‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 225 sur 260 · Veber die Kohlensaüre des Blutes. Bonn · texte numérisé non relu

Veber die Kohlensaüre des Blutes. Bonn

WÜIIT7. - BIOL.

LE SANG

L’acide qui agit dans ces expériences, et qui, soit dit en passant, doit aussi jouer un rôle dans l’exhalation de l’acide carbonique par le poumon, est un acide faible : il ne chasse l’acide carbonique des carbonates qu’à /lO” et dans le vide. Quel est cet acide? Cette fiuestion n’est pas résolue. Quand on considère que le dédoublement de l’hémoglobine en matière albuminoïde et en bématine donne naissance, d’après M. Hoppe-Se^ler, à une petite cjuantité d’acides gras, on serait tenté d’attribuer à ces acides un rôle dans l’expulsion de l’acide carbonique. Mais une telle conclusion ne serait pas légitime, car l’expérience démontre que le sang privé de gaz ne renferme que très peu d’bématine : il montre les raies d’absorption de riiémoglobinc réduite. Celle-ci ne se dédouble donc pas. D’après M. Ffluger^, le sang artériel perd plus facilement son acide carbonique que le sang veineux, et si ce dernier est agité avec de l’oxygène, il laisse dégager, de même, son acide carbonique avec plus de facilité. 11 semblerait donc que l’oxygène joue un rôle, au moins indirect, dans la formation de l’acide dont il s’agit. Cet acide ne serait-il autre que l’oxyhémoglobine elle-même? On serait tenté de le soutenir, en prenant en considération ce fait que dans le sang privé de gaz l’hémoglobine est sortie des globules et s’est répandue dans le sérum qui prend l’apparence d’une laque rouge. Mais, d’un autre côté, il ne faut pas perdre de vue que, lorsque les dernières portions de gaz carbonique sont expulsées du sang, l’oxygène s’est déjà dégagé et que l’oxybémoglobinc est réduite à l’état d’hémoglobine. Ce serait donc à cette dernière qu’il faudi'ait attribuer le pouvoir de décomposer les carbonates, et alors on ne conçoit plus l’influence de l’oxygène dont il a été question plus haut. Ajoutons qu’on a attribué la formation de l’acide dont il s'agit à la décomposition que subissent les globules blancs et peut-être les bématoblastes, aussitôt après l’émission du sang. Cela est possible; mais la nature et les produits de cette décomposition sont inconnus, et c’est pour ainsi dire en désespoir de cause qu’on s’est adressé à la lécithine des globules pour lui faire jouer un rôle dans la réaction dont il s’agit. Comme les acides oléique et margarique ou palmitique sont des produits du dédoublement de la lécithine, on a sup-

J. E.-F.-W. PlUiger, Uvber die Koldensüure des Blutes. Bonn, 18G{.

COMPOSITION DU SANG. 3-iD

posé que ce dédoublement a lieu et que les acides mis en liberté agissent sur les carbonates du sang. C’est encore une hypothèse que rien ne démontre, nous disons plus, que rien n’appuie jusqu’à présent. La question reste donc entière, et si le fait de l'influence des globules sur le dégagement de l’acide carbonique est établi, des recherches ultérieures devront en donner l'explication.

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