‹ Traite de chimie biologique (volume 3)Chapitre 7 sur 260 · GG 112 0 = G6H · texte numérisé non relu

GG 112 0 = G6H

D’un autre côté, par la déshydratation des aldéhydes, des matières résineuses pourraient prendre naissance. Ne sait-on pas avec quelle facilité l’aldéhyde ordinaire, le glyoxal et l’aldol se convertissent en matières résineuses en perdant de l’eau?

L’action de l’ammoniaque sur certaines aldéhydes peut donner naissance à des matières azotées, à des alcaloïdes. Une aldéhyde naturelle, l’essence d’amandes amères, se transforme,

sous l’influence de l’ammoniaque et avec élimination d’eau, en hydrobenzamide, matière azotée neutre qui peut se convertir en un alcaloïde isomérique, l’amarine. Les aldéhydes de la série grasse sont elles-mêmes attaquées par l’ammoniaque. Plusieurs molécules d’aldéhyde butyrique donnent, en perdant de l’eau sous l’influence de l’ammoniaque, un corps azoté, la dibutyraldine CMUUzO, laquelle, par une nouvelle déshydratation, peut se convertir, comme l’a montré M. Hugo SchifT, en un isomère d’un alcaloïde naturel, la conicine. L’aldol, en se modifiant sous l’influence de l’ammoniaque, donne naissance à divers alcaloïdes complexes, les uns oxygénés, d’autres sans oxygène. Ces exemples suffisent pour faire voir le rôle que certaines aldéhydes peuvent jouer dans les procédés de synthèse qu’emploie la nature.

La déshydratation considérée comme un procédé de synthèse organique^. — Parmi les corps engendrés dans les organes des végétaux, il en est certainement qui se forment directement, comme nous l’avons vu plus haut, par la réduction d’un certain nombre de molécules d’acide carbonique et d’eau. D’autres prennent naissance dans des réactions secondaires, les substances d’abord formées réagissant les unes sur les autres ou se modifiant par l’action de l’ammoniaque. Dans de telles réactions secondaires, les molécules s’unissent les unes aux autres en perdant les éléments de l’eau. La déshydratation constitue certainement un procédé important de synthèse naturelle, comme elle est une des méthodes employées pour les synthèses artificielles, en chimie organique. Pour faire perdre aux molécules organiques les éléments de l’eau, nous avons recours à l’action de la chaleur : la nature met en œuvre un agent de même nature, mais peut-être plus puissant encore, les radiations lumineuses et chimiques. Une découverte récente de M. Dehérain vient cà l’appui de l’idée qui est énoncée ici. Ce savant a constaté qu’à température égale les feuilles exhalent beaucoup plus de vapeur d’eau au soleil qu’à l’ombre. Pourquoi donc une partie de cette eau, ainsi exhalée sous l’influence des radiations lumineuses, ne serait-elle pas formée diiectement dans les feuilles , par la reactioil réciproque

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