LeJirbuch der physiologischeii Chemie, p
LE SANG
2° M. Hoppe-Se^ler 1 recommande le procédé suivant :
Du sang défibriné est mélangé avec au moins 10 fois son volume d’une solution de chlorure de sodium renfermant, pour 1 volume de solution saturée, environ \k volumes d’eau. On laisse reposer pendant 1 ou 2 jours dans un endroit frais, de manière que la plus grande partie des globules se dépose. On décante alors le liquide surnageant, on introduit le dépôt dans un ballon, on y ajoute l’eau, dont il faut éviter un excès, puis une égale quantité d’éther, et l’on agite vivement : les globules se dissolvent. Après avoir décanté l’éther, on filtre rapidement, à la température de 0”, et l’on ajoute au liquide ijh de son volume d’alcool, pareillement refroidi à 0°. On laisse ensuite reposer le tout pendant quelques jours à 0° ou mieux à une température plus basse encore. Le liquide se prend en une masse cristalline.
Aveclesang de rat, de cochon d’Inde, d’écureuil, de chien, les cristaux d’oxyhémoglobine se forment avec une grande facilité pendant la filtration du liquide rouge renfermant la solution de globules ; une partie de ces cristaux peut rester sur le filtre. S’il en était ainsi, on les reprendrait avec une certaine quantité d’eau à 40“ : le liquide filtré rapidement, refroidi à 0° et additionné du quart de son volume d’alcool froid, fournit une nouvelle cristallisation, lorsqu’on l’abandonne à une basse température.
Le procédé qui vient d’être indiqué est applicable à la purification des cristaux d’oxyhémoglobine bruts préalablement recueillis sur un filtre et débarrassés d’eau mère par l’expression.
3“ On peut retirer l’oxyhémoglobine du sang de chien, qu’il est assez facile de se procurer.
Pour cela, on laisse coaguler ce sang; on divise le caillot et on l’exprime à travers un linge; on ajoute au sang défibriné quelques centimètres cubes d’une solution de 1 partie de bile cristallisée dans 3 parties d’eau. Au bout de 24 heures, on filtre et l’on ajoute au liquide filtré un cinquième de son volume d’alcool. On laisse reposer dans un endroit froid, on recueille les cristaux et on les lave d’abord à l’alcool faible et puis à l’alcool concentré (W. Kiihne).
I. Handbuch der Phys. u. Pathol. Chemtschen Analyse. 4' éd., p. 251.
OX VllÉMOGLOBINE.
M, Hoppe-Seyler a indiqué un procédé encore plus simple. Le sang de chien défibriné est mêlé d'un égal volume d’eau ; la solution rouge ainsi obtenue est additionnée d’alcool dans la proportion de 1 volume pour k volumes de sang étendu. Le tout est abandonné à une température qui ne doit pas dépasser 0". Les cristaux séparés au bout' de 2k heures sont recueillis sur un libre, exprimés entre du papier et redissous dans la plus petite quantité possible d’eau à 25° ou 30°, La solution est de nouveau additionnée d’alcool et abandonnée à la cristallisation à une basse température.
k° S'agit-il simplement de former des cristaux d'oxj hémoglobine dans une goutte de sang pour les observer au microscope, il convient d'opérer de la manière suivante : on place une goutte de sang défibriné sur le porte-objet, on la laisse évaporer jusqu’à ce que les bords commencent à se dessécher; on dépose ensuite au centre une gouttelette d'eau et on couvre le tout avec la lamelle de verre. Le liquide déborde ainsi au delà de l’anneau d'abord formé, et les cristaux de sang ne tardent pas à se montrer.
§ 132. Forme et composition des cristaux d’oxyhémoglobine. — Ces cristaux sont microscopiques et constituent, à l’état humide, une masse pâteuse d'une couleur rouge de cinabre. Séchée au-dessous de 0°, cette masse se convertit en une poudre rouge brique. Lorsque la dessiccation a lieu au-dessus
Oxyliémoglobine retirée du sang de l'homme et de celui de la plupart dos carnivores.
de 0°, la poudre prend une couleur plus foncée, due sans doute à une décomposition partielle.
