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Medizinisch-Chemische Untermehungen, p

LE SANG

renferme, par exemple, un gramme d’oxyhémoglobine dans un litre d’eau, la couche de liquide traversée par le faisceau lumineux ayant une épaisseur de 1 centimètre.

Fig. 12. — 1. Spectre d’absorption de i'oxyhémoglobine. — 2. Spectre d’absorption

de l’héiniiglol)ine réduite.

Les propriétés optiques qui viennent d’être décrites appartiennent aux solutions d’oxyliéinoglobine.

Lorsqu’on fait passer un courant de gaz hydrogène ou de gaz carbonique à travers une telle solution, on en chasse l’oxygène. Ainsi traitée, elle présente des propriétés optiques différentes de celles de I’oxyhémoglobine. Ln faisceau de lumière qui l’a traversée donne un spectre dont le rouge orangé est plus illuminé que la partie correspondante du spectre de l’o.xyliémoglobine et dont toutes les autres parties le sont moins, l’absorption de la lumière étant plus forte. La partie la moins éclairée est le vert jaunâtre. On remarque là une bande d'absorption unique, large, située entre les raies D et E précisément à l’endroit où la bande vert jaunâtre séparait les 2 bandes d’absorption du spectre de I’oxyhémoglobine (fig. 12).

L’hémoglobine privée d’oxygène qui montre ces propriétés optiques a été nommée hémoglobine réduite. Celle-ci se forme aussi lorsqu’on abandonne dans un flacon bouché une solution de sang ou d’oxyhémoglobine convenablement étendue d’eau, ou lorsqu’on y ajoute quelques gouttes de sulfure d’ammonium ou quelques gouttes d’une solution ammoniacale de tartrate stanneux ou de tartrate ferreux ou encore, chose curieuse, de la levure de bière (Schützenberger). 11 suflit d’agiter avec de l’air une solution d’hémoglobine réduite pour que l’oxygène s’y combine de nouveau et pour que la solution ainsi traitée montre de nouveau les bandes d’absorption de I’oxyhémoglobine.

OX YllÉMOGLOBINE.

§ 134. Propriétés chimiques de l’oxyhémoglobine. — Parfaitement desséchée dans le vide au-dessous de 0", l’oxyhénioglobine peut être conservée, à la température ordinaire, et portée à 100° sans altération et sans perdre sa couleur rouge clair; mais, en présence d’une petite quantité d’eau, elle se décompose bientôt, même à la température ordinaire. Elle se dissout dans l’eau, en donnant une solution rouge de sang. Lorsqu’on la cbauffe, cette solution change de couleur et forme un coagulum brun.

L’oxyhémoglobine est plus stable en solution étendue qu’en solution concentrée. On peut, pendant quelques instants, chauffer à 70° et même à 80° des solutions étendues, sans que la décomposition commence; mais lorsque cette température est maintenue pendant quelques minutes, l’hémoglobine se dédouble en bématine et en une matière albuminoïde; en même temps, la liqueur devient légèrement acide’.

L’alcool, et surtout l’alcool étbéré, donnent dans les solutions concentrées d’hémoglobine un précipité rouge qui est d’abord soluble dans l’eau, mais qui ne tarde pas à brunir et à s’altérer, en se dédoublant rapidement en matière albuminoïde et en bématine. Les acides et les alcalis effectuent ce dédoublement d’une façon complète et d’autant plus rapidement que la solution est plus concentrée, que a proportion d’acide est plus forte et que la température est plus élevée.

Par l'action des acides en solution aqueuse, il se forme généralement un précipité brun, à moins que la matière albuminoïde ne soit pas précipitée par le réactif. 11 en est ainsi dans le cas des acides phospborique, acétique, oxalique et tartrique, qui ne précipitent pas les solutions d’oxybémoglobine, mais qui la décomposent en provoquant le dédoublement dont il s’agit. Toutefois l’acide acétique très concentré y forme un précipité. La potasse caustique provoque de même, quoique plus ditTicilement que les acides, le dédoublement en bématine et en matière albuminoïde, La liqueur passe au brun et cela rapidement si l’on chaulTe, mais la matière albuminoïde formée demeure en dissolution dans la liqueur.

