
La plupart des géomètres du continent persistèrent cependant dans le sentiment opposé ; beaucoup d'entre eux, et des plus illustres, recommrent les droits deLeibuitz, en accusant les Anglais d'injustice et de légèreté.
Examinons en effet la décision des Commissaires; elle peut se résumer eu delix propositions :
1° lie calcul des fluxions ne diffère pas du calcul différentiel, a" Cette doctrine unique, créée par Newton, a été communiquée clairement à Leibnitz, avant qu'il la publiât comme siemie.
La première de ces assertions n'est pas contestal)le : la déclaration formelle de chacun des deux rivaux nous dispense d'insister sur ce point, qui est constant entre les parties.
Quant à l'accusation de plagiat portée contre Leibnitz, la postérité ne l'a pas ratifiée. Elle repose, comme on l'a vu, sur la communication faite à Leibnitz par Oldenbourg d'une lettre écrite par Newton, le lo décembre 1 672, et dans laquelle, disent les Commissaii-es, la méthode des fluxions est suffisamment décrite pour toute personne intelligente. Or ce point essentiel de l'accusation disparaît entièrement, car l'examen des papiers deLeibuitz, conservés à Hanovre, a prouvé fort récemment que cette lettre n'a pas été envoyée en entier, et que dans l'extrait que T^eibnitz en a reçu en 1 ^76, le passage suivant se rapporte seul à la méthode des fluxions.
« Après la mort de Grégory, Collins rassembla la vaste correspondance qu'ils avaient entretenue, et dans laquefle se trouve l'histoire de la méthode des séries. Newton lui promit alors d'y joindre sa propre méthode pour cju'elle fut pubhée à la première occasion, il ne sera pas hors de propos d'ajouter que Newton, en nous communi(juaut, le 10 décembre 167a, sa méthode des tangentes aux courbes géométricpies définies par une équation entre l'ordonnée et l'abscisse, ajoutait qu'elle était un cas particuUèr, ou plutôt un corollaire de la méthode générale qui s'étend, sans calculs compliqués, non-seulement à la détermination des tangentes à toutes les courbes