LE SANG
Sous le microscope, les cristaux d’oxyhémoglobine pi ésentent | des formes variées, appartenant à des systèmes cristallins | différents. Ceux du sang veineux de l’homme sont despiismes | à quatre pans et se présentant souvent sous forme de rectangles ou de rhombes allongés (fig. 8 et 9). Les cristaux du sang de chien forment généralement des prismes à 4 pans , i ceux du sang de chat sont des tables rhomboïdales minces, ou
des prismes à quatre pans, avec des faces terminales très obliques (fig. 9). Seuls, les cristaux du sang de dinde parais- j sent appartenir au système régulier. Ce sont des cubes rare- ( ment modifiés par des faces octaédriques. Les cristaux du sang i d’écureuil (fig. 11) apparaissent comme des tables hexagonales. | L’oxyhémoglobine du sang de rat et de cochon d’Inde cristal- | lise en tétraèdres ou en octaèdres orthorhombiques (fig. 10); j celle du sang d’oie en tables rhomboïdales très minces; les !' uns et les autres cristaux appartiennent probablement au ji système du prisme orthorhombique. j
Les cristaux d’oxyhémoglobine renferment de l’eau de cristal- \ lisation dont une partie se dégage par la dessiccation à0“, dans 1 une atmosphère ^séchée par l’acide sulfurique. Le reste de l’eau ne, ’se dégage qu’à 110 ou 120°, en même temps que l’oxyhémo- ! globine se décompose partiellement. La quantité d’eau de cristallisation que renferment les cristaux varie suivant leur forme et suivant la nature du sang d'où ils proviennent. Les analyses '
Fig. 10.
Oxyliémoglobine retirée du sang de la souris.
Fig. 11.
Ox3'hémoglobine retirée du sang de l’écureuil.
OXYIIÉMOGLOBINE 303
suivantes, dues à MM. G. Schmidt et Hoppe-ScUei’S indiquent la composition de ces divers cristaux. L’eau de cristallisation y est rapportée à 100 parties de cristaux desséchés sous la machine pneumatique.
iLOBINK DU
de cochou
de
de chleu.
d'oie.
d'Inde.
d'ècnreuil.
cheval.
Carbone
Hydrogène
Azote
Oxygène
Soufre
Fer
Acide phosphorique.
Eau do cristallisation
M. Iloppe-Seyler pense que l'acide phosphorique trouvé dans les cendres des cristaux d’hémoglobine provient d’un mélange de nucléine.
§ 133. Propriétés optiques des cristaux d’oxyhémoglobine. — Ils présentent la double réfraction et sontpolychroïques. Les cristaux eux-mêmes et leur solution montrent deux bandes d’absorption (fig. 12) situées entre les raies D et E du spectre solaire et séparées par une bande lumineuse colorée en jaune verdâtre.
Ainsi, lorsqu’on fait tomber sur le prisme du spectroscope un faisceau de lumière qui a traversé une solution d’hémoglobine, on obtient un spectre incomplet; l’extrémité rouge de ce spectre est la plus lumineuse. Au delà de la raie D, on remarque les deux bandes d’absorption a et p qui viennent d’être mentionnées et qui, si la solution d’oxyhémoglobine n’est pas trop concentrée, sont séparées par une bande lumineuse d’un jaune verdâtre. Ainsi D étant à la division 80 de l’échelle du micromètre, la bande a s’étend de 81 à 87; la bande fi, moins sombre, va de 93 à 105. Au delà du vert, la partie bleue et violette du spectre est peu apparente et ne commence à s’illuminer que lorsque la solution d’oxyhémoglobine est très diluée, lorsqu’elle