L’ammoniaque forme avec l’iiémoglobine une solution rouge

1, M. Hoppe-Seyler a attribué cette réaction acide à la formation de petites quantités d’acides formique et butyrique.

WÜRTZ, — BIOL.

LE SANG

groseille qui ne s’altère que lentement. Des solutions très étendues d’alcalis, de carbonates alcalins, d’ammoniaque, dissolvent facilement les cristaux d’oxyhémoglobine, en formant des solutions rouges.

Le carbonate de potassium n’altère pas immédiatement la solution d’oxyhémoglobine. Si l’on ajoute ce sel en poudre à une telle solution maintenue à 10°, l’oxyhémoglobine en est précipitée sans altération. Mais lorsqu’on chauffe, même légèrement, le précipité brunit aussitôt. La solution d’oxyhémoglobine n’est précipitée immédiatement ni par le sous-acétate de plomb, ni par le nitrate d’argent : le contact prolongé de ces sels provoque le dédoublement de l’hémoglobine dissoute et la formation de précipités bruns.

L’hydrogène sulfuré est absorbé par l’oxyhémoglobine et lui enlève son oxygène libre. Mais le corps qui se forme ainsi n’est pas l’hémoglobine réduite : il renferme du soufre et sa solution aqueuse présente, à l’état de concentration, une couleur rouge sale ; à l’état de dilution, une teinte olive. Elle absorbe énergiquement les rayons bleus et violets, et montre, même dans les solutions étendues, une bande d’absorption dans le rouge. Comme le corps dont il s’agit ne cristallise pas et qu’il n’a pu être analysé, il n’est pas certain qu’il soit bien défini.

Méthémoglobine. — Comme nous venons de l’établir, les réactions qui provoquent le dédoublement de l’hémoglobine s’accomplissent plus ou moins rapidement. Ce dédoublement a lieu spontanément à la température ordinaire, au contact de l’air. Lorsqu’on abandonne à elle-même une solution aqueuse d’oxyhémoglobine, elle change bientôt de couleur et montre alors au spectroscope une bande d’absorption, dans le rouge, entre C et D, plus piès de C. Elle a pris en même temps une réaction acide et donne avec le sous-acétate de plomb un précipité. Dans ces conditions, le dédoublement a commencé à la température ordinaire, et la liqueur renferme peut-être une certaine quantité d’hématine : d’après M. Hoppe-Seyler, il se forme dans ces conditions un corps particulier qu’il a désigné sous le nom de méthémoglobine^. Ce corps renfermerait plus

1. Medizinisch. Chem. Untersuchungen, p. 378; Zeitschrift fur Phys Chemie, t. II, p. 149; Physioîogische Chemie, p. 380 et 391.

OXYHÉMOGLOBINE.

d’oxygène que l’hémoglobine réduite et moins que l’oxyhémoglobine, mais ne le perdrait pas dans le vide. Il prendrait naissance dans les circonstances suivantes :

1® Lorsqu’on chasse l’oxygène des solutions d’oxyhémoglcbine, en les soumettant à l’action du vide ou de gaz indifférents, l’oxyhémoglobine subit une décomposition partielle; il se dégage une certaine quantité d’acide carbonique, lequeJ renfermerait une portion de l’oxygène qui eût dû se dégager, et en même temps il se formerait de la méthémoglobine.

2° La méthémoglobine résulterait aussi de l’action des réactifs oxydants sur l’oxyhémoglobine , dans le cas où une décomposition plus profonde n’est pas provoquée par la présence des acides. Ainsi la méthémoglobine prendrait naissance sous l’influence de l’ozone, de l’acide permanganique, des nitrites et même du nitrite d’amyle sur l’oxyhémoglobine, et aussi par celle d’une lame de palladium chargée d’hydrogenium et pendant la putréfaction de l’oxyhémoglobine. Ces dernières actions ne paraissent pas comparables aux premières : elles sont réductrices.

