Uréides dérivés de l'acide tartronique
— L'acide tartronique est un acide-alcool bibasique. Le lartronate acide d'urée donne, en perdant 2 molécules d'eau, de l'acide dialurique. On peut aussi considérer l'acide urique comme appartenant à ce groupe et provenant de l'union de 2 molécules d'urée avec 1 molécule d'acide tartronique et élimination de 4 molécules d'eau.
Acide dialcrique C'*H''Az^O'\ — C'est un corps bien cristallisé, soluble dans l'eau chaude, que l'on peut obtenir par l'action de l'acide sulfurique sur l'alloxane ou alloxantine. 11 donne des sels bien cristallisés.
Acide urique C'fl^Az'^O '^ — 11 a été découvert par Scheele et a fait l'objet d'un grand nombre de recherches. Il présente, en effet, un grand intérêt par suite de sa présence dans l'urine et dans la plupart des tissus, et parce qu'il se transforme facilement par oxydation en donnant la plupart des uréides que nous venons d'étudier (1).
L'acide urique se rencontre en petites quantités dans l'urine de l'homme et des carnivores et dans certains cal-
(1) Sa constitution a été longtemps incertaine : on l'avait considéré comme contenant deux radicaux d'urée unis de la même façon à un
groupe I /CD, mais il résulte de l'existence de deux acides mono-
mélliyluriques isomériques que les deux radicaux d'urée doivent être unis de façon différente. La formule proposée par Médicus rend compte de ce fait et de l'existence d'un acide tétramétliylurique :
AzH — C nu 0
oc C — AzH\
II! yCO
AzH — C — AzU/^
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culs vésicaux ; il forme une partie importante des excréments des oiseaux et la majeure partie des excréments des serpents. Les excréments des boas constituent la matière première la plus riche que Ton puisse employer pour la préparation de ce corps; ils contiennent de 90 à 95 0/0 d'acide urique. On les pulvérise et on les traite à Tébullition par une solution de potasse (1 partie dans 20 parties d'eau) jusqu'à ce que la liqueur ait perdu toute odeur ammoniacale. On filtre alors et on traite par un courant d'acide carbonique qui précipite un urate acide de potassium qui se rassemble assez facilement ; on le lave à l'eau froide, puis on le transforme de nouveau en urate neutre par une ébullition avec la potasse et on décompose ensuite l'urate par l'acide chlorhydrique. L'acide urique, à peu près insoluble, est précipité. Le même traitement peut être appliqué aux excréments des pigeons et au guano ; 100 kilogrammes de cette matière fournissent de 2 à 3 kilogrammes d'acide urique. On peut aussi remplacer dans ces opérations la potasse par le carbonate de potassium ou le borax.
L'acide urique était obtenu autrefois en quantités assez grandes pour la fabrication de la murexide; on épuisait d'abord le guano par l'acide chlorhydrique qui laissait l'acide urique, mais décomposait un grand nombre de sels en donnant des produits solublcs. Le résidu épuisé à plusieurs reprises par l'acide chlorhydrique représentait environ les trois dixièmes du guano primitif et contenait alors 10 0/0 d'acide urique. On traitait ce résidu par la potasse à l'ébullition, on ajoutait un lait de chaux qui précipitait diverses matières organiques, et l'urate de sodium resté en dissolution était ensuite décomposé par l'acide chlorhydrique.
Propriétés. — L'acide urique est le plus souvent en petits cristaux anhydres qui contiennent parfois cepen-
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dant 2 molécules d'eau. 11 est insoluble dans l'alcool et dansTélher, très peu soluble dans l'eau froide (0*''^,06 par litre), plus soluble dans l'eau bouillante (0*^',55 par litre). 11 forme avec les bases des urates acides peu solubles et des urates neutres beaucoup plus solubles.
V hydrogène naissant transforme d'abord l'acide urique en xanthine C^H^Az*0^puis en sarcine C^H'*Az^O, composés . que l'on trouve dans les tissus animaux. L'acide iodhydrique à 160" le transforme en acide carbonique, ammoniaque et glycolamine. Voxygène naissant fournit de nombreux composés. Tels sont l'alloxane, l'acide alloxanique, l'acide dialurique, l'alloxantine, l'acide barbiturique, les acides oxalurique, parabanique et allanturique, l'allantoïne, etc.
La réaction la plus caractéristique de l'acide urique est de donner, quand on le traite successivement par l'acide azotique, en évaporant à sec, et par l'ammoniac, une coloration rouge intense de murexide. Toutefois cette réaction se produit aussi avec la xanthine et la sarcine.
Dosage. — Le dosage de l'acide urique dans les urines ne donne que des résultats approchés: on traite 250 centimètres cubes d'urine, filtrée et débarrassée d'albumine, s'il y a lieu, par 10 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, et on abandonne le tout dans un endroit frais pendant vingt-quatre heures ; l'acide urique mis en liberté est précipité en partie ou déposé sur les parois du vase, on le rassemble sur un filtre taré à l'avance en se servant de l'urine filtrée aussi longtemps qu'il est nécessaire pour rassembler l'acide urique. Lorsque celui-ci est entièrement rassemblé sur le filtre, on le lave avec 35 centimètres cubes d'eau, puis on le sèche et on le pèse ; avec cette quantité d'eau, l'erreur causée par la solubilité de l'acide urique est à peu près compensée par
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le poids des malières étrangères entraînées par l'acide urique lorsqu'il se précipite.
528. Créatine C^^Az^O^. — Cet uréide dérive de Tarée et de la sarcosine (ou méthylglycocoUe) avec perte d'une molécule d'eau. On peut l'obtenir directement par la combinaison de la cyanamide avec la sarcosine C^HUz^O'^ + CAz^H^ = C'flAVO^ Elle se forme aussi dans riiydratation de la créatinine par les alcalis :
C^H'Az^O + KOH = C^H«KAz^02
Elle existe dans le liquide qui baigne les fibres musculaires, ainsi que dans le sang et dans l'urine.
On l'obtient en dissolvant de l'extrait de viande dans vingt fois son poids d'eau, précipitant par l'acétate de plomb, puis enlevant l'excès de plomb par l'acide suifhydrique, filtrant et ramenant par évaporation la liqueur au volume de l'extrait de viande employé. Elle cristallise peu à peu en lamelles nacrées, assez peu solubles dans l'eau froide (13 grammes par litre) et dans l'alcool, beaucoup plus solubles dans l'eau bouillante, insolubles dans l'éther. La créatine se combine aux acides pour donner des sels.
Créatinine C^IFAz^O. — Elle dérive, comme la créatine, de l'urée et de la sarcosine, mais avec perte de 2 molécules d'eau. On la rencontre dans l'urine et on l'extrait de ce liquide en le traitant (après concentration au huitième) par du chlorure de calcium et un peu de chaux. On filtre ; la liqueur filtrée est traitée par le chlorure de zinc qui donne, après quelques jours, un dépôt d'une combinaison cristallisée formée par ce chlorure avec la créatinine; on le recueille, on le lave, puis on le décom-
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pose par l'oxyde de plomb à rébullition. On reprend par Talcool qui dissout la créatinine. L'oxyde de mercure et divers oxydants la transforment en méthylguanidine.
Xanthine C^H^Az^O^. — C'est une poudre blanche très peu soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool ; elle se trouve dans la plupart des tissus animaux. Sa synthèse a été réalisée par M. Gautier qui l'a obtenue en chauffant ensemble de l'acide cyanhydrique et de l'eau, en tubes scellés, avec de l'acide acétique pour neutraliser l'ammoniaque mise en liberté. Il se forme en même temps de la méthylxanthine C^IFAz^O^ :
llCAzH + 4H^0 = C^H'^Az^O^ + C«H6Az''02 + SAzH^
Sarcine C^H'*Az'*0. — Ce composé, qui est un diuréide pyruvique, s'obtient par l'action de l'amalgame de sodium sur la xanthine. C'est un composé assez répandu dans les tissus animaux.
Guanidine CH^Az^. — Ce composé, que Ton a considéré comme une diamine-imide AzH:C:(AzH'')2, peut aussi être considéré comme une combinaison de cyanamide et d'ammoniaque (CAz,H'^)Az, AzH^ Erlenmeyer, en effet, a réalisé sa synthèse en faisant passer du chlorure de cyanogène dans une solution alcoolique d'ammoniac ; il se forme de la cyanamide et du chlorure d'ammonium. Si on chauffe le mélange à 100^ pendant quelque temps, il se transforme en chlorhydrate de guanidine. Pour la préparer il est plus simple de chauffer à 190"* pendant une vingtaine d'heures du sulfocyanate d'ammonium. Du sulfocarbonate d'ammonium distille en même temps que les produits de sa décomposition, et il reste dans la cornue du sulfocyanate de guanidine. On le dissout dans
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Teau, on le décolore par le noir animal, on filtre et on traite par le sulfate de cuivre ; il se forme du sulfocyanate de cuivre insoluble et du sulfate de guanidine que l'on décompose par une quantité équivalente de baryte. La guanidine est une base assez énergique, fixant l'acide carbonique de l'air; elle est déliquescente. C'est le type d'une série de composés qui en dérivent par le remplacement de l'ammoniac par un alcali quelconque.