Revue scientitique, t. X, 2' sér., p. 508, 30 iiov
PAR LE RËGNE VÉGÉTAL. 15
de molécules qui s’unissent entre ellps par l’effet d’une dèshtjdralationl
Dans nos laboratoires nous employons, en outre, divers agents de déshydratation, tels que le chlorure de zinc, l’acide sulfurique, etc. Ce sont là des moyens violents et grossiers que la nature ne met pas en usage. Elle a d’autres procédés et il convient de mentionner à cet égard le rôle que paraissent jouer certains sels neutres et particulièrement les sels de potasse qui sont si répandus dans le règne végétal. M. Lieben a fait remarquer le premier l’action déshydratante que le formiate de potassium exerce sur l’aldéhyde ordinaire, qu’il convertit en aldéhyde crotonique.
2 c* tP O — H2 O = C'* 116 O
MM. Michael et A. Kopp ont fait voir récemment que les sels de soude n’exercent pas la même action déshydratante L
Respiration nocturne des végétaux. — Il est à remarquer que pendant la nuit les plantes dégagent principalement de l’acide carbonique et absorbent de l’oxygène. S’il arrive parfois que des feuilles placées dans de l’eau privée d’air peuvent séjourner dans l’obscurité sans émettre de l’acide carbonique-, il faut reconnaître avec Th. de Saussure que, dans le plus grand nombre de cas, les plantes maintenues dans l’obscurité absorbent de l’oxygène et dégagent de l’acide carbonique. M. Dehérain ^ a vu des plantes marécageuses absorber dans ces conditions jusqu’à la dernière trace de l’oxygène contenu en dissolution dans l’eau, remplacer cet oxygène par de l’acide carbonique et mourir bientôt asphyxiées.
Ces phénomènes de respiration nocturne sont donc inverses de ceux qui s’accomplissent sous l’influence de la lumière. On peut les interpréter de la manière suivante. Pendant le jour l’acide carbonique, absorbé par les racines, arrive dans la sève ascendante jusqu’à la surface foliacée du végétal. Là il est décomposé par l’action de la lumière, et c’est de l’oxygène provenant de cette décomposition qui est exhalé par les feuilles, en