D’après M, Hoppe-Se^ler, la méthémoglobine se rencontre dans le liquide de certains kystes, dans le sang extravasé depuis quelque temps, et dans le sang après l’inhalation de vapeurs de nitrite d’amyle L Elle est amorphe, soluble dans l’eau, insoluble dans l'alcool. Elle ne perd pas d’oxygène dans le vide. Les acides et les alcalis la dédoublent en matière albuminoïde et en hématine, même en l’absence de l’oxygène. Par" l’action des agents réducteurs en solution neutre ou légèrement alcaline, elle serait convertie en hémoglobine réduite. On le voit, il y a là des données un peu vagues qui s’appliquent peut-être à un mélange et non à un corps nettement défini.

§ 135. Corps formés par le dédoublement de l’oxyhémoglobine. — Le dédoublement que subit l’oxyhémoglobine par l’action des acides et des alcalis donne lieu à un corps bien défini qu’on désigne aujourd’hui sous le nom d’hhnaline : nous le décrirons plus loin. La nature de la substance albuminoïde qui se forme en même temps que l’hématine n’est pas encore bien connue. Voici ce qu’on sait à cet égard.

1. Jolyet, Virchow-Hirsch, Jahresbericht. 1876, t. I, p. 162.

LE SANG

Lorsqu’on coagule à 100° une solution concentrée d’hémoglobine après l’avoir acidulée, on obtient un précipité brun d’où l’alcool additionné d’acide extrait l’hématine. Le résidu décoloré est insoluble dans l’eau, se gonfle dans les solutions de sel marin, et ne se dissout qu’en partie dans l’acide chlorhydrique très dilué. Ce ne sont pas là les caractères d’une matière bien définie. 11 est possible que plusieurs substances albuminoïdes prennent naissance par le dédoublement de l’hémoglobine. Lorsque ce dédoublement s’effectue lentement, une matière alliuininoïde coagulable par la chaleur, et non précipitable par l’acide acétique, reste en dissolution ; une autre matière se précipite à l’état insoluble et devient opaque par l’ébullition. Est-ce de la globuline, comme on l’a dit? On ne peut l’afiirmer. Ajoutons seulement que si l’on dirige un courant de gaz carbonique ou d’hydrogène dans une solution d’oxyhémoglobine il se forme un précipité, qui possède une apparence fibreuse au microscope.

COMBINAISONS DE l’hÉMOGL OBINE AVEC LES GAZ.

g 136. Lorsqu’on expose des cristaux encore humides d’oxyliémoglobine dans le vide, ils perdent de l’oxygène (Hoppe- Seyler).Les solutions d’oxj hémoglobine en abandonnent pareillement dans ces conditions. La proportion de gaz ainsi dégagé a varié, dans les expériences de M. Hoppe-Seyler, de 78,93 à 168, A centimètres cubes, à 0° et 0‘",76, pour 100 grammes d’oxyhémoglobine. Elle a été en moyenne un peu supérieure a 100 centimètres cubes. M. Dybkowski^ a retiré de 100 grammes d’oxybémoglobine 156°°,6 d’oxygène, M. Hufner^ en a retiré 121 centimètres cubes à 0° et 1 mètre de pression. Ce dernier chiffre est une moyenne de dix expériences.

L’oxygène est donc contenu dans l’oxybémoglobine à l’état de combinaison faible, propriété très remarquable au point de vue des phénomènes chimiques de la respiration. Cet oxygène, faiblement combiné, peut être enlevé à l’oxybémoglobine non seulement par l’action du vide, mais encore par le passage à

t. Hoppe-Seyler, Medezin. Chem. Untersuchungen, t. I, p. 128.

2. Zeitschrift fur physiokgkc'.e Chemie, t. I, p. 317 et 380. 1878